Suite à un article paru dans un quotidien paraissant à Kinshasa, la Conférence épiscopale de la République démocratique du Congo (CENCO) avait dû réagir par une mise au point audit tabloïd. Très indignés, les évêques du Katanga n’ont pas voulu se résigner dans un silence qui arrangerait les commanditaires dudit article jugé pamphlétaire à tous points de vue à l’endroit du gouverneur du Katanga Moïse Katumbi Chapwe.

Premiers concernés dans cet article procédant du sensationnel et du diffamatoire, les prélats de la province minière se sont imposés un devoir, à savoir celui de rétablir la vérité aussi sur les travaux de la session de la Commission épiscopale ad hoc pour les ressources naturelles (CERN) dont s’était servi l’auteur de l’article que sur la tentative de dénigrement de l’homme de Kashobwe concernant l’origine de ses avoirs.

Ci-après le texte intégral de leur conférence de presse tenue à Lubumbashi le 4 juin 2010.

Mesdames et messieurs des médias,

Au nom de l’Assemblée des Evêques, de la province ecclésiastique de Lubumbashi, je voudrais vous souhaiter la plus cordiale bienvenue dans l’enceinte de cet archevêché. II n’est pas dans les habitudes des Evêques de notre province, de tenir une conférence de presse, ni de participer directement au débat public. Mais aujourd’hui, nous nous permettons, de nous adresser directement à vous, professionnels des médias, pour faire une mise au point qui s’impose.

En effet, face aux enjeux que représente l’exploitation des ressources naturelles dans notre pays, la Conférence Episcopale Nationale de la République Démocratique du Congo (CENCO) a créé, le sept juillet deux mille sept une Commission Episcopale ad hoc, pour les ressources naturelles (CERN).

Celle-ci est un organe technique de la CENCO, chargé d’étudier et de cerner, toutes les questions relatives à l’exploitation des ressources naturelles de notre pays (minières, forestières, animales, etc.), de les soumettre à l’épiscopat congolais, pour qu’à son tour, il fasse le plaidoyer à tous les niveaux, en vue du développement de notre pays.

Dans cette perspective, quatre Observatoires pilotes des ressources naturelles, ont été récemment mis sur pied, dans les diocèses du Sud du Katanga, à savoir Lubumbashi, Kolwezi, Sakania-Kipushi et Kilwa/Kasenga. Ces observatoires ont pour mission de favoriser, le dialogue, la collaboration et la concertation entre tous les acteurs concernés par l’exploitation des ressources naturelles, c’est-à-dire les institutions publiques, les exploitants, la Société civile et les populations locales.

Afin de renforcer les capacités des membres de ces Observatoires et ainsi garantir les droits de tous, même des investisseurs miniers, une session de formation, a été organisée à Kiswishi, du 15 au 17 mai 2010. A la suite de cette session, le Quotidien kinois, Le Palmarès, dans son édition du 19 mai 2010, numéro 4824, a publié un article au titre pompeux, ronflant et farfelu, à savoir : L’Eglise catholique tape du point sur la table.

Truffé des contre-vérités, des affirmations gratuites, des diffamations et des propos mensongers et malveillants, à l’endroit de notre Gouverneur du Katanga et de ses proches, cet article nous a plongés dans l’indignation totale. Son auteur, que soutiendrait probablement une main noire, basée au Katanga, s’est servi malencontreusement du thème de la session de Kiswishi pour semer l’amalgame et la confusion, en publiant des propos qui n’ont pas du tout figuré à l’ordre du jour de ladite session.

Au nom des Evêques du Katanga, je tiens à manifester notre indignation face à cet article pamphlétaire, tendant à décourager l’œuvre de la reconstruction du Katanga, entreprise audacieusement par le Gouverneur Moïse Katumbi et son Gouvernement.

A l’instar de la CENCO, qui a fait une mise au point sur cet article, le 20 mai dernier, en tant que Pasteurs du peuple de Dieu qui est au Katanga, nous désapprouvons totalement ledit article. Nous apportons un démenti formel sur les allégations qu’il renferme et condamnons cette façon de se servir d’une session des agents pastoraux pour étaler des hallucinations désobligeantes, à l’endroit du Président de notre Exécutif provincial.

Aussi, nous tenons à affirmer, que nous sommes témoins des efforts combien louables, qu’entreprend le Gouverneur Moïse Katumbi en mettant de l’ordre dans le secteur minier, pour le développement du Katanga, et ce, malgré les difficultés financières, que tout le monde connaît. Nous saluons sa bravoure et son cœur généreux. Nous savons tous, qu’au nom de sa foi catholique et de sa nature généreuse, il n’hésite pas à mettre la main à sa poche, pour venir en aide aux nécessiteux, sans tenir compte, ni de leur origine ethnique, ni de leur province, ni de leur race, ni même de leur religion.

