L’annulation de la dette à la faveur du point d’achèvement de l’Initiative PPTE qui vient d’être atteint au prix des sacrifices des Congolais comme le reconnaît le Chef de l’Etat lui-même ne doit pas laisser les ogres de la maffia de récidiver leurs pillages en s’activant au sommet de l’Etat
Il n’y a pas que les recettes exceptionnelles à déduire de la rubrique des dépenses publiques à la faveur de l’atteinte du point d’achèvement qui font courir en RDC. Il y a aussi et surtout la perspective du grand business qu’offre l’affectation des recettes qui seront désormais épargnées chaque mois en faveur des chantiers de la santé, de l’éducation et du social.
Il est vrai que l’atteinte du point d’achèvement laisse à la RDC un gain de plus de 300 millions de dollars américains pour l’exercice 2010. Cette manne, qui était déjà budgétisée et comptabilisée à ce titre sous la rubrique de l’acquittement de la dette, court une véritable menace. Si elle n’est pas reconditionnée dans le cadre d’un réajustement budgétaire urgent, cette somme importante risque d’être passée à perte et profit. Et ce n’est pas la culture de prédation qui est devenue un mode de vie au sommet de l’Etat qui manque pour accomplir ce forfait.
L’affaire, pire le scandale survenu à la Snel en 2005 avec la spectaculaire disparition des millions de dollars payés par Brazzaville, s’impose comme un honteux repère face à la conscience nationale. Car, que peut-on attendre d’une société qui voici près d’un demi siècle n’a pas encore réussi à exorciser le démon de la corruption?
La Deuxième République continue de nous coller à ce point à la peau, que les 300 millions de dollars rescapés du processus de liquidation de la dette congolaise ne sauraient échapper au charcutage, au détournement et à l’opacité dans leur gestion. L’aubaine pour les magouilleurs de tous bords, c’est que, primo, toute dépense budgétisée est par principe considérée comme déjà exécutée. Surtout dans un univers très permissif comme le nôtre.
Secundo, la session budgétaire n’est à l’ordre du jour que dans environs deux mois sans ce moment de grand flottement qui s’annonce, la messe des combines et coups financiers tordus sera déjà dite. A moins que le Chef de l’Etat n’exerce ses prérogatives régaliennes et ne donne un coup magistral dans la fourmilière du crime économique en gestation. En convoquant illico presto une session budgétaire extraordinaire. C’est l’avis de tous les analystes.
Au bout du compte
Tout compte fait, même si le réajustement budgétaire survenait comme ci-haut souhaité, il ne résoudrait pas grand chose, voire rien du tout en réalité. Parce que s’il est sauvé de la prédation immédiate, le pactole épargné ne saurait échapper aux manœuvres sournoises en aval. Là il viendrait tout naturellement subir le même sort que les fonds mensuels désormais épargnables par le gouvernement congolais à la suite de l’annulation de 90% de notre dette.
En effet, avec ces fonds, le Chef de l’Etat compte s’investir pleinement dans la réalisation des chantiers de la santé, de l’éducation et du social. A propos des deux premiers chantiers, il est prévu la construction d’écoles publiques et des centres de santé communautaire à travers les territoires de la République. Cette dernière en compte plus de 260. Initiative louable et salutaire qui, malheureusement, se trouve fiévreusement attendue par les fouilleurs au bout du chemin.
En effet, il nous revient d’apprendre qu’en prévision de la très prochaine activation des chantiers de l’éducation et de la santé avec à la clé les différentes constructions qui s’imposent, on s’affaire au sommet de l’Etat. Plusieurs personnalités montent déjà des sociétés écrans et bidons qui vont se charger de faire l’interface dans la passation des marchés. Dans ce grand bazar et ce grand marché de la corruption qui pointe à l’horizon, c’est l’Etat congolais qui sera le dindon de la farce.
Lui qui n’a pas encore réussi à démêler l’écheveau de la magouille dans la passation, puis l’exécution des marchés de construction précédents. Il ne fera que perdre davantage son latin face aux prédateurs qui s’activent comme des sauriens dans la mare congolaise. C’est aujourd’hui ou jamais que la Tolérance zéro doit prendre sa vitesse de croisière. Sinon, adieux vaches, veaux, cochons et couvées…
Le Palmarès
(DN/TH/GW/Yes)