Les investissements directs étrangers (IDE) occupent une part importante dans l’économie congolaise.
La République démocratique du Congo accuse un grand retard dans la collecte des informations relatives aux investissements directs étrangers et aux entreprises multinationales.
Avec l’accompagnement du Comesa et de la Cnuced, la Banque centrale du Congo a décidé de corriger cette lacune en marge d’un atelier ouvert hier mardi à l’hôtel Sultani de la commune de la Gombe.
Les investissements directs étrangers (IDE) occupent une part importante dans l’économie congolaise.
Cependant, leur niveau est souvent méconnu faute de statistiques fiables. C’est pour corriger cette lacune que la Banque centrale du Congo (BCC), associée au Marché commun de l’Afrique australe (Comesa) et à la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (Cnuced), organise depuis hier mardi à l’hôtel Sultani de la Gombe un atelier sur les statistiques des IDE en RDC.
Pour le vice-gouverneur de la BCC, Jean Emungu, qui a ouvert ces travaux. Cet atelier vise « la formulation d’une stratégie nationale et la mise en place d’un système de compilation et de diffusion des données relatives aux investissements directs étrangers en vue de la collecte des statistiques internationalement comparables ».
En fin de compte, a-t-il dit, la RDC devait avoir « les capacités d’analyser de telles données et concevoir de meilleurs politiques en la matière ».
Aussi, pour parvenir à ce résultat, l’atelier s’est-il proposé de « sensibiliser les participants aux normes et directives internationalement reconnues, de renforcer la compréhension, des concepts ainsi que de la méthodologie ,et de prodiguer des conseils sur les questions et les défis spécifiques revêtant un intérêt particulier pour le pays ».
Pour justifier la tenue de cet atelier, Jean Emungu s’est attardé sur l’appareil statistique congolais « peu reluisant » à ce jour.
Ce qui, selon lui, « témoigne de la nécessité d’améliorer la production, le traitement et la diffusion des statistiques des IDE dans notre pays ».
Il a, à cet effet, salué l’initiative conjointe du Comesa et de la Cnuced, laquelle, note-t-il, « s’inscrit dans le cadre du programme de renforcement des capacités institutionnelles des pays membres ».
Par ailleurs, il s’est dit convaincu que l’organisation de cet atelier et les recommandations qui en découleront « permettront à la Banque centrale du Congo et aux autres institutions concernées d’améliorer la production des statistiques des IDE dont elles ont la charge et de mettre ainsi la RDC en phase avec le processus d’harmonisation régionale des statistiques préconisé par le Comesa ».
Etat des lieux
Pour ce qui est de l’état actuel du système des statistiques en RDC considéré globalement, il est important de noter qu’à part les domaines de production des statistiques monétaires, des finances publiques, des comptes nationaux et des prix où il a été enregistré des progrès notables . Ces dernières années, grâce principalement à la coopération internationale, l’appareil statistique congolais reste largement déficient.
Il est caractérisé par des dysfonctionnements qui trouvent leur origine dans l’insuffisance de financements nationaux pour faire de l’activité statistique un outil de gestion saine du développement.
La quasi-absence de textes législatifs ou réglementaires permettant d’organiser l’activité statistique ; le déficit de coordination des structures et de formation de leurs animateurs ; l’absence de programmation statistique à moyen et long termes ; l’inadéquation de méthodologie utilisée dans la plupart des travaux et ; la carence en supports durables pour le stockage des données.
Au jour d’aujourd’hui, seuls l’Institut national de la statistique (INS) et la BCC réalisent encore des investigations de portée nationale à l’exemple des enquêtes économiques et de conjoncture aux fins, notamment, de l’élaboration des comptes nationaux et de l’indice des prix à la consommation.
S’agissant particulièrement des statistiques des Investissements Directs étrangers, les publications tant des organismes internationaux à l’échelle mondiale que celles de la BCC à l’échelle national, font état d’une augmentation des capitaux étrangers au cours des dix dernières années.
Cette évolution tient notamment à la constitution de puissants groupes multinationaux ou sociétés transnationales (STN) à travers des opérations de fusions-acquisitions transfrontalières d’entreprises et ce, dans le cadre de la mondialisation.
A cet effet, le niveau des IDE a augmenté de 741,8 % en RDC, passant d’une moyenne de 98,2 millions Usd entre 1990 et 2001 à une moyenne de 827,0 millions Usd entre 2002 et 2009 dans un contexte de croissance économique.
Pour rappel, le taux de croissance économique est passé d’une moyenne annuelle de - 5,3 % au cours de la première période à une moyenne de 5,6 % au cours de la deuxième.
Potentiel
(DDm/A/CL/PKF)