Nous tenons à préciser à l’opinion que nos organes techniques, comme la CERN, n’ont pas d’expertise en matière de fraude minière au Katanga. Des instances étatiques bien connues, existent à cet effet.

Dès lors, il est absurde et totalement faux, de prétendre que la session de Kiswishi, aurait réuni des preuves d’une quelconque fraude minière, attribuable aux entreprises minières du Katanga, en l’occurrence, à celles appartenant à notre vaillant Gouverneur. Par contre, comme toute la population katangaise, l’épiscopat apprécie, à juste titre, les mesures courageuses prises, par notre Gouverneur quant à l’exportation des produits miniers bruts et à l’implication, dans l’agriculture, des sociétés minières opérant dans notre province.

A propos de la fortune de notre Honorable Gouverneur, notre épiscopat n’a jamais appris, qu’elle est d’une quelconque origine qui serait douteuse, comme le prétend l’auteur de l’article du Palmarès. Nous savons tous, fort bien, de quelle famille est issu notre Gouverneur Moïse Katumbi. Des témoignages fiables, attestent qu’il a toujours travaillé dur, avec une détermination peu commune.

Les habitants du secteur Luapula et du littoral du lac Moero, dans le Haut-Katanga, tout comme les riverains de la Zambie peuvent en témoigner. Comme le démontre sa gestion de la province du Katanga, il nous paraît, avec évidence, que c’est un homme honnête, pragmatique, visionnaire, relationnel et doté d’un haut sens de dialogue et des affaires.

Depuis qu’il a été investi Gouverneur de notre province, il multiplie des réalisations, au profit de la population, dans les domaines de la santé, de l’éducation, des infrastructures routières, de l’exploitation minières, du sport, etc., dont toute personne éprise de bonne volonté, peut témoigner.

Dans notre province, nous constatons avec satisfaction, que les recettes de l’Etat sont en hausse, le budget provincial est en pleine augmentation, les contacts entre gouvernants et gouvernés, sont de plus en plus chaleureux, etc. La liste n’est pas exhaustive.

Notre rôle à nous, Evêques, n’est pas de faire l’apologie des personnes, mais de rétablir la vérité. Voilà pourquoi nous apportons un démenti catégorique sur les allégations que l’article du Palmarès, semble mettre à notre compte.

Nous sommes très affligés, que l’auteur de cet article, prétende que le village de Kashobwe, par exemple, doit sa modernisation aux redevances minières, d’une société exploitant le cuivre dans cette région. Cette affirmation nous paraît sans fondement et semble vouloir tout simplement nuire. Notre collègue l’Evêque du diocèse de Kilwa-Kasenga dont fait partie Kashobwe, atteste que cette œuvre de la reconstruction, a commencé bien avant même que l’Honorable Moïse n’accède au Gouvernorat.

Les observateurs de Lubumbashi, se souviennent de panneaux publicitaires, qui annonçaient déjà, en 2004, le début de la modernisation de ce village. A quel titre aurait-il alors perçu, les redevances minières de cette société pour sa reconstruction? Cette façon de réfléchir du journaliste du Palmarès, nous paraît malhonnête et sans consistance. C’est une calomnie qui déshonore le métier de journaliste.

Mesdames et Messieurs des médias,

Je saisis cette occasion, pour vous inviter à exercer votre métier, avec honnêteté, responsabilité et professionnalisme, dans le souci de rechercher la vérité. Comme l’enseigne l’Eglise, votre profession est noble et utile à notre société. Cependant, je vous prie de l’exercer avec un cœur droit, sincère, sans manipulation politique, ni parti pris, et sans rechercher une vaine sensation.

La dignité et la vie privée de ceux, dont vous parlez dans vos médias, méritent d’être respectées. Aussi je vous exhorte, une fois de plus, à respecter les principes fondamentaux de votre profession: la vérité, l’exactitude, l’honnêteté, la franchise, le respect de la dignité humaine, etc. Ayez à cœur cette règle d’or de notre Seigneur Jésus-Christ : « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites le vous-mêmes pour eux» (Mt 7, 12).

Je vous remercie pour votre aimable attention.

Fait à Lubumbashi, le 4 juin 2010

Jean-Pierre TAFUNGA                  
Archevêque coadjuteur de LUBUMBASHI,
Président a.i. de l’ASSEPL
              

Le Potentiel


(CL/PKF)