Le traitement des dossiers crash raté à Ndjili et affaire Chebeya semble révéler un entourage du Chef de l’Etat en crise de loyauté pour ne chercher qu’à prendre le président comme le bouc émissaire derrière lequel il se camoufle pour couvrir les erreurs qu’il lui revient d’assumer dans le travail auprès de lui.
Que faut-il pour que le Congo marche normalement? Faut-il que le Chef de l’Etat quitte son fauteuil pour s’occuper personnellement de tout? La négligence coupable, la nonchalance malveillante qui s’observe parmi les collaborateurs du numéro un congolais le laissent vraiment penser. Car, une fois que le Président de la République tourne le dos après voir insufflé la marche des choses, la recréation commence. Dans plusieurs secteurs de la vie publique, on ne trouve pas une volonté correspondant au ferme engagement du Chef de l’Etat pour la reconstruction nationale. Il est vrai, tous les collaborateurs du président de la République ne sont pas des scélérats. On trouve parmi eux de personnages dévoués, loyaux et dignes de confiance. Mais combien sont-ils ? C’est la grande question qui se pose.
Y répondant personnellement début 2009, Joseph Kabila avait clairement fait savoir qu’il était à la recherche d’au moins 15 collaborateurs loyaux. La révélation ne laisse planer aucun doute. Il y a carence de loyauté et de compétence dans l’entourage du Chef de l’Etat. Lui-même avait d’ailleurs incidemment reconnu le fait. S’adressant à notre confrère américain du New York Times, il avait avoué posséder un nombre très restreint d’hommes de confiance.
Il estimait ceux-ci aux alentours de 4 ou 5 personnes. Pour le reste, il n’était sûr de rien. L’histoire lui donne pleinement raison aujourd’hui. Sinon, comment comprendre le rôle joué par de hauts responsables dans le système sécuritaire du pays dans l’affaire Chebeya à la veille du Cinquantenaire ? Comment pouvait-on commettre pareille bavure au moment où tous les projecteurs de la planète sont braqués sur la Rdc? On peut tout dire sur les mobiles de ce meurtre, mais on ne saura jamais nier que ses auteurs sont des traîtres actifs ou passifs.
En cas de traîtrise active, c’est que les auteurs de ce meurtre ont froidement ourdi un complot contre l’image de marque de la République. Dans ce cas, ils ont alors maquillé leur action de sape contre le succès retentissant du Chef de l’Etat en meurtre. En cas de traîtrise passive, les auteurs du crime n’ont pas eu assez de jugement pour comprendre que leur geste devait avoir une incidence directe sur la République.
Heureusement que le chef de l’Etat a su bien manœuvrer dans l’affaire. Son habileté a permis à la République de tirer remarquablement son épingle du jeu. Mais, comme c’est presque toujours le cas, des collaborateurs salissent le jardin national et c’est le Chef de l’Etat qui se voit obligé de faire le nettoyage.
Trop, c’est trop
En sera-t-il toujours ainsi ? Il semble malheureusement que oui. Ou, disons qu’il en sera ainsi tant que Kabila ne va pas s’évertuer à débusquer ses 15 oiseaux rares! Des collaborateurs inconscients, peu dévoués, voire mal intentionnés, continueront à lui donner du fil à retordre. Exactement comme ils viennent de le faire dans l’affaire du crash raté à l’aéroport de Ndjili ce lundi 21 juin. Cet incident qu’a semblé passer comme un fait divers, reste extrêmement grave. A près d’une semaine du Cinquantenaire, le monde a été obligé de découvrir que l’aéroport qui va accueillir tous les invités du jubilé congolais n’est pas sûr.
Comment pareille négligence peut-elle arriver ? En tout cas on peut tout dire, mais une chose reste certaine: nous sommes en face d’une traîtrise flagrante. Tous ceux qui sont concernés dans cette affaire sont à sanctionner sans pitié. A lui seul, cet incident du crash raté risque de porter ombrage au Cinquantenaire congolais. Et quelle image transmettons-nous au monde? Fallait-il une fois encore, que le Chef de l’Etat descende à Ndjili pour effectuer une inspection de la piste? A quoi servirait dans ce cas le ministère des Transports, la Régie des Voies Aériennes ainsi que les services de la Présidence intervenant dans le secteur ?
Le P.G.R. transmet le dossier Chebeya à l’auditeur général des FARDC
Après la mort brutale de l’activiste des Droits de l’homme Floribert Chebeya, les instances compétentes avaient chargé le Procureur Général de la République, Flory Kabange Numbi à mener des sérieuses enquêtes afin de mettre à nus les auteurs de cet odieux assassinat. Après un premier éventail, le premier d’entre les magistrats avait, pendant la première quinzaine de ce mois, tenu deux importants points de presse à l’occasion desquels il avait déclaré à quel niveau il se trouvait dans cette accablante affaire qui ne cesse d’ébranler l’opinion tant nationale qu’internationale.
C’est ainsi que lors de sa deuxième rencontre avec les médias tant de l’audio-visuel que de la presse écrite, Flory Numbi Kabange a avancé la thèse du meurtre du directeur exécutif de l’Ong « La voix des sans voix ». Il ajoutera même que c’est expressément qu’il a parlé de la découverte d’un corps sans vie. Et un peu plus loin, il dira qu’aujourd’hui, les éléments obtenus tendent à donner le cas d’un meurtre. Après avoir confirmé que les enquêtes devant permettre de déterminer les circonstances de la mort de l’activiste des droits de l’homme, d’identifier les auteurs et leurs complices se poursuivent normalement, il a dit que le parquet général de la République attend le résultat de l’autopsie.
Hier mardi 22 juin, à l’occasion d’une troisième rencontre avec les médias, Flory Numbi Kabange a éventré le boa en annonçant que les probables acteurs sur cette piste sont des personnes justiciables des juridictions militaires. Il a appuyé son assertion sur les articles 120 et 156 de la constitution de la République et la loi n°123-2002 datée du 18 novembre de la même année portant code judiciaire militaire.
Tous les éléments étant réunis pour ne pouvoir porter entorse à ses déclarations, l’hôte de la presse nationale s’est dit avoir ainsi résolu de transmettre le même hier dans l’avant-midi, tous les éléments d’enquêtes ainsi récoltés à l’Auditeur Général des Fardc, bien entendu, pour disposition et compétence.
Répondant aux différentes questions qui ont suivi cette brève rencontre, le Procureur Général de la République a déclaré que c’est grâce aux appels téléphoniques et du rapport des médecins légistes que les traces se sont ouvertes autour de ces acteurs à une autre, il a tout de suite rétorqué qu’il a transmis le dossier à l’Auditeur Général dans le but inavoué de ne pas gêner son collègue.
Le Palmarès
(TH/DN/PKF)