Les Congolais peuvent désormais pousser un ouf de soulagement après l'approbation, par le Conseil d'administration du Fonds monétaire internationale (FMI) et de la Banque mondiale (BM), de l'atteinte du Point d'achèvement de l'initiative des Pays Pauvres très endettés (I-PPTE) de la République Démocratique du Congo.

Une question qui avait défrayé la chronique en sens divers et suscité des questionnements sur le fonctionnement des institutions de Bretton Woods.

Des critiques acerbes avaient afflué de partout contre le FMI et la BM qu'on accusait parfois de servir les intérêts des puissances économiques mondiales que des pays pauvres.


Mais aujourd'hui, les Congolais peuvent bien respirer car la longue lutte a enfin payé : la RDC vient d'atteindre le Point d'achement tant attendu. La nouvelle est tombée à notre Desk économique, hier jeudi 1er juillet 2010, dans la soirée.

Comment la RDC elle est parvenue à sortir de ce parcours aussi parsemé d'embûches ? Alors que l'on sait que certains esprits malins influaient souvent pour lier les questions techniques du Programme avec les influences politiques. Surtout lors de la récente réunion du G20.

La mémoire collective se souviendra que sorti d'une longue période de conflits, notre pays a mis en œuvre le Programme économique autonome du gouvernement (PAG) qui a permis de jeter les bases de la stabilité du cadre macroéconomique. Il s'agissait notamment de la maîtrise de l'inflation qui avait culminé avec des taux à 4 chiffres à la fin des années 1990. Rappelons qu'en 1996, le pays avait connu l'hyperinflation avec un taux de 9.000%).

Mais l'ouverture politique initiée par Joseph Kabila dès 2001 et grâce aux performances de ce PAG, un Programme économique sera conclu avec le FMI en 2002 dans le cadre de l'Initiative Pays Pauvres Très Endettés. Cette initiative qui visait, l'on se rendra bien à l'évidence, l'allègement de la dette extérieure des pays à faible revenu et fortement endettés, reposait sur une batterie des critères quantitatifs, des repères et des réformes structurelles à mettre en œuvre par le Gouvernement.

Revue non concluante

En 2003, la RDC atteint le Point de décision. Une étape décisive avant le Point d'achèvement qui n'a pu être réalisé en 2006, faute d'une revue non concluante par les services du Fonds. La raison est simple : la mise en place, en 2003, des institutions issues du consensus politique, conjuguée aux divers défis d'organisation des élections, ont exercé une forte pression sur les finances publiques.

Ce qui a contribué à faire éclater le fragile équilibre macroéconomique réalisé dès 2001. Conséquence : la déstructuration du cadre macroéconomique, la dépréciation du Franc congolais, la reprise de l'inflation, la réduction drastique du niveau des réserves internationales. Comme il n'y a jamais un sans deux, lors de la dernière revue censée conduire au Point d'Achèvement en 2006, les contreperformances du gouvernement ont contribué à faire arrêter le Programme avec le FMI.

C'est finalement au lendemain des élections générales en 2007, après la mise en place des institutions, que la RDC tentera de relancer le Programme avec le FMI. Conclu formellement en décembre 2009, ce Programme devrait permettre, six mois après, à la RDC d'atteindre le Point d'achèvement, sur base des performances attestées par rapport aux déclencheurs, critères quantitatifs et mesures structurelles convenus.

Sur fond de multiples sollicitations des finances publiques, la stabilisation du cadre macroéconomique n'a pas été chose aisée après la mise en place du Gouvernement en mars 2009. Les principaux fondamentaux ont connu une évolution irrégulière, aggravée par les effets pervers de la crise économique mondiale en 2008. Grâce à une politique budgétaire prudente menée par le Gouvernement dès le début d'exercice 2010, le cadre macroéconomique s'est davantage raffermi, donnant cette fois-ci plus des assurances pour l'atteinte du Point d'Achèvement.

En effet, le taux d'inflation qui était à 53,44 % fin 2009, s'est ralenti pour se situer à 8% en termes annualisés en juin 2010. La dépréciation du franc congolais s'est stabilisée. Le franc congolais s'échangeait à 890 contre 1 dollar US en avril 2010, alors que la parité était à 920 en janvier. Le niveau des réserves internationales s'est conforté avec plus de 2 milliards, équivalent à plus de 9 semaines d'importation.

En ce qui concerne les réformes structurelles, plusieurs avancées sont enregistrées dans les domaines du climat des affaires, de la décentralisation, de la gestion de la dette et des finances publiques.

Ces performances attestées par les services conjoints du FMI et de la Banque mondiale, au terme de la dernière mission de juin 2010, ont permis de soumettre le dossier de la RDC au Conseil d'Administration en vue de " scruter le dossier RDC ". Ce qui a été fait approuvé mercredi 30 juin 2010 par le Conseil d'administration du FMI et hier jeudi par la Banque mondiale.

Cap sur le social

Comme l'a souligné hier jeudi 1er juillet 2010, Evariste Boshab, secrétaire général du PPRD au cours d'une matinée avec des milliers des militants au siège de ce parti, maintenant que la RDC vient de franchir le cap avec l'atteinte du Point d'achèvement, il faudra désormais mettre l'accent sur le social des Congolais.

En effet, la politique économique menée par Joseph Kabila a permis au peuple congolais de franchir le rubicon. Dans ce sens que le Point d'achèvement est la résultante d'une politique économique responsable, prudente et d'une gestion des finances publiques soucieuses du peuple congolais.

"Ces performances ne sont pas le fruit des jeux politiques, mais plutôt la suite d'un engagement irréversible de Joseph Kabila à œuvrer en faveur d'une gouvernance responsable", a précisé le secrétaire général du PPRD. Maintenant que 10 milliards de dollars américains de dettes extérieures seront allégées, il faudra que le gouvernement s'engage dans une phase décisive de réalisation de son programme contenu dans les Cinq chantiers de la République.
 
C'est donc en marge de la célébration du Cinquantenaire que Joseph Kabila vient d'offrir à l'ensemble des Congolais ce qui était attendu durant de longues années : le Point d'achèvement de l'initiative des Pays Pauvres très endettés (I-PPTE) pour l'allègement de 90% de sa dette extérieure.
 
Willy Kilapi/L’Observateur


(DN/TH/GW/Yes/PKF)