Pour Luzolo Bambi, ministre de la Justice et Droits Humains, « le début de la justice, c’est notre devise de demain. Il nous faut une nouvelle culture judiciaire » ; cela est possible à condition de renforcer l’entité de liaison des droits de l’homme.
<p><img hspace="5" height="160" width="135" align="right" alt="" src="/UserFiles/image/Photos_2010/Ministres/luzolo_bambi.jpg" />Tous égaux devant la loi ! Cela ne semble pas être le cas en République démocratique du Congo. C’est pour cette raison que le ministre Luzolo Bambi Lessa de la Justice et des droits humains milite pour l’émergence d’une nouvelle race de magistrats. Le samedi 12 juin 2010, le ministre de la Justice et des Droits humains a été l’un des invités à la conférence-débat organisée par le Centre international pour la justice transitionnelle (ICTJ). Cette rencontre - dont le Centre d’études pour l’action sociale (CEPAS) avait servi de cadre - avait pour sujet : « Au-delà de la justice pénale internationale pour un processus holistique de justice transitionnelle pour la RDC». Et le thème exposé par le ministre Luzolo Bambi s’intitulait : « L’expérience de la justice pénale internationale. Quelles perspectives pour la lutte contre l’impunité en RDC? ».<br /> <br /> Au cours de cette journée, le ministre de la Justice et des Droits humains a expliqué à l’assistance que la justice est un état d’esprit. Selon lui, est juriste celui qui respecte le droit qu’il a appris, mais non un docteur en droit voleur et menteur. A propos des cas de viols déplorés continuellement en République démocratique du Congo, Luzolo Bambi Lessa a révélé qu’aujourd’hui, il y a plus de viols à Kinshasa qu’à l’Est du pays. C’est pour cela qu’il a insisté : « Le début de la justice, c’est notre devise de demain. Il nous faut une nouvelle culture judiciaire ». Pour lui donc, le vrai combat qui vaut la peine est le combat pour la justice.<br /> <br /> Malheureusement, a-t-il souligné, le paradoxe est total entre les fortes attentes et les moyens qui sont insuffisants. Peut-on s’en sortir ? Oui, Luzolo Bambi Lessa pense que cela est possible. Mais à condition de renforcer l’Entité de liaison des droits de l’homme comme mécanisme de la justice transitionnelle. Aussi, a expliqué le ministre, il faut une formation particulière des magistrats. Comme dose d’attaque contre les violences sexuelles, il a révélé que son ministère s’attelle à la formation de 100 femmes baptisées « Amazones ». Véritables fauves qui iront terroriser tous les violeurs qui écument les deux Kivu. En passant, il a dit aussi un mot sur la lutte anti-corruption. Ici, il a parlé des magistrats de la « Tolérance Zéro » qui sont en train d’être forgés en ce moment. Et il en a appelé à leur sécurisation.<br /> <br /> Pour le ministre Luzolo Bambi en effet, il n’y a pas de crimes imprescriptibles et le gouvernement de la République confirme sa volonté de lutter contre l’impunité. Mais le grand problème, selon lui, c’est le fossé même de cette impunité. A ce sujet, il a révélé que 8000 cas de violences sexuelles ont été enregistrés en 2009. Ce qui veut dire qu’il y a un problème de renforcement des juridictions congolaises, d’où la complémentarité de la Cour pénale internationale s’avère nécessaire.<br /> <br /> Au sujet de la commission Réconciliation et Vérité que d’aucuns appellent de tous leurs vœux, il a fait remarquer que cette expérience avait été tenté par la République démocratique du Congo entre 2003 et 2006. Il a ainsi déclaré à ce sujet : « Me Franck Mulenda et moi l’avons enterrée, à cause des difficultés de fonctionnement ». Donnant les raisons de cet échec, il a lâché : « la décision de sa création n’était pas congolaise ». Autre grief formulé par le ministre de la Justice et des Droits humains : il n’y a pas de politique législative congolaise pour la justice transitionnelle.<br /> <br /> <strong>Le Potentiel</strong></p> <hr /> <p>(TH/GTM/PKF)</p>