Un accord tripartite a été signé jeudi à Kinshasa entre la RDC, le Congo/Brazzaville et le HCR, au terme duquel 114.722 Congolais qui avaient pris le chemin de l’exil vers le Congo Brazzaville pour se mettre à l’abri des affrontements interethniques survenus l’année dernière dans le Nord Ouest de la province de l’Equateur (RDC) ainsi que 7.996 cas résiduels seront rapatriés, sous les auspices du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés.

L’accord a été signé par le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de La sécurité, Adolphe Lumanu Mulenda Bwana N’Sefu, pour la République Démocratique du Congo, Mme Emilienne Raoul, Ministre des Affaires sociales, de l’action humanitaire et de la solidarité, pour le Congo Brazzaville, et M. Mohamed Boukry, le représentant du HCR dans la région.

Dans son discours, le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur et de la sécurité a remercié les autorités de la République du Congo d’avoir mis « hors d’état de nuire le chef des insurgés    Enyele ». Son arrestation, ainsi que la neutralisation de sa bande ont contribué à l’évolution positive de la situation sécuritaire dans la province de l’Equateur et au rétablissement de la confiance de la population dans les zones affectées par cette insurrection, a-t-il souligné. Pour lui, La situation sécuritaire s’est sensiblement améliorée et les populations qui s’étaient éloignées des zones de combat commencent progressivement à regagner leurs lieux de résidence habituelle.

La ministre congolaise des Affaires sociales, de l’action humanitaire et de la solidarité, Emilienne Raoul, a précisé pour sa part, que le Département de la Likouala a enregistré un afflux de populations d’environ 120.000 personnes en provenance de la province de l’Equateur en 2004 et 2009, dépassant dans certains districts les effectifs de la population locale.

Elle a salué les solutions appropriées des Chefs d’Etat Denis Sassou N’Guesso et Joseph Kabila qui ont jugé utile et opportun    d’organiser    un rapatriement volontaire de ces populations dans leurs localités d’origine. Le volontariat, la sécurité et la dignité humaine intimement lies aux conditions de réconciliation, de réintégration et de réinsertion socio-économique de ces populations constituent des principes qui régissent ce rapatriement.

Le HCR s’engage pour que toutes ces conditions soient réunies pour ce rapatriement, qui a commencé officiellement jeudi. Les modalités pratiques de ce rapatriement volontaire ont fait également l’objet de la commission tripartite.

La situation des réfugiés de l’Equateur au Congo/Brazzaville évoquée au ministère des Affaires sociales

Une délégation des députés nationaux de la province de l’Equateur a évoqué jeudi, à Kinshasa, avec le ministre des
Affaires    sociales,    action humanitaire et    solidarité nationale, Ferdinand Kambere Kalumbi, la situation humanitaire dans les territoires de Makanza, Bamongo et Kungu ainsi que celle des réfugiés congolais vivant au Congo/Brazzaville.

M. Ferdinand Kambere a rassuré ses interlocuteurs que les démarches pour le décaissement des fonds qui seront alloués aux réfugiés et pour les interventions humanitaires (les déplacés internes et les victimes des différents catastrophes naturelles) arrivent quasiment à l’étape finale. Les élus de l’Equateur ont salué cette initiative du gouvernement dont ils entendent sa matérialisation.

Le sort d’Udjani, le chef des insurgés Enyele, entre la Justice !

Le chef des insurgés Enyele de la province de l’Equateur, Ondjani, arrêté au Congo Brazzaville après l’attaque de Mbandaka le 04 avril dernier, attend les décisions judiciaires avant son extradition vers Kinshasa.

La ministre congolaise des Affaires sociales, de l’action humanitaire et de la solidarité, Mme Emilienne Raoul, a donné ces précisions jeudi à Kinshasa, à l’occasion de la clôture de la réunion tripartite RDC-Congo-HCR sur le rapatriement volontaire de plus de 222.000 réfugiés congolais réfugiés au Congo Brazzaville.

Mme Emilienne Raoul a précisé, en réponse à une question de la presse sur l’extradition de Ondjani, que son affaire est en instruction au niveau des instances judiciaires du Congo Brazzaville, estimant « qu’il faut que cela arrive à terme ». Pour le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la sécurité, Adolphe Lumanu Mulenda Bwana N’Sefu, il existe une convention judiciaire entre les deux pays sur laquelle on va s’appuyer pour demander l’extradition de Ondjani, en vue de renforcer la volonté du gouvernement d’aller jusqu’au bout. Le gouvernement de la RDC s’engage, a-t-il dit, à tout mettre en œuvre afin d’obtenir l’extradition du chef des insurgés, ainsi que son jugement pour les crimes commis dans la province de l’Equateur.
 
ACP


(DN/DDm/CL/Yes)