Le gouvernement appelé à mettre de l’ordre dans la gestion des ressources naturelles pour que la RDC profite réellement des avantages acquis du fait de l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE.
Le secteur des ressources naturelles doit impérativement être plus transparent pour que la RDC puisse profiter de l’allègement de sa dette. C’est ce que déclare l’Ong britannique Global Witness,, dans un communiqué diffusé le 7 juillet 2010 depuis son siège de Londres.
C’est le message que vient de lancer cette Ong britannique pour, affirme-t-elle, permettre à la RDC de profiter réellement des avantages découlant de l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE.
« Il convient de saluer l’annonce, la semaine dernière, de la décision tant attendue de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international de renoncer au remboursement de la dette de 12,3 milliards de dollars de la République démocratique du Congo », note l’Ong britannique.
Cependant, indique-t-elle, de « multiples réformes de développement de la transparence sont requises de toute urgence dans les secteurs minier et pétrolier si l’on veut que le pays bénéficie réellement de cette décision ».
« Le pays a beau afficher une grande richesse en ressources naturelles – bois, minerais et pétrole –, la population congolaise n’en bénéficie aucunement du fait de décennies marquées par une corruption et une mauvaise gestion profondes », constate Global Witness.
« Le fait que le Congo se voit octroyer un allègement de sa dette au 50ème anniversaire de son indépendance constitue une occasion unique de rompre avec les comportements destructeurs et corrompus du passé », a affirmé Lizzie Parsons, responsable de campagne pour Global Witness.
« Toutefois, nous assistons depuis peu à des développements préoccupants dans le secteur des ressources naturelles qui vont à l’encontre du progrès que représente l’octroi d’un allègement de la dette ».
Pour preuve, rapporte-t-elle, « ces derniers mois, des contrats flous ont été signés dans les secteurs minier et pétrolier lucratifs du Congo, sans être soumis à aucun examen public approfondi. L’identité des propriétaires des sociétés qui ont obtenu le droit d’exploiter des ressources importantes est tenue secrète sous couvert de sociétés étrangères ».
Plus loin, elle fait observer que « le transfert des droits d’exploitation miniers et pétroliers sans recourir à un processus d’appel d’offres international manifeste soulève des questions en matière de régularité de la procédure ».
Mines et hydrocarbures dans le collimateur
Global Witness s’appuie sur deux cas patents d’opacité dans la gestion du secteur des ressources. Selon ses termes, le premier cas renvoie à « une mystérieuse société enregistrée dans les îles Vierges britanniques, Highwind Properties Ltd », qui s’est vu octroyer le droit d’exploiter les rejets de Kingamyambo et Musonoi à Kolwezi dans le Katanga en janvier 2010.
« On ignore sur quelle base, note-t-elle, Highwinds a reçu ce droit. La mine avait auparavant appartenu à la société minière canadienne First Quantum Minerals, qui avait investi 750 millions de dollars dans le projet avant que celui-ci soit contraint par le gouvernement de cesser ses activités en septembre 2009 suite à un examen de dizaines de contrats miniers.
Quelques mois auparavant, First Quantum avait versé 55 millions de dollars d’impôts – le plus gros paiement fiscal jamais perçu par le gouvernement, d’après le PDG de la société ».
Dans un autre registre, se plaint l’Ong britannique, « deux compagnies pétrolières jusque là inconnues, Caprikat Ltd et Foxwhelp Ltd, toutes deux également enregistrées dans les îles Vierges britanniques, ont obtenu les droits relatifs à deux blocs pétroliers pour l’instant inexploités dans le Nord-Est du Congo, par décret présidentiel promulgué en juin ».
Avec la même teneur d’analyses que dans le secteur minier, Global Witness rappelle qu’« on ignore selon quels critères les deux compagnies ont été sélectionnées. La décision a été prise alors que le gouvernement avait déjà octroyé ces blocs à d’autres compagnies à maintes reprises, avec des primes de signature totalisant 3 millions de dollars, malgré le fait qu’aucun décret présidentiel ratifiant le précédent octroi des blocs pétroliers n’avait jamais été promulgué ».
S’inspirant alors de ces situations anachroniques, Lizzie Parsons fait remarquer : « À l’heure actuelle, les citoyens congolais n’ont aucun moyen de savoir si les transactions conclues par le gouvernement le sont dans l’intérêt réel du pays.
Le gouvernement devrait faire savoir sans équivoque quels individus sont impliqués dans les dernières transactions et selon quels critères ils ont été choisis comme partenaires ». Aussi, pense-t-elle, que « la capacité des citoyens à comprendre et à examiner minutieusement les accords est primordiale pour que le pays puisse tourner la page sur son passé ».
Le Potentiel
(CL/PKF)