Joseph Kabila se veut respectueux de ses accords et engagements tripartites AMP-PALU-UDEMO qu’il avait conclus au sein de l’Alliance pour la Majorité Présidentielle (AMP) en 2006, et ces accords lui ont permis de franchir le rubicond des élections présidentielles de 2006.
En homme de principe et de grande écoute, le Président Joseph Kabila se veut respectueux des accords AMP-PALU-UDEMO qu’il a signés et des engagements internes qu’il a pris au sein de l’AMP en 2006. C’est la leçon fondamentale qui ressort du terme qu’il a mis à la crise qui a secoué la Majorité Présidentielle durant trois semaines.
S’inspirant des Ecritures Saintes selon lesquelles « il faut commencer par Jérusalem avant d’aller en Samarie et aux extrémités de la terre », il ne va pas manquer de prêcher par l’exemple dans sa propre famille politique.
En prenant en compte la « loyauté » et la « discipline » que tous ses partenaires et alliés - PPRD, Courant rénovateur, CLP aussitôt dissout quelque temps après sa création sur son instruction - lui ont témoigné en sa double qualité de Président de la République et d’Autorité morale de l’AMP.
Après ce tumulte, il s’accorde vraisemblablement le temps d’examiner dans la sérénité les « observations » formulées, les « frustrations » exprimées et les « dysfonctionnements » relevés dans la marche de l’Alliance de la majorité présidentielle, également par de hauts cadres du PPRD à l’occasion de la séance d’échange de vœux des membres du parti.
Le Chef de l’Etat ayant déclaré qu’il n’y a eu « ni vainqueur ni vaincu », ce serait lui rendre la tâche facile, si tout le monde gardait silence pour lui laisser la sérénité qu’exige une réflexion approfondie sur les voies de sortie durable de la crise. Et ce, en vue de restaurer la confiance et la cohésion au sein de la majorité.
Les spécialistes de gestion des conflits ont coutume de dire que « les crises ne sont pas en soi mauvaises, mais c’est la manière de les régler qui peut être bonne ou mauvaise ». Car, estiment-ils, « toute organisation vivante a besoin de crise pour se remettre en question, se regarder dans un miroir pour déceler ce qui marche ou ne marche pas, et se donner un nouveau départ en corrigeant les défaillances et en renforçant les opportunités ».
Et si la majorité au pouvoir ne retenait ne fut-ce que cela de la crise suscitée par l’existence éphémère du CLP, ce serait déjà une grande leçon à une année des élections générales projetées en 2011.
Construire un « Congo nouveau »
Du 17 au 30 mai 2011, voire au début de ce mois de juin, le Centre Libéral et Patriotique (CLP), ses leaders (Olivier Kamitatu, Mbusa Nyamwisi, Bahati Lukwebo et José Endundo) et ses co-fondateurs au cœur de l’AMP (RCD-KML, PDC, SOCICO, notamment) ont occupé le devant de la scène politique et médiatique congolaise. Beaucoup d’encre a coulé.
Certains ont même comparé leur « courage » de dénoncer les dysfonctionnements au sein de la Majorité présidentielle et de la coalition AMP-PALU-UDEMO à celui des « 13 parlementaires » sous le régime Mobutu.
Pour mettre fin à ce que d’autres ont qualifié de « rébellion », le Chef de l’Etat s’est personnellement impliqué dans la résolution de la crise, en organisant trois jours de suite des rencontres avec le comité politique de l’AMP, les présidents des groupes parlementaires et l’ensemble des parlementaires de la majorité.
Ensemble, les leaders du CLP lui ont remis leur proposition pour sortir de la crise tel qu’il le leur avait demandé lors de la rencontre de Kingakati. En fait le C.L.P. n’a fait que dire tout haut ce que plusieurs membres de la Majorité pensent tout bas, même au sein du PPRD.
A une année des élections de 2011, les parlementaires et les acteurs politiques de la Majorité ne peuvent qu’être inquiets au regard du grand nombre de promesses non tenues qui ont été formulées durant la campagne électorale de 2006.
« Alors que les moyens manquent pour réhabiliter les routes de dessertes agricoles, approvisionner les populations en eau potable et en électricité, desservir les hôpitaux et les écoles en médicaments et fournitures scolaires, un petit noyau de dirigeants continue à s’enrichir de manière illicite, par d’importantes acquisitions immobilières, de bateaux, d’avions et de véhicules terrestres », constatent des observateurs avisés.
Face à cet état des choses, le Président Joseph Kabila a, dans son message à la nation de décembre 2009, réaffirmé sa détermination de reconstruire la RDC « contre l’avis de certains experts, plus spécialistes en gestion de la misère qu’en création du bonheur » du peuple congolais.
« Nous nous entêtons à construire un Congo différent de celui dont nous avons hérité, un Congo en phase avec le monde, avec ses potentialités et avec les aspirations de ses enfants », a-t-il affirmé.
Le Président Joseph Kabila a donc cerné la problématique de la reconstruction d’un Congo nouveau, avec le concours de l’ensemble de sa Majorité et la participation de tout le monde à une année de l’élection présidentielle de 2011.
« L’œuvre de reconstruction d’un pays grand et divers comme le nôtre, avec l’histoire qui est la sienne, n’est pas facile. En l’espèce, il s’agit à la fois de pacifier le pays, d’y déployer l’autorité de l’Etat, de moderniser ses moyens de défense, d’assurer le fonctionnement optimal des institutions nouvellement créées, de parfaire le processus de décentralisation, de redresser l’économie, d’améliorer les conditions sociales des populations, de protéger le patrimoine national culturel et écologique, d’agir pour retrouver sa place dans le concert des nations, de redonner l’espoir et la fierté d’être Congolais à la jeunesse », a-t-il déclaré.
Angelo Mobateli/Le Potentiel
(PY/Yes)