La cérémonie d’ouverture du Congres s’est déroulée dans la salle de théâtre de San Fernando, en présence de Mme Teresa Fernandez de la Vega, Vice-Première ministre espagnole. Dans son allocution, elle a déclaré qu’il faut faire de la démocratie une réalité et cela passe par la liberté d’expression.

Faisant un clin d’oeil aux journalistes, elle a indiqué que « les fausses rumeurs et les informations biaisées peu­vent devenir des armes de destruction massives ». D’où cet appel : « Dans vos mains réside une grande responsa­bilité : discerner ce qui mérite d’arriver au citoyen, parmi l’avalanche des nouvelles ». Pour mémoire, c’est dans cette salle de théâtre qu’a été votée en 1810 la première loi sur la liberté de la presse en Espagne. Les travaux propre­ment dits se sont déroulés au palais des congrès.

Si la première journée a été consacrée essentielle­ment aux débats sur l’avenir du journalisme, la persécu­tion des journalistes et l’im­punité ont été mises en exer­gue comme étant des défis de taille à relever.

En témoigne le nom­bre de motions ordinaires et urgentes envoyées par diffé­rents syndicats et qui ont fait l’objet des discussions des congressistes. On a compté, en effet, 15 motions sur la persécution des journalistes et. L’impunité dont deux rédi­gées par le SNPP, 9 motions sur la crise de la presse et les droits de travail, 3 sur les droits d’auteur et copyright, et 5 sur le travail syndical. Au total, 40 motions ordinaires et 16 motions urgentes ont été adoptées par le 27ème congrès.

Un avenir pas si rose

Pour revenir au débat sur l’avenir du journalisme, il a été constaté que les jour­nalistes font face à la Culture de l’intolérance de plus en plus répandue, à l’Internet et d’autres nouvelles techniques de l’informations et de la communication toujours envahissantes, sans oublier les vagues de pauvreté et de corruption.

La question que beau­coup de congressistes se sont posés est celle de savoir comment, dans ce contexte, maintenir un journalisme éthique et de qualité. Pour les panélistes Jean-Paul Marthoz (Belgique) et John Nichol (USA), chaque partie en présence doit faire sa part pour sauver le journalisme menace.

Pour 1e gouverne­ment, soulignent-ils dans leur rapport, il ne doit pas s’immiscer dans les affaires journalistiques, mais il peut contribuer à la mise en place d’un environnement de base pour la liberté des médias, en supprimant les obstacles à la liberté de la presse et en améliorant le statut des tra­vailleurs du secteur du jour­nalisme ». D’où la nécessité et l’urgence de dépénaliser ou décriminaliser les délits de presse. Il s’agit de ne pas ajouter une pression sup­plémentaire à celle que su­bissent les journalistes dans l’exercice quotidien de leur métier.

Le rôle des journalistes

Mais, dans cet en­vironnement de crise, que doivent faire les journalistes et les organisation profes­sionnelles des médias pour maintenir le cap ? Le rapport souligne deux pistes à explo­rer. La première consiste au renforcement des liens entre les journalistes et les com­munautés qu’ils servent en se concentrant sur les systè­mes de responsabilité et en renforçant le dialogue entre le journalisme et la société civile.

La seconde piste est celle de l’autorégulation. Pour survivre aux multiples crises actuelles et futures, « le journalisme doit se mon­trer capable de garantir des informations crédibles, trans­parentes, pertinentes et res­ponsables. Dans un monde tenaillé par les conflits, tant au niveau des société qu’en­tre les pays, la nécessité de disposer d’un journalisme professionnel n’a jamais été plus importante », conclut le rapport.

John Nichols, auteur du livre sur « La vie et la mort du journalisme américain la révolution des médias qui reconstruira un monde nou­veau a donné des infor­mations sur les médias aux Etats-Unis. Ces trois der­nières années, a-t-il dit en substance, on a fermé 150 journaux, soit plus de 30.000 emplois supprimés à cause de la crise. Par ailleurs, à Baltimore, 96% des nouvel­les diffusées provenaient du pouvoir ! Il s’est indigné de constater que dans son pays, on dénombre un journaliste contre quatre agents de rela­tions publiques.

Qu’à cela ne tienne, a fait observer Jean-Paul Mar­thoz, le journalisme demeure un bien public. Où que nous allions, a-t-il renchéri, le jour­naliste jouera peut-être un rôle différent de celui qui lui revient aujourd’hui, mais un rôle primordial.

La montée en puissance des Africains

Au cours des élections des membres du Comité Exécutif de la FIJ, les congressistes ont réélu Jim Boumelha, du syndicat des journalistes bri­tanniques, pour un second et dernier mandat à la tête de la Fédération.

Et pour la première fois, un Africain a été élu au poste de Premier Vice-prési­dent de la FIJ. Il s’agit de You­nes Mjahed du syndicat de la presse marocaine (SNPM). Et alors qu’il n’avait droit en principe qu’à deux sièges pour les postes de membres du Comité, le groupe africain a réussi à obtenir quatre. Une grande prouesse due à l’unité affichée par tous les délégués du continent qui ont privilégié l’intérêt collectif.

Rendez-vous a été pris pour 2013. Les candida­tures pour l’organisation de ce 28ème rendez-vous restent ouvertes. L’on attend aussi que l’Afrique montre le bout du nez.

Stanis Nkundiye/Le Phare


(GTM/Milor/GW/Yes)