Le lancement de deux clips du prochain album de Félix Wazekwa a encore bye un coin de voile sur la personnalité et la créativité de cet artiste penseur et philosophe avéré.
   
Créativité que, du reste, le public a eu à saluer le mercredi 30 juin sur l’esplanade du Palais du Peuple où S’Grave à joué à l’occasion du Cinquantenaire.

Des extraits de « Mémoire ya Nzambe » ont fait mouche, plus particulièrement le cri «  Mbangu, zala na mbangu » que des grappes do jeunes reprenaient en chœur à la fin du concert.

Avant cette production, Visa avait approché le « Monstre d’amour » de Cultur’A Pays Vie qui a expliqué son attachement à la mémoire de Michaël Jackson, la pop star américaine défunte, mais qui a aussi pose un regard sur le Cinquantenaire que célèbre son pays, la Rdc. L’occasion d’un message fort aux Congolais.

Visa :
Félix Wazekwan avec le clip de la chanson « Bye bye, Michael Jackson » que vous venez de lancer, c’est impressionné par la rigueur et la synchronie des mouvements, l’harmonie entre la musique et la chorégraphie. Cultur’A Pays Vie, votre groupe, a-t-il ainsi définitivement levé l’option d’être avant tout une machine a spectacle ?
Félix Wazekwa : Oui, effectivement. C’est ça d’ailleurs l’héritage de Michael Jackson que moi je retiens. Cette rigueur dans la chorégraphie, le sérieux dans le spectacle, savoir occuper la scène...

Visa : Comment expliquer cet attachement à la mémoire de la pop star américaine décédée voici un an aujourd’hui ?
F.W. : Michael Jackson était un homme, un artiste au grand coeur. Pensez à ce qu’il avait fait pour l’Afrique avec la chanson « We are the world » qu’il a chantée avec une pléiade de stars mondiales de la musique. Nous avons tous été touches par cette démarche. Voilà pourquoi j’ai voulu lui dire au revoir a ma manière après sa disparition.

Dans mon esprit, Michael Jackson vivra toujours. Mais, ce qui, compte, c’est la place qu’il aura gagnée dans la mémoire de Dieu. Nous espérons le revoir à la Résurrection.

En tant qu’artiste, je dois dire qu’il a été exceptionnel, un grand danseur et puis quelqu’un qui a innové dans la façon de faire des clips, lesquels sont aujourd’hui comme au cinéma. Quand on le voit dans un clip, par exemple, en train de casser les vitres d’une voiture ou se transformer en animal, c’est du cinéma, ça.

D’autre part, Michael Jackson a au sein de la race noire une place de choix comme Nelson Mandela, Desmond Tutu, Eddy Murphy, Mohamed Ali... et à ce jour Barack Obama. Ce sont des personnalités dont l’exemple a décomplexé l’homme noir et battu en brèche tous les préjugés défavorables.

Constatez qu’on l’appelle le « roi de la pop » alors que ce n’est pas lui qui a inventé ce genre de musique. Il en est de même du « Roi » Pelé qui n’a pas inventé le football, pas plus que son pays, le Brésil. Ace jour, Edson Do Nascimento alias « Roi Pelé »  est devenu une référence incontournable dans le football mondial.

Visa : Votre album « Mémoire ya Nzambe » sort dans moins d’une dizaine de jours. Combien de titres comporte-t-il et quels sont vos musiciens qui y ont inséré des chansons ?
F.W. :    L’album compte 11titres, dont un de Lisha Shombo. Mais, II faut dire que tous mes musiciens y ont participé d’une façon ou d’une autre. C’est un travail collégial.

Visa : Il y a eu un accroc avec votre précédent album, « La chèvre de Monsieur Seguin ». Les dispositions sont-elles prises, cette fois-ci, pour éviter pareil désagrément ?
F.W. : Aujourd’hui, j’ai renoué avec Kiki Touré, qui va assurer la distribution en Europe et en Afrique de l’Est. Nous avons signé un contrat, et jusque-là il a respecté un certain nombre de clauses.

J’en profite pour rappeler que la maison « Duo d’enfer » a perdu au premier comme au second degré le procès que je lui avais intenté en France. Les pourparlers sont en cours pour un règlement à l’amiable et le paiement que me doivent les frères Mukiadi sur l’album « La chèvre de Monsieur Seguin ».

Visa : Comment vous est venue l’idée d’associer le Poète Lutumba Simaro dans la chanson « Mémoire    ya Nzambe » ?
F.W : C’est d’abord du à l’estime que je voue à Lutumba Simaro. Je me demandais toujours comment est-ce que je pouvais collaborer avec lui, un des monuments de notre musique. J’ai déjà eu à travailler avec un autre monument qu’est Tabu Ley. J’ai estimé que ce devait être le tour du « Poète » Lutumba, qui est un grand parolier. Moi aussi, je suis un parolier mais, pas de sa trempe. J’ai donc voulu m’associer a lui pour avoir une sorte de bénédiction de sa part.

Visa : Le 9 octobre 2010, jour de votre production au Zénith de Paris est-il une date exclusivement Wazekwa ou partagerez­ vous la salle ce soir-là avec un autre groupe ? Avec ce que cela peut comporter commedésagrément tel qu’on l’a vu avec d’autres groupes congolais...
F.W. : Le problème n’est pas tant de partager la salle avec un autre groupe. Il s’agit de débuter son concert à l’heure prévue. Moi, j’ai signé avec Meganet qui peut aussi avoir à l’idée de faire jouer un autre groupe le même jour pour rentabiliser. Vous savez, nos concerts démarrent a minuit. Avant cela, la salle est inoccupée. En tout cas, moi je devrai commencer a minuit car, j’en aurai pour quatre... cinq heures de spectacle.

Visa :
Quand on vous entend dire dans la vraie puissance  le générique de l’album « Mémoire ya Nzambe » que certaines personnes sont comme de l’ancienne monnaie c’est­-à-dire, qu’elles sont entrées dans l’histoire mais, qu’elles n’ont plus de valeur, on se demande :    Félix Wazekwa, est-il provocateur ou rancunier ?
F.W. : C’est simplement un conseil que je donne et qui s’applique à tous les secteurs de la vie. Ce qu’il faut se demander, c’est que faire pour ne pas être « démonétisé ». Il faut savoir collaborer avec la « nouvelle monnaie ». Comme ça, il y aura toujours la parité. Aux aînés, on leur recommandera donc de ne pas couper le pont avec la jeunesse. C’est le cas du « Poète » Simaro Lutumba qui n’a jamais coupé le pont avec les jeunes. Il ne saura jamais être « démonétisé » car, il sera toujours coté à la bourse...

Visa : Un mot par rapport au Cinquantenaire
F.W. : Je dois dire d’emblée que le Cinquantenaire ne s’arrête pas le mercredi 30 juin ; il va jusqu’à la même date en 2011.

Je voudrais que les gens le comprennent car, certains pensent que les ouvrages en construction a travers Kinshasa et tout le pays doivent absolument être achevés au 30 juin 2010.

Nous sommes dans une année jubilaire, comme on dit dans la Bible. Les Juifs, quand ils fêtaient une année jubilaire, ils modifiaient beaucoup leur façon de penser. Ils faisaient pour leur pays ce qu’ils n’avaient pas fait les années antérieures, ils s’efforçaient de donner le meilleur d’eux -mêmes. J’invite les Congolais à faire de même, à changer.

Pour conclure, je souhaite une bonne fête du Cinquantenaire à toutes les autorités du pays, à tous les Congolais.

Kale Ntondo/Visa


(Ern/BT/PKF)