L'entrée principale de la Banque congolaise du commerce (Bcdc), filiale de la belgolaise, a été prise d'assaut lundi 15 avril 2002, tôt le matin, par deux ŕ trois cents ex-agents de cette banque qui sont venus réclamer leur décompte final.

Les manifestants qui ont choisi d'envahir l'avenue Bas-Congo non seulement bravé la peur mais aussi bloqué le passage aux passants, perturbant ainsi les activités de la banque. La tentative n'a duré que quelques vingt ŕ trente minutes car les manifestants dont quelques uns s'étaient fait accompagner de leurs enfants habillés en uniforme (bleu et blanc) n'ont Pu résister ŕ l'intervention des agents du service de gardiennage commis ŕ la sécurité de la banque qui, appuyés par une dizaine des policiers, les ont repoussés plus loin.

Sur l'un des calicots déployés par ces manifestants, on pouvait lire: « La Bcdc, filiale de la belgolaise, membre du groupe Fortis, ignore les lois et les autorités de la R.d.C » tandis que sur le deuxičme, ils invitaient le président de la République ŕ prendre ses responsabilités pour que ces compatriotes rentrent dans leur droits.

En effet, licenciés en mai 1999 dans le cadre d'un plan de restructuration dicté par la conjoncture, 1200 agents et cadres, de la Bcdc ont accusé l'employeur d'avoir violé plusieurs dispositions du code du travail dans le traitement du dossier relatif ŕ leurs décomptes finals. Il s'agit, notamment des articles 50, 51, 52, 64 et 252. Regroupés depuis lors en une asbl, ces agents relčvent que dans bien de ces dispositions le traitement a été discriminatoire en faveur du personnel expatrié qui a bénéficié de tous les avantages. Mais toutes les démarches que ces assainis nationaux de la Bcdc ont entreprises auprčs de différents services de l'Etat pour rentrer dans leur droit sont restées jusqu'ici sans suite.

La derničre démarche est celle effectuée auprčs de la Démiap (Détection militaire des activités anti-patrie). Le rapport de l'instruction de la Démiap, aprčs avoir confronté les intéressés, des représentants de la Bcdc et les experts de la Banque centrale, a invité dans ses recommandations, la Bcdc ŕ régulariser sans conditions ce dossier dans le but de sauver la paix sociale.

Cette exhortation date de janvier 2002 et jusqu'ŕ ce jour, la haute direction de la Bcdc ne bouge pas, disent les assainis qui déplorent le décčs d'une vingtaine d'entre eux et la dislocation de plusieurs foyers ŕ cause du refus, par leur ancien employeur, de payer leurs dűs.