La journée « Porte ouverte » organisée mardi à l’Hôtel Memling de Kinshasa par le ministère des Relations avec le Parlement a marqué une véritable plongée dans le bain des festivités du jubilé d’or de la RDC. Et pour cause. Déjà à partir des couloirs et à l’entrée de la salle prévue pour la circonstancielle cérémonie du jour, l’exposition des photos des personnalités politiques congolaises ayant tissé la toile de l’histoire du premier demi-siècle du Congo souverain a comme réveillé les esprits et les consciences sur le parcours effectué par le pays. Toutes les personnalités et autres invités à la journée étaient attirés par l’exposition d’un indéniable éclat. Beaucoup de jeunes parmi les invités ont certainement découvert pour la première fois les effigies exposées ensemble des acteurs auxquels on était enclin de demander des comptes sur ce qu’ils ont façonné de la RDC actuelle.

Le ministre des Relations avec le Parlement, ci-devant M. Richard Muyej Mangeze Mans, a eu une géniale idée de convier à cette journée « Porte ouverte » autant quelques dirigeants en vue des institutions déterminant la marche du pays à l’étape présente du cinquantenaire que le public, certes select, d’opérateurs de divers secteurs de la vie nationale. Ont ainsi été vus défiler à la circonstance en l’occurrence le président du Sénat, M. Léon Kengo wa Dondo précédé dans la salle de la chaleureuse rencontre par d’autres membres du bureau de la Chambre haute du Parlement. Le Premier Vice-président et le Rapporteur général de l’Assemblée nationale et plusieurs élus nationaux ont représenté la Chambre basse.

Côté gouvernement, le Premier ministre Adolphe Muzito en personne a répondu au rendez-vous de même que plusieurs membres de son gouvernement dont particulièrement le Vice-premier ministre Adolphe Lumanu en charge de l’Intérieur et sécurité, ensuite, outre la vedette du jour en la personne du ministre Muyej, ceux du Portefeuille, des Travaux publics et Infrastructures, de la Justice, des Mines, de la Santé publique, etc. Etaient également de la partie les anciens présidents des Parlements dans leurs diverses identifications sous les différentes périodes dites de transition, tels l’Archevêque Laurent Monsengwo, l’Evêque Marini Bodo, de même que les anciens Premiers ministres tel l’actuel député national Nsinga Udjuu, et toute une panoplie d’acteurs politiques rarement vus en public ces derniers temps.

Le tour de force d’avoir réuni cet aréopage de personnalités congolaises autour d’un partage de souvenirs sur le Congo démocratique aura été l’originalité de l’événement que le ministre Muyej a tenu à circonscrire strictement dans le cadre de la célébration non pas seulement du cinquantenaire de l’indépendance, mais aussi du 20ème anniversaire de la création du ministère des Relations avec le Parlement qui eut comme premier animateur M. Banza Mukalay Nsungu sous la dernière décennie de pouvoir de Mobutu. L’adresse ci-après à l’assistance par le titulaire actuel du poste en dit long.

Allocution du ministre Richard Muyej


« Mon Ministère, a déclaré en effet avec une courtoisie remarquable le ministre Muyej, se sent honoré par votre réponse positive à son invitation. Je puis vous assurer que votre présence confère un caractère solennel au programme de ce jour. Mon équipe et moi-même vous en sommes très reconnaissants.

J’apprécie à sa juste valeur cet élan de solidarité, et je compte sur vous pour rendre vivant ce temps de souvenirs et de fête. Merci d’être venus et de rendre à ce contact tout son éclat.

En participant à la journée « Porte Ouverte », de mon Ministère, vous avez donné à ce rendez-vous tout son contenu historique et politique. Je vous en remercie vivement. Vous constituez l’échantillon que nous avons choisi comme symbole pour exprimer notre souhait de voir l’ensemble de notre peuple partager l’immense joie que suscite le jubilé d’or de la République Démocratique du Congo que nous célébrons déjà. Bon anniversaire et bonne fête à tous.

