Au lieu de prendre des mesures sur tous ce qui est denrée alimentaire pour l’hygiène de la population et la santé de cette dernière, l’autorité urbaine ne fait que se baser sur le sachet d’eau pure, or ! Il y a un grand problème des commerçants qui posent leurs marchandises à même le sol et l’autorité ne réagit pas.
Les consommateurs des denrées alimentaires ne cessent d’effectuer plusieurs sorties durant des semaines pour survivre. Mais dans des marchés et wenze de la capitale, des observateurs notent avec amertume un manque de respect des règles d’hygiène notamment dans le stockage et l’emballage des produits périssables qui ont été (et restent toujours) au centre des préoccupations des personnes sensibles.
La mesure impopulaire de « l’ôter des vies » de Kinshasa interdisant la production et la vente « d’eau pure » sur toute l’étendue de la capitale a crispé plus d’une personne, proteste un cireur ambulant rencontré dans la ville.
La mesure est plus qu’un défi, lance un vendeur de friperies du Marché central de Kinshasa qui a eu du mal à étancher sa soif en tenant ses 100 francs dans sa main gauche, quelques minutes après un dîner pris dans un pavillon. Pris de malaise, le commerçant indique que la décision, soit-elle d’autorité, portée à l’assainissement de la ville sous le prétexte que la capitale est polluée par des sachets utilisés, entre autres, par les usines d’eau pure, est encore loin de résoudre ce problème. Dans la mesure où l’utilisation de pots en plastique à la place des sachets conduit au déversement de nouveaux types de déchets sur le sol de Kinshasa. Ces déchets d’emballages de conserve d’eau viennent en plus joncher les lieux publics, dans les arrêts de bus et partout sur les lieux de concentration de la population.
Or, en rappel, la porte-parole de la ville avait rapporté à l’issue d’une rencontre du jeudi 20 mai, avec les fabricants d’eau pure « qu’à partir du 1er juin, plus d’eau en sachet en circulation. Cette mesure n’a pas été prise hier ou avant-hier, mais plutôt depuis avril 2009. Nous encourageons qu’ils aillent même à des demi mesures en forme de bouteilles ou en forme de pots ». Et d’ajouter que cette mesure est destinée à préserver la santé des Kinois, l’environnement et l’urbanisme.
Il ressort d’une étude que la ville de Kinshasa compte 10 millions d’habitants sur une surface de 10000 km2. Et la production de déchets s’élève à 5.000 tonnes par jour. Les plastiques représentent 20% des déchets, tandis que 70% sont des déchets biodégradables et 10% sont constitués des déchets métalliques. Selon certaines sensibilités, l’autorité urbaine aurait mieux fait de multiplier les campagnes de sensibilisation et de conscientisation sur la part qu’à chaque citoyen, parmi les 10 millions d’âmes ou d’administrés, de se sentir responsable dans le cadre de l’assainissement de son milieu ambiant.
Fort heureusement pour la mairie, la mesure coïncide avec les grandes fraîcheurs de la saison sèche où la pression exercée sur les produits alimentaires sera telle que de nombreux commerçants talonnés par la demande ne prendront pas la peine de respecter certaines règles de base concernant les produits fragiles telle que la viande.
Malheureusement, les marchés de la capitale qui sont fréquentés par tous, restent curieusement hors d’atