Les entreprises publiques ont répondu favorablement à l’appel de solidarité du gouvernement en faveur des sinistrés de la cité de Sange, au Sud-Kivu, victimes de l’incendie vendredi d’un camion citerne qui a fait 242 morts, au cours d’une rencontre de leurs mandataires avec le Premier ministre Adolphe Muzito mardi à l’Hôtel du gouvernement.

Le chef de l’exécutif a précisé que la démarche du gouvernement n’est pas contraignante et que la nature et la hauteur de l’Intervention de chaque entreprise relevaient de la discrétion des organes statutaires.


Toutefois, en dépit du caractère libre de cette intervention, a-t-il ajouté, les entreprises publiques, qui sont le prolongement de l’exécutif, ont quelque part l’obligation morale de prendre en compte la vie des populations. Il a cependant indiqué qu’elles sont tenues de rendre publiques toutes les actions qui seront posées lors de cette campagne de solidarité nationale.

Les mandataires ont salué la démarche du gouvernement et préconisé une intervention à trois niveaux à savoir : une contribution personnelle des mandataires, celle de l’entreprise et celle des agents. Certaines entreprises ont proposé d’étendre cette contribution aux biens de première nécessité tels que les draps et les matelas, tandis que d’autres, en l’occurrence la RTNC et l’ACP (Agence congolaise de presse), ont offert de mener une campagne médiatique tant à Kinshasa qu’à l’intérieur du pays pour faire adhérer la population à cet appel.

Pour besoin de coordination, les mandataires des entreprises publiques ont convenu de verser les numéraires dans un compte unique ouvert pour la circonstance et dont le numéro sera rendu public par le ministre de la Santé, membre du comité de crise.

Des besoins immenses en médicaments

Des besoins immenses en médicaments se présentent aux équipes sanitaires qui prennent en charge des victimes de l’incendie causé par l’explosion, vendredi à Sange, en territoire d’Uvira, dans la province du Sud­-Kivu (Est de la RDC), d’un camion citerne transportant une cargaison de carburant à destination de Bukavu.

Selon le ministre congolais de la Santé, Victor Makwenge Kaput, qui faisait lundi, au cours d’un point de presse à Kinshasa, le bilan provisoire actualisé de cet événement malheureux à son retour d’Uvira, 242 morts ont été dénombrés au 5 juillet 2010, dont 235 à Uvira et Sange, juste après l’incendie, et 7 à Bukavu, dont 4 à l’Hôpital général de référence et 3 à celui de Panzi.

120 personnes ont été brûlées au troisième degré et se trouvent dans un état critique, dont 93 internées dans les deux formations hospitalières d’Uvira et de Sange et 27 à Bukavu, a précisé le ministre, ajoutant que les victimes portant de brûlures moins graves sont soignés sur place à Sange. Des équipes sanitaires sont arrivées sur tous les sites d’hébergement des victimes pour leur prise en charge, mais les besoins en médicaments sont immenses, principalement des anti-biotiques à large spectre, des analgésiques et des pansements à plaie, a indiqué le ministre, qui a salué la bravoure des éléments de la Croix-Rouge et de la Mission des Natons Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), lors des opérations d’évacuation des brûlés et des cadavres.

Le Président Joseph Kabila Kabange s’est rendu lundi au chevet des victimes dans les différents hôpitaux et sur place à Sange, ou l’avaient précédé une forte délégation du gouvernement ainsi que de nombreux députés nationaux et les délégués de la FEC (Fedération des entreprises du Congo). L’accident est survenu vendredi dernier lorsqu’un camion citerne en provenance de la Tanzanie et transportent     à Bukavu     une cargaison de    carburant    d’une société pétrolière s’est renversé à Sange, à 80 km de sa destination, déversant au sol son contenu, avant qu’une explosion et un grave incendie ne s’en suivent. Plusieurs immeubles proches du lieu, dont une salle de cinéma où s’étaient entassés des habitants qui suivaient un match de la Coupe du monde de football, ont été pris par les flammes, tuant de nombreuses personnes.

Les autres victimes de brûlures étaient pour la plupart des badauds, accourus au lieu de l’accident « pour se servir » et qui ont été surpris par l’explosion subite de la citerne et le jet des flammes, rappelle-t-on.

ACP


(DN/TH/GW/Yes)