La Banque mondiale a budgétisé, pour l’exercice 2010, 510 millions de dollars U$D, au profit du portefeuille de l’Etat congolais.

Ce montant servira en priorité, entre autres, au paiement des décomptes finals des agents retraités de la Gécamines (Générale des carrières et des mines), de l’OCPT (Office congolais des Postes et télécommunications) et des trois banques publiques liquidées, à savoir la Banque congolaise du Commerce extérieur (BCC, l’Union congolaise de Banques (UCB) et la Nouvelle banque de Kinshasa (NBK). C’est ce qui ressort des entretiens qu’ont eus, mardi, à Kinshasa, le Premier ministre Adolphe Muzito et madame Marie-Françoise Marie Nelly, Directrice des opérations pour les deux Congo.

Mais, tout le monde devant être logé à la même enseigne, tel que le souhaitent les observateurs, ce serait Justice, que le traitement dans le paiement de ces décomptes finals ne soit absolument pas, sélectif d’autant que les retraités, on en compte également énormément dans la Fonction publique et dans certaines entreprises du portefeuille de l’Etat. Notamment dans la presse officielle. Ce, d’autant que la « dimension sociale intégrée dans le décaissement de ce montant peut être considérée comme étant intimement liée à l’année du social » repris dans le programme du gouvernement par le Président de la République, Joseph Kabila.

510 millions de dollars U$D ont déjà été budgétisés pour l’exercice 2010 par la Banque mondiale au profit du portefeuille de l’Etat avec pour priorité la « dimension sociale » de la réforme des entreprises publiques et l’amélioration du secteur financier.

C’est ce qui ressort des entretiens qu’ont eus, mardi, à Kins­hasa, le Premier ministre Adolphe Muzito et madame Marie-Françoise Marie Nelly, Directrice des opérations pour les deux Congo.

Ainsi donc, la Gécamines (Générale des carrières et des mines), l’OCPT (Office congolais des Postes et télécommunications) et les trois banques publiques liquidées, à savoir la Banque congolaise du Commerce extérieur (BCC), l’Union congolaise de Banques (UCB) et la Nouvelle banque de Kinshasa (NBK) sont prises en compte, en priorité, en vue de permettre à leurs agents renvoyés à la retraite de la manière que l’on sait, d’accéder à leur retraite.

Autrement dit, il est question de leur permettre, après tant d’années de promesses non tenues, de toucher leurs décomptes finals.

Même si à ce stade on ignore quel mécanisme a été mis en place pour matérialiser cette dimension sociale, on sait au moins que Marie-Françoise Marie Nelly a formulé un souhait, celui de voir le gouvernement qui a la charge de la gestion de ce dossier, constituer une « Cellule de pilotage social » de la réforme des entreprises concernées.

A ce sujet, il est hautement souhaitable que cette cellule de pilotage social soit constituée des personnes suffisamment responsables épris d’amour pour des compatriotes ayant donné toute leur vie pour la nation congolaise. Et non pas des opportunistes portés vers le gain facile qui pourraient être tentés de sauter, toutes canines dehors, sur cette opportunité pour s’en faire les poches pleines, au grand dam des ayants-droit légitimes.

S’agissant de la réforme du secteur bancaire dont on sait qu’il bat de l’aile, depuis plusieurs années, même s’il est vrai qu’il s’observe depuis peu, un relatif dynamisme dans ce secteur, il a été envisagé entre les deux personnalités, une mise à niveau des capacités de la Banque centrale du Congo (BCC), notamment en manière de supervision bancaire.

Il est également prévu l’organisation d’un audit de banques commerciales par des auditeurs internationaux, étant donné que la réforme du secteur bancaire ne peut en aucune manière, s’accommoder des insuffisances en matière de management.

Muzito et son hôte ont par ailleurs, exprimé leur « vision commune » d’œuvre à l’amélioration du secteur de l’eau, de l’énergie électrique, des transports et des télécommunications. Faut-il rappeler que ces derniers domaines souffrent énormément d’un déficit chronique en matière de desserte dans les deux premiers cas, de perturbations liées à l’absence des transports publics s’agissant des transports en général et de la quasi faillite de l’OCPT incapable aujourd’hui, faute de moyens de sa politique, de couvrir efficacement le réseau national des télécommunications.

En tous cas, Marie-­Françoise Marie Nelly l’a annoncé à sa sortie de l’audience que lui a accordée le Premier ministre Muzito. Elle a mis à profit cette occasion pour exprimer le souhait de la Banque mondiale de voir la RDC saisir l’opportunité des technologies de l’information et de la communication pour le progrès de notre pays.

C’est dans ce cadre que la BM prévoit le financement d’une ligne à fibre optique devant relier Boma, au Bas-Congo, à Kasumbalesa, dans l’extrême sud de Lubumbashi, au Katanga. A ce sujet, la Directrice des opérations de la BM pour les deux Congo, qui se confiait à la presse, à l’issue de ses entretiens avec le chef du gouvernement, a indiqué que « des stratégies claires pour l’analyse et la prise d’options politiques orientées vers le développement sont importantes ».

Après avoir fait observer que l’ « avenir de la RDC est à la portée des Congolais » - ce qui n’est pas loin de la notion de la « prise en charge » par les Congolais eux-mêmes léguée par M’zée Lau­rent-Désiré Kabila -, madame Nelly a conclu que le « renforcement des capacités est, à ce titre, une des exigences-clé pour l’attrait des capitaux ».

Lueur d’espoir

A l’issue de ses entretiens avec le Premier ministre Muzito, Mme Nelly s’est déclarée satisfaite, d’autant que Muzito lui a assuré de la « volonté politique du gouvernement, de poursuivre les réformes engagées, des entreprises du portefeuille ».

Pour autant, la « dimension sociale » intégrée dans le décaissement du montant de 510 millions U$D pour l’exercice 2010 de la Banque mondiale, peut être considérée comme étant intimement liée à l’ « année du social » repris dans le programme du gouvernement par le Président de la République, Joseph Kabila.

S’agissant en particulier, du cas des agents de la Gécamines, de l’OCPT et des trois banques publiques liquidées sur décision du gouvernement, il ne fait pas l’ombre d’un doute que le fait, pour la Banque mondiale, d’investir quelque 510 millions de dollars U$D consacrés au portefeuille de l’Etat, avec un accent particulier sur le paiement de la retraite des agents des entreprises susvisées, est susceptible de leur donner une lueur d’espoir. Celle de se voir, bientôt, totalement libérés du stress mortel consécutif à la longue incertitude de voir leurs décomptes finals payés.

On sait que nombre des agents de ces entreprises réformées pour des besoins d’assainissement et des banques ainsi liquidées par la volonté du gouvernement, ont déjà passé de vie à trépas. Ce, pendant que d’autres encore sont malades, grabataires même pour certains d’entre eux, désespérés de pouvoir enfin terminer en beauté leur retraite après autant d’années de carrière consacrées au service de l’Etat.

C’est autant dire que l’ « année du social » décrétée par le Président de la République, loin d’être un simple slogan, est une réalité qui témoigne de la détermination du gouvernement de prendre en compte, en dépit des difficultés liées aux contraintes budgétaires, le vécu quotidien de la population. On peut s’en féliciter.

Mais, les retraités, on en compte également énormément dans la Fonction publique et dans certaines entreprises du portefeuille de l’Etat. Notamment dans la presse officielle. Le traitement dans le paiement de leurs décomptes finals ne doit absolument pas être sélectif, tout le monde devant être logé à la même enseigne. Ce serait justice.

Jeff Kalambaie/Uhuru


(TN/Tkm/GW/Yes)