Les décrets signés par le Premier ministre seraient le point de départ des dérapages enregistrés dans le cadre de la réforme.
Ne faudrait-il pas procéder par une évaluation objective du chemin parcouru par la transformation, avant d’entrevoir une incursion dans les entreprises d’économie mixte ?
Les objectifs nobles de la réforme des entreprises publiques contenus dans les 4 lois promulguées par le président de la République doivent faire l’objet d’une évaluation. Les décrets signés par le Premier ministre seraient le point de départ des dérapages enregistrés dans le cadre de la réforme.
Il est vrai que la nécessité d’une réforme des entreprises publiques devrait conduire à une plus grande compétitivité de ces dernières.
Le maintien en bon état de l’outil de production et d’exploitation devenait aussi un indice de performance. Dans un environnement caractérisé par la crise financière internationale aiguë, le désengagement de l’Etat semblait conduire à un abandon total par l’Etat de sa mainmise sur ces moyens de production des ressources financières pour l’Etat.
Par la volonté de l’Etat propriétaire, ces entreprises publiques brillent par une absence de stratégie cohérente de réalisation des performances.
Lorsqu’elles en produisent, une main invisible pousse l’Etat à la vente de ses parts au sein de ces entreprises, dans une opacité et précipitation suspectes. C’est ainsi que de 29 millions USD réalisés, l’encadrement apporté par la ministre du Portefeuille a permis de dépasser le plafond de 100 millions USD. Plutôt que de poursuivre sur cette lancée, «les canards boiteux» ainsi en voie de reprendre de l’embonpoint sont candidats à un dépeçage en règle au profit des intérêts de la finance internationale en difficulté.
Qu’à cela ne tienne, devra-t-on envisager de passer à la vitesse supérieure sans au préalable dresser le bilan de ce qui avait été mené jusque-là ? A voir de près le bilan de la gestion de la stabilisation pilotée par Progosa, il est temps que tout le monde revienne à la raison. Sans remettre totalement en question le processus, les principes prudentiels de gestion exigent de rendre régulièrement compte. Progosa n’est qu’un arbre qui cache un processus piloté dans la précipitation.
Sans résultat certifié et accepté par tous, suivant des critères quantitatifs et qualitatifs objectifs, nul ne peut prétendre accorder un satisfecit à Progosa. Ce qui est vrai pour l’Onatra, l’est aussi pour les autres sociétés d’Etat en transformation. Le cas RVA, faisant jusque-là l’exception qui confirme la règle. Et même là, il y a des rectifications à entrevoir.
Nouvelles cibles
Alors que le débat sur la désignation des mandataires à travers le concours organisé par le Copirep n’est pas encore terminé, il est fait état de la volonté de la tutelle d’opérer des changements au sein des sociétés d’économie mixte.
Cela pouvait passer sans encombre, si l’expérience en cours avait donné les résultats satisfaisants. Jusque-là, les mandataires proposés par l’actuelle ministre du Portefeuille n’ont pu présenter des bilans à la fin de l’exercice !
Dans les entreprises d’économie mixte où la gestion semble répondre aux critères de bonne gouvernance, une volonté de semer la zizanie monte, de plus en plus, en surface. Heureusement que la hiérarchie gouvernementale n’est pas encore tombée sous les charmes de cette entreprise aux objectifs inavouables.
Si l’objectif poursuivi est de servir des copains, «Ôtes-toi de là que je m’y mette», plutôt que de promouvoir l’efficacité et la compétitivité, il faut dire que la réforme est en train de tomber dans une dérive.
Tant que des chiffres tels qu’aligner sur les dividendes versés par les entreprises publiques ne seraient pas visibles, il ne sert à rien de passer à l’étape supérieure. Vouloir toucher à tout, ici et maintenant, et dans la précipitation, provoque la suspicion légitime des observateurs.
Il va de soi, que les sociétés comme la Miba, a démontré avec le comité actuel que des résultats peuvent être obtenus, même sans moyen. A plus forte raison les autres sociétés d’économie mixte dont la gestion ne provoque pas d’insomnie pour le gouvernement ?
Bienvenu Marie Bakumanya/Le Potentiel
(TH/DDM/CL/PKF)