En provenance de l’Europe, de l’Afrique de l’ouest où elle évolue, elle séjourne à Kinshasa depuis deux semaines. Dans la capitale congolaise, Barbara Kanam est venue sceller, grâce à un concert qu’elle doit animer le samedi 19 juin à l’Hôtel Venus, un mariage avec ses admirateurs de plus en plus nombreux, grâce notamment à son album «Karibu », mais qui ne la voient que rarement sur les planches de cette ville. Les préparatifs pour ce face- à- face avec les mélomanes se déroulent dans toute la sérénité- la nuit- au studio de la paroisse Sainte Anne dans la commune de la Gombe.

C’est à et endroit, loin de tous les tintamarres qu’elle veille presque, en compagnie de son groupe de Kinshasa (elle en a aussi un autre à Lubumbashi)  avec de jeunes bien aguerris capables de grandes surprises. C’est aussi là que la rédaction de Digitalcongo.net l’a rencontrée.

Multi média Congo (MMC) : Bonsoir
Barbara Kanam (BK)

MMC : C’’est depuis quand que tu es ici à Kinshasa
BK : C’est depuis 2 semaines que je suis au Congo, mon pays. Je suis passée par Lubumbashi. Je suis venue parce que j’ai quelque chose de grand à partager avec mon public de Kinshasa. C’est la raison je suis là

MMC : Quelque chose de grand c’est quoi.
BK : C’est un grand rendez-vous. Enfin je vais en fait jouer le 19 juin jouer à l’Hôtel Venus pour présenter officiellement, en tout cas lancer l’album « Karibu » sur le marché de Kinshasa. Parce l’album existe. Il est déjà vendu à l’international.  Mais nous avons voulu pour Kinshasa faire quelque chose de particulier, de fort parce que d’abord c’est chez moi. Et puis ça fait quand même plus de 6 mois que les clips passent à la télé, les chansons à la radio. Donc, déjà il y a une visibilité. Le public connaît les chansons de Barbara. Ce public avait hâte de vivre Barbara en live. C’est la raison pour laquelle je suis là.

MMC : Puisque tu as évoqué « Karibu », comment il se comporte sur le plan international
BK : Très bien. « Karibu » se comporte très bien. « Karibu » est partout : au Cameroun, au Gabon, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire. Vraiment « Karibu » est très bien accueilli. Je mise sur cet album, je voulais mettre l’accent sur le Congo parce que j’avais l’impression d’être un enfant qui n’est pas reconnu c’est –à- dire qui marche bien à l’extérieur, qu’on connaît bien à l’extérieur mais pas dans son propre pays. C'est-à-dire qu’on voyait Barbara de loin. Donc, je ne veux plus être cet artiste éloignée. Je ne veux être parmi les enfants du Congo, je veux partager les joies et les peines avec mes frères et sœurs congolais.

MMC : Barbara au Congo, oui. Mais il semble que cet artiste a quelque peu l’air de négliger la promotion de ses œuvres à Kinshasa
BK : Je n’ai jamais négligé. Parce que l’album que j’ai fait, je l’ai fait pour le Congo.  D’ailleurs à l’international on m’a demandé mais que ce qui se passe en me disant tu fais plus de rumba.

Parce que au fait dans mes deux précédents albums, j’étais plus dans la world, l’acoustique, dans les balades. Aujourd’hui je suis revenue aux sources.  J’ai un album dans lequel il y a des morceaux traditionnels, des rumbas, des reprises de grands monuments de la musique congolaise comme Grand Kallé, Lucie Eyenga, Jean Bosco.

Donc vraiment c’est un retour aux sources. Je n’ai pas négligé puisque ma promo, je l’ai commencée par le Congo.  Tous mes clips passent à Lubumbashi    , à Kinshasa. Je suis venue plus d’une fois. Je  reviens aussi pour le Cinquantenaire.

J’ai eu à jouer plusieurs fois en live à Lubumbashi. Là j’attendais de bien installer l’image de Barbara avec ce concert.  Parce que c’est toujours beaucoup plus agréable et plaisant pour un artiste de faire un concert avec des titres que le public connait. Avec lui on peut chanter.

Je  voulais donner aussi aux gens le temps de s’habituer véritablement, qu’ils m’adoptent en tant que leur sœur. Parce qu’ils avaient l’impression que j’étais étrangère alors que je suis Congolaise. Et c’est aussi une occasion pour démontrer que l’on est un très grand pays, qu’on peut être Congolaise sans demeurer à Kinshasa.  Ça aussi il faut qu’on l’accepte parce que le Congo est grand. On n’a plusieurs provinces. Et aussi Kinshasa est en fait notre capitale.

C’est là que tout le monde se retrouve.  Donc de la négligence, non puisque bien au contraire, je prends plus de temps au Congo qu’ailleurs aujourd’hui. Et d’ailleurs au niveau international on me reproche que je ne sois pas à Abidjan. Abidjan me réclame, Yaoundé aussi. Je dis, je vais d’abord donner primeur à mes frères et sœurs et après je vais régler le reste.

MMC : Si ce n’est un secret, Barbara peut nous livrer tes surprises pour le 19 juin.
BK : Alors le 19 c’est déjà un beau spectacle où je vais pouvoir livrer en live pratiquement tous les titres de l’album« Karibu », quelques inédits, il y aura des invités surprises qui viendront qui seront là. Il y aura mes frères et sœurs de Kinshasa, mes aînés qui viendront aussi pour me soutenir parce qu’il est important que j’aie la bénédiction de ma famille congolaise. Et donc c’est le grand rendez-vous. Il y a des délégations qui viennent du Kivu, du Katanga, de la Côte d’Ivoire, de la France…un peu de partout, de Brazzaville  parce que j’ai aussi beaucoup de fanatiques là- bas, qui viendront pour célébrer la fête avec moi.

