La mission de l'Onu en République démocratique du Congo (Monuc) est devenue depuis jeudi 1er juillet la Mission de l'Onu pour la stabilisation en RDC (Monusco), avec un mandat axé principalement sur la protection des civils, en application d'une résolution du Conseil de sécurité. Une mutation qui intervient au lendemain des festivités du cinquantenaire de l'indépendance du pays célébrées avec faste, particulièrement à Kinshasa.
 
La résolution 1925, adoptée le 28 mai, avait prorogé jusqu'au 30 juin le mandat de la Monuc, présente en RDC depuis fin 1999, et décidé à compter du 1er juillet de changer son nom en Monusco, avec un mandat reconduit jusqu'au 30 juin 2011. A l'occasion de cette mutation, le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, qui a assisté aux festivités de l'indépendance de la RDC, au cours de laquelle quelques casques bleus de la Monuc ont défilé, a fait une déclaration dans un communiqué rendu public. "L'effort (de la Mission) doit porter essentiellement sur la stabilisation et la consolidation de la paix", a indiqué ce communiqué.

"Nous devons absolument continuer d'accorder la priorité à la protection des civils, en particulier des femmes, sur lesquelles pèse un fardeau disproportionné. Tous les acteurs, y compris les forces gouvernementales, doivent s'attacher à mettre fin à la violence sexuelle", a-t-il précisé. "En ma qualité de Secrétaire général, je ne ménagerai aucun effort pour lutter contre cette très grave violation des droits fondamentaux", a ajouté Ban Ki-moon.

La résolution 1925 avait autorisé, conformément à la demande de Kinshasa, le retrait d'ici au 30 juin d'un maximum de 2 000 militaires onusiens, sur un total actuellement déployé d'un peu plus de 20 000. Au 1er juillet, seuls 231 Casques bleus ont effectivement quitté mi-juin- la RDC, mais le retrait va continuer selon "un chronogramme jusqu'à fin juillet a été établi pour les prochains départs", selon le porte-parole de la Monusco, Madnodje Mounoubai.

L'une des plus importantes missions de l'Onu dans le monde, la Monusco compte quelque 20.000 militaires et autre personnel civil, avec un budget annuel de 1,35 milliard de dollars. C'est dans la partie orientale qu'est déployé l'essentiel de la force de la Monusco, en raison de l'instabilité qui y a élu domicile due à la présence persistante de plusieurs groupes armés, contre lesquels l'armée congolaise mène des opérations depuis début 2009, avec le soutien logistique de la mission onusienne. Ces groupes armés, tout comme des soldats congolais, sont régulièrement accusés de commettre des exactions contre les populations civiles.

Roger Meece à la tête de la Monusco

La Monuc muée en Monusco, c'est l'Américain Roger A. Meece qui va devenir le représentant spécial pour la République démocratique du Congo et le chef de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco), succédant ainsi au Britannique à Alan Doss. Le Secrétaire général de l'Onu a exprimé sa gratitude à Alan Doss pour son importante contribution aux efforts de paix des Nations Unies en République démocratique du Congo et l'efficacité avec laquelle il a dirigé la Monuc, où il était en poste depuis janvier 2008.

Né en 1949 à Indianapolis, Roger Meece est une fin diplomate capitalisant plus de trois décennies d'expérience internationale dans le domaine des Affaires étrangères de son pays. De 2004 à 2007, M. Meece a été ambassadeur des Etats-Unis en RDC, après avoir servi comme chef adjoint de mission à Kinshasa, de 1995 à 1998. Sa longue et enrichissante carrière lui a permis d'acquérir une connaissance approfondie des questions africaines après avoir été en poste dans plusieurs pays sur le continent en qualité d'ambassadeur en République du Malawi et dans d'autres pays notamment au Cameroun, Nigeria et en République du Congo.

En plus de ses postes diplomatiques, M. Meece a servi à Washington, DC en tant que directeur de la centrale des affaires africaines au Département d'Etat de 1998 à 2000 et au bureau du vice-président de 1986 à 1988. Il a également occupé le poste de consul général à Halifax, au Canada. L'image de la Monusco (Monuc) a toujours été assombrie par des affaires d'abus sexuel et de trafic des matières premières dont les casques bleus, notamment marocains, indiens, pakistanais ont été l'objet durant la décennie de déploiement de la force onusienne sur le territoire congolais.

Pendant la guerre de l'est opposant les FARDC et les rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de Laurent Nkunda, la population congolaise ne cessait d'accuser la Monuc de complicité avec ces rebelles, et de ne pas faire usage des prérogatives que lui confère le chapitre VI du Conseil de sécurité de l'Onu.

Kléber Kungu/L’Observateur


(GTM/TH/Yes/PKF)