Vous me permettrez, en votre nom à tous, de féliciter le Chef de l’Dtat, Son Excellence Joseph Kabila Kabange, pour avoir non seulement redonné vie au Ministère des relations avec le Parlement, après de longues années d’éclipse, mais aussi et surtout pour avoir décidé que le Cinquantenaire de la République Démocratique du Congo soit célébré avec faste, faisant ainsi de cet anniversaire un repère important de l’histoire de notre pays, un temps d’arrêt pour des interrogations susceptibles d’agiter notre conscience collective et de nous amener à décider ensemble de changer le destin de notre pays.

  • D’où venons-nous ?
  • Où sommes-nous ? 
  • Où allons-nous ?


Pour revenir à la journée « Porte ouverte », je voudrais ici présenter les activités programmées :

  • La présentation du Magazine « L’Interface » du Ministère des Relations avec le Parlement.
  • L’exposition des photos des acteurs des Institutions Parlement-Gouvernement de 1960 à 2010.
  • La présentation du film documentaire sur « Les relations Législatif-Exécutif, 50 ans : images et témoignages », que je vais vous convier à découvrir dans un instant.
  • L’échange avec le Parlement des Jeunes, pris comme pédagogie pour informer l’opinion sur les questions qu’elle se pose au sujet des actions de nos Institutions.
  • La remise des signes d’honneur aux personnalités ayant marqué l’histoire de notre pays à travers les deux institutions.
  • Et une activité culturelle surprise pour votre détente.

Leur réalisation n’a pas été aisée et le concours aux partenaires extérieures  s’est avéré important.

C’est ici l’occasion de remercier Mme Jeannine Mabunda, Ministre du Portefeuille, pour son ouverture et ses encouragements dans la mise sur pied d’un partenariat de circonstance avec des entreprises publiques devenues sociétés commerciales auxquelles nous avons associé quelques sociétés privées dont les gestionnaires considèrent sincèrement la République Démocratique du Congo comme leur seconde patrie.

En effet, se sentant concernées par la préparation du jubilé d’or de la République Démocratique du Congo, ces sociétés ont librement accepté de se joindre à nous pour la production du Magazine « L’Interface » et du film documentaire sus cités en y occupant des espaces. Il s’agit, pour les sociétés commerciales, de la Gécamines et de l’OKIMO et pour les sociétés privées, de la SOMIKA et du Groupe BAZANO, tous deux partenaires de la Gécamines.

Au-delà du spectacle qu’elle constitue, cette série d’activités est un support indispensable pour la visibilité de mon ministère. Elle devient aussi, grâce à l’expérience du passé et aux leçons tirées des temps de crise, une stratégie de rapprochement des acteurs politiques des institutions Parlement et Gouvernement.

Ce jour m’offre une occasion propice d’adresser mes vœux les meilleurs, à l’occasion du Cinquantenaire de l’Indépendance de notre pays, la République Démocratique du Congo, au Président de la République, Son Excellence Joseph Kabila Kabange, aux Présidents et aux Membres des bureaux des deux Chambres parlementaires ».

L’Histoire est le ciment de la politique

Avec le go ainsi donné à la manifestation, tout s’est mis à baigner dans l’ambiance du souvenir, ambiance réchauffée sinon surchauffée du reste par l’historien de grande notoriété Ndaywell, représentant le Commissaire général du Cinquantenaire Denis Kalume empêché, quand le précieux collaborateur de ce dernier se mettra à renchérir dans la présentation de l’opportunité de l’événement qui réunissait les invités du ministre Muyej à l’Hôtel Memling.

L’histoire du pays s’est révélée un atout déterminant de sa marche dans la mesure où ses leçons sont à percevoir comme un éclairage décisif. De quoi se rappeler la parole d’un éminent historien africain, l’égyptologue Cheikh Anta Diop déclarant que « L’histoire est le ciment de la politique ».

La projection du documentaire « Les relations Législatif-Exécutif, 50 ans : images et témoignages » réalisé par une équipe ayant travaillé sous les auspices du ministère des Relations avec le Parlement a encore retenu l’attention de l’assistance qui suivait dans un silence religieux les épisodes du film appuyés par des témoignages de quelques acteurs des événements relatés.

