Une agression permanente, dangereuse pour l’audition et qui affecte la concentration intellectuelle de ceux qui étudient ou travaillent. Personne n’y échappe, même ceux qui n’apprécient pas ce bruit.

Dans les parkings et aux arrêts des bus, on entend souvent les clients se plaindre : « Je ne peux pas voyager à bord de ce bus, car il n’y a pas de musique ». À bord de taxis, les passagers exigent du chauffeur qu’il augmente le volume. On n’arrête la musique que si l’un des passagers doit répondre à un appel téléphonique.

À la maison, les jeunes étudient en écoutant la musique. Dans les cybercafés, il est courant de trouver trois ou quatre personnes qui écoutent chacune des mélodies différentes sur des ordinateurs portables « Cela diminue notre concentration », reconnaît Salvator Mubalama, un internaute rencontré au cybercafé de Radio Maendeleo.

Les oreilles sont agressées en permanence et la concentration en pâtit.

Risques de surdités

Tous ces décibels exposent les oreilles à de graves problèmes d’audition, rappellent les médecins. « A force d’écouter de la musique trop forte, on finit par l’entendre à moitié », c’est le slogan d’une campagne lancée en France et qui conseille aux gens « Écoute tes oreilles ».

Celles des jeunes sont, en effet, très sensibles et ne sont pas faites pour supporter bruits et musique en permanence.
Cette situation devenue courante entraîne des surdités partielles ou totales qui se manifestent par des bourdonnements qui ne s’arrêtent plus, surtout chez les très jeunes.

Les écouteurs des téléphones portables ou des baladeurs et des radio MP3– s’ils sont réglés trop fort et utilisés trop longtemps – peuvent aussi causer de graves dégâts, préviennent les médecins.

Écoutée modérément et à un volume raisonnable, la musique peut être utile et bénéfique. Selon qu’elle est douce, violente, mélancolique ou gaie, elle peut tenir compagnie au travailleur manuel, aux solitaires, lors des deuils, du repos et même exalter les sentiments religieux.

Mais elle nuit souvent au calme et à la concentration indispensables à ceux qui exercent un métier intellectuel ou qui étudient.

C’est le cas au bureau, où on ne coupe pas à la musique. Chacun peut y venir avec sa radio, il n’existe en effet aucun règlement sur cette question.

« Les deux collègues avec lesquels je partage le même bureau ont le poste radio allumé toute la journée, ce qui m’empêche de me concentrer », se plaint un agent de l’administration publique. Certains s’intéressent plus à ce qui se dit ou se joue à la radio qu’à leur travail.

Ils passent ainsi huit heures à leur poste et non pas huit heures à travailler.

Pour les jeunes, la musique est devenue une drogue. Elle occupe parfois les trois quarts de leur temps en dehors des cours. T. Furaha, une étudiante, témoigne : « J’étudie les mathématiques en écoutant de la musique, car elle me donne l’impression de ne fournir aucun effort », déclare-t-elle.

Certains spécialistes à l’inverse estiment que le rendement intellectuel est moins bon lorsqu’on travaille avec de la musique, surtout lorsqu’elle est forte.

Nathalie Iragi, une élève de l‘institut Nyalukemba de Bukavu, en a fait l’expérience. « Sur le conseil de mes parents, dit-elle, je me suis interdit d’écouter de la musique pendant l’étude. Cette discipline m’a permis d’améliorer mes notes en classe, passant de 54 % au premier semestre à 73 % à la troisième période. »

Le Potentiel


(CL/PKF)