Le cabinet du ministre de la Communication et Médias fustige et condamne la déclaration publiée par les organisations de la la société civile de la province du Katanga en rapport avec l’assassinat unanimement déploré du n° 1 de l’ONGDH La Voix des sans voix
Dans une correspondance parvenue mercredi à la rédaction, le cabinet du ministre congolais de la Communication et des Médias, Lambert Mende condamne l’attitude de la société civile du Katanga, qui sans attendre les conclusions des enquêtes préliminaires en cours sur le meurtre de Floribert Chebeya, tire ses résultats sur base de ses propres critères et préférences... Et comme si cela ne suffisait pas, la société civile cite abusivement le nom du ministre Lambert Mende, en lui imputant une politique de dénigrement et de mépris du travail des défenseurs de droits de l’homme ». Voici l’intégralité de la réaction du cabinet du ministre.
Réaction à la déclaration des Organisations de la Société civile du Katanga du 6 juin 2010
Monsieur Floribert Chebeya est mort, toute la nation est consternée et attend que la justice puisse élucider les contours de ce crime. Il est de mauvais aloi de vouloir profiter d’un événement aussi macabre pour régler des comptes à des adversaires, si tant est qu’ils le soient. Malheureusement par certains de ses traits, la déclaration faite le 06 juin dernier par des organisations de la société civile du Katanga rentre dans cette pratique exécrable.
En effet les signataires de la « Déclaration des organisations de la société civile du Katanga au sujet des mesures prises par le conseil national de sécurité de la République Démocratique du Congo » usent d’approximations et de paralogismes déconcertants. Le titre lui-même est déjà approximatif, puisqu’il attribue au Conseil National de Sécurité des décisions du Conseil Supérieur de la Défense. Un peu plus de minutie aurait rendu ce document plus crédible.
La même remarque vaut par rapport au nom du Ministre Lambert Mende, de la communication et des Médias, qui tombe dans ce document comme un cheveu dans la soupe. Il est imputé au Ministre une politique de dénigrement et du mépris du travail des défenseurs des droits de l’homme.
Imputation totalement inconsistante bisque l’on connaît la vérité. De fait, le Ministre de la Communication et des Médias en sa qualité de porte-parole du Gouvernement, à chaque fois qu’il le fallait, remis dans la bonne perspective les rapports d’Ongs, dont certains sont rédigés sur base d’informations non vérifiées ou exploitées abusivement pour des fins inavouables. Faire cela n’est pas dénigrer, encore moins mépriser le travail des défenseurs des droits de l’homme, avec qui par ailleurs le Ministre Mende entretient de bons rapports personnels et même professionnels.
Les honnêtes gens oeuvrant dans ce secteur, et il y en a même parmi les signataires de la déclaration susmentionnée qui peuvent en témoigner. Il est même reproché au Ministre de la Communication et des Médias le manque de prise de position officielle par rapport au meurtre de Floribert Chebeya, alors que le Ministre était absent du pays au moment de l’événement, s’étant rendu à Rabat au Maroc pour représenter le pays aux 42émes assises de la presse francophone, d’où il n’est revenu que le mardi 8 juin 2010. En tout état de cause, la communication de M. le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’intérieur sur ce triste événement engage le gouvernement de la même manière que l’aurait fait le Ministre de la Communication.
Exiger la démission du Ministre sur une base aussi rocambolesque, c’est non seulement chercher des poux sur la tête d’un chauve, mais aussi demander au Gouvernement de se débarrasser du bouclier qui le protège efficacement contre les assauts nocifs de certaines Ongs en collusion avec certaines malveillances extérieures afin qu’il devienne vulnérable.
C’est un acharnement indu et maladroit de quelques activistes stipendiés dont le Ministre critique démocratiquement la méthodologie. Confronté à la douloureuse disparition de Floribert Chebeya, nous devons tous éviter de diluer le deuil dans la platitude des intérêts mesquins.
Au plan strictement juridique, l’on est surpris des conclusions anticipées des organisations de la société civile du Katanga au sujet des mesures prises par le Conseil Supérieur de la Défense en rapport avec l’assassinat de M. Floribert Chebeya.
En effet, tout en condamnant fermement ce lâche et odieux assassinat cet événement malheureux ne peut, en aucun cas, servir de prétexte pour remettre en cause les attributions des instances judiciaires chargées de faire toute la lumière sur les affaires du genre : lesquelles sont exercées non en fonction des humeurs et émotions suscités par le crime, mais à la lumière de la vérité et des lois et règlements de la République.
Bien plus il n’appartient pas à la société civile de tirer les conclusions des enquêtes préliminaires en cours sur la responsabilité des dirigeants de la police mis en cause ou de donner, en fonction de ses propres critères, préférence à une instance judiciaire civile ou militaire au détriment d’une autre.
C’est le lieu de rappeler que l’aspiration du peuple congolais à l’Etat de droit est en totale contradiction avec la reconnaissance de l’indépendance du pouvoir judiciaire, de la violation de secret de l’instruction ou du principe de présomption de l’innocence qui suintent dans cette déclaration. Fait à Kinshasa, le 09 juin 2010
Dieumerci Mutombo Cibayi/L’Avenir
(DN/Milor/GW/Yes)