C’est un véritable pavé dans la mare que vient de jeter Ellen Berends-Vergunst, ambassadeur du Royaume des Pays-Bas qui quitte la Rdc après un mandat de trois ans.

En effet, dans une conférence de presse tenue en sa résidence mercredi 23 juin 2010, la diplomate du pays des polders a développé un réquisitoire rigoureux sur le climat d’affaires en Rdc. A l’en croire, le Congo a l’un des climats d’affaires les plus exécrables du monde. Corruption, non respect de contrats, extorsion, tel est le tableau sombre dressé par Ellen Berends-Vergunst et dont la RFI ne s’est pas privée de souligner dans son bulletin d’information.
     
Selon l’ambassadeur du Pays-Bas, les expulsions des hommes d’affaires étrangers, la double vente des concessions attribuées et le non respect des contrats conclus avec les entreprises privées confirment les violations des droits d’affaires en République démocratique du Congo.

La diplomate hollandaise ne s’est pas arrêtée là. Elle a pointé un doigt accusateur envers certains hommes politiques qui utilisent leurs fonctions pour s’enrichir.

Ces déclarations faites à la veille de la célébration du Cinquantenaire de l’indépendance de la Rdc n’ont pas laissé le gouvernement congolais sans voix. Le ministre de la Communication et des Médias, Lambert Mende, est monté au créneau pour clarifier les choses.

« Ce sont des problèmes connus .Elle est parfaitement au courant parce qu’elle dit qu’il ya des efforts qui sont menés du côté de Kinshasa après la situation de guerre qui nous a été imposée depuis 1994 », a relevé le porte parole du gouvernement congolais au micro de RFI.

« Quoi qu’il en soit, nous avons aussi notre part de responsabilité » reconnaît-il. «  C’est pourquoi nous avons lancé l’opération de lutte contre la corruption « tolérance zéro » qui commence à porter ses fruits. Que ça soit un verre à moitié plein ou à moitié vide, pour elle le verre est à moitié vide »constate Lambert Mende.

Pour le ministre de la Communication et des Médias, Le gouvernement actuel avance pour quitter l’état de délabrement dans lequel le pays était embourbé « du fait des gens qui ont été placés à la tête de ce pays par la communauté internationale précisément. Nous avons des problèmes. C’est vrai. Mais pas comme si nous étions des champions du monde de la corruption. Ce n’est pas le cas », estime Mende qui a l’impression que l’ambassadeur des Pays-Bas veut faire l’éclat.

Théodore Ngangu/MMC


(TN/PKF)