MMC : Selon certaines indiscrétions, tu as aussi fait Brazzaville Barbara
BK : Oui, absolument. Brazzaville…j’ai beaucoup de fanatiques là- bas, au Katanga n’en parlons pas. J’ai déjà des appels du Maniema, du Kasaï parce que tout le monde  envie de voir Barbara, de chanter avec Barbara, de faire la fête avec elle. Et puis ce qu’il ne faut pas oublier, on est à la veille du Cinquantenaire. C’est aussi quelque chose de grand. Il est temps que je sois chez moi. Déjà l’année passée, j’avais passé la fête de l’indépendance à Kolwezi. Cette année, je passerai la fête de l’indépendance avec mes frères et sœurs de Kinshasa.

MMC : Si on peut revenir un peu à une interview (de vous )qui a été publiée dans un journal de la place que Digitalcongo. net a repris dans son espace. Il semble que cela a soulevé des vagues chez toi. Est-ce que Barbara, un artiste peut-elle avoir une vie privée ?
BK : Absolument. C’est important d’avoir sa vie privée. Parce que le malheur avec Internet aujourd’hui, il y a beaucoup d’abus. Internet est une machine qui peut facilement vous détruire. Il n’y a pas de contrôle avec ce média. C’est pourquoi on a besoin des sites comme Digital qui nous permettent de nous faire connaître. Nous on préfère que l’on parle d’abord de l’art. Pour une femme, pour un artiste, c’est mieux de parler de son art, de ce qu’elle fait parce que la vie privée ça reste un jardin secret. Et  je tiens à ce que l’on respecte ma vie privée.

MMC : Mais les propos qui y sont repris dans cette interview ne sont pas vôtres (toi et Awilo) ?
BK : Ecoutez, je ne voudrai pas entrer dans les détails parce que ce n’est pas le but de notre interview de ce jour. Mais je vais juste que l’on respecte mas vie privée, que l’on ne dise pas n’importe quoi. Parce qu’il y a beaucoup de choses qui sont dites sur Internet qui ne sont pas vraies et que l’on ne sait pas contrôler. Bon en même temps j’accepte parce que cela fait partie du showbiz, il faut l’accepter mais il ne faut pas qu’il y ait des abus. Il faut qu’on nous respecte. Je vais souvent dans des blogs où malheureusement- et ça je le sens souvent chez les Congolais- l’on insulte facilement les artistes, où l’on tient des propos de fois qui sont indignes déshonorants pour les femmes. Et j’aimerai que l’on apprenne à nous respecter parce que l’on fait un travail qui est respectable qui demande beaucoup de sacrifices, beaucoup d’investissements. Donc,  il faut aussi nous respecter et nous encourager dans ce sens.

MMC : Un mot Ndule Award dont tu étais parmi les nominées de la dernière édition
BK : Un sentiment vraiment de fierté, d’honneur, de reconnaissance aussi parce que je dis le Congo reconnaît enfin que je suis son enfant. Je remercie toutes les personnes qui ont voté pour moi parce que ce sont des prix issus des votes, notamment la meilleure voix féminine. J’ai été touchée de voir que plusieurs personnes ont voté pour moi, m’ont soutenu. Merci. Je pense aussi que c’est grâce au travail que j’ai abattu. Mais je me dis que j’ai une lourde responsabilité, c’est de vous représenter valablement. Merci  en tout cas parce que j’ai deux trophées, c’était beaucoup, c’était énorme. Le Congo me l’a bien rendu. Et je remercie le Congo pour cela et je prie pour que Dieu me donne encore beaucoup de sagesse et de force pour que je puisse aller de l’avant. J’aurai toujours besoin de vos conseils et de votre soutien pour aller plus loin.

MMC : Et après « Karibu » …
BK : Après « Karibu » il y aura la suite parce que c’est un long chemin, une longue carrière. Ce dont j’ai envie  c’est d’aller loin, de représenter mon pays encore longtemps, de faire de belles chansons, de beaux albums qui font la fierté de mon pays. Parce que c’est vrai que sur la scène musicale internationale, il ne voit plus des Congolaises comme  on avait avec toute cette lignée des divas, comme Abeti Masikini, Pongo Love, Mbilia Bel. Aujourd’hui on a envie de prendre la relève. Je suis bien fière qu’il y a beaucoup de chanteuses jeunes sont en train d’arriver. Tout ça c’est la fierté de notre pays. La femme congolaise en général, chanteuse en particulier doit avoir une visibilité dans ce pays. Parce que la femme doit apporter à son pays particulièrement dans le domaine de l’art.

MMC : Pour conclure peut être
BK : Pour conclure, je remercie tous les fans de Barbara. et je voudrai dire qu’en tant que femme, je me sens avant tout impliquée dans tout ce qui concerne mon pays. J’ai envie d’être non seulement un artiste qui va faire rêver mais un artiste engagé qui va défendre, sensibiliser parler des sujets qui touchent notre pays. Et  sensibiliser par rapport à la guerre, par rapport à la violence aux femmes, par rapport à la situation des jeunes aujourd’hui. Parce que nous sommes l’avenir de ce pays. Ce que je veux, c’est  que les gens comprennent aussi que nous sommes là pour apporter du bonheur, et que nous serons là pour être les voix du peuple. C’est- à –dire moi je veux être la diva des sans voix, la diva de tout le monde, la diva du peuple d’abord. Et c’est ce que je voudrai.

MMC : Merci Barbara
BK : Merci Boni, que Dieu vous bénisse, que Dieu bénisse le Congo  et bonne fête

Boni Tsala/MMC


(BT/PKF)