Ainsi ont pu être revus quelques temps forts de ce qui a été appelée la « crise congolaise » ayant le plus caractérisé l’histoire du pays depuis le jour même de la proclamation de l’Indépendance. Tous les déboires vécus commençaient à se faire comprendre sous leur véritable jour on eut dit de fourvoiement perpétuels des acteurs e la scène congolaise. Toute la tragédie de leurs antagonismes successifs était pressentie dans leur dimension. Dès lors la démarche actuelle du pacifiste à outrance le président Joseph Kabila qui s’échine à colmater les brèches des déchirements passés se révèle une alternative ultime de sauvegarde du pays qu’il devient impérieux de maintenir si l’on tient à ne plus rater cette dernière chance et donner enfin la possibilité au pays de décoller au lieu de continuer à le laisser tournoyer en rond comme cela a été le cas cinquante ans durant, avec pour conséquence une scandaleuse misère d’un peuple délaissé dans ses malheurs.

Comme pour corroborer la situation que l’ensemble de la communauté nationale ne veut plus vivre, l’intervention de la structure « Parlement des jeunes » a sonné comme un avertissement sur le jugement que porte la jeunesse congolaise sur les acteurs politiques responsables des institutions. Une intéressante simulation de débat parlementaire des jouvenceaux de la dite structure a démontré combien l’attente était vive dans cette jeunesse pour juger ses dirigeants. Quelques membres de ce Parlement des jeunes se sont donné le loisir d’adresser des questions orales à certains responsables des institutions qui se sont d’ailleurs prêté gentiment à leur répondre dans une merveilleuse occasion d’explication de quelques questions critiques de la situation sociale, économique et politique de la RDC.

Le premier responsable interpellé à ce propos fut le président du Sénat, M. Kengo wa Dondo qui a fourni d’édifiantes explications sur l’amélioration du climat des affaires à laquelle les autorités du pays s’attèlent laborieusement. Le ministre de la Justice et des Droits humains a pour sa part eu à répondre du sujet angoissant de la sorcellerie des enfants pour laquelle il a clairement laissé entendre qu’il s’agit d’un problème crucial exigeant de la part des gouvernants congolais des mesures de haute responsabilité.

Merveilleuse cogitation sur le destin national !

Dans la panoplie de ces interpellations à la simulation de débat parlementaire, les ministres des Infrastructures et de la Santé ont édifié respectivement sur la phase des travaux de reconstruction des infrastructures en cours et sur les ravages du fléau du VIH-Sida pour lequel le public a été édifié du taux de 1.200.000 cas de prévalence de la pandémie qui serait observé en RDC et de la politique sanitaire du gouvernement pour y parer.

La journée « Porte ouverte » s’est finalement révélée un haut lieu de prise de conscience de l’organisation du développement du pays. Chacun a pu admettre qu’au-delà du spectacle, des manifestations du genre sont à multiplier ne serait-ce que pour la communion d’esprit qu’elles permettent pour une bonne édification sur les problèmes que toute la communauté nationale est conviée de résoudre en toute confiance avec ses dirigeants. Le ministère des Relations avec le Parlement qui a pour mission de veiller décrisper le climat de collaboration entre les deux institutions des pouvoirs législatif et exécutif du pays a réussi un exploit louable de « créer des liens » suivant l’expression de Saint-Exupéry dans « Le Petit Prince » pour permettre à la communauté de cogiter sur son destin, tant une telle création des liens s’avère la meilleure expression d’amour.

Evidemment pour clore tout en beauté et démarrer en tout espoir la célébration du Cinquantenaire, puisque cela a été aussi un des objectifs poursuivis par les organisateurs de la cérémonie, une agréable collation a été offerte aux invités qui assurément n’oublieront vite pas l’agréable moment vécu à l’événement, sous l’animation culturelle surprise de production d’artistes du territoire emmitouflés de parures traditionnelles purement congolaises.

Daniel Nzuzi/MMC


(DN/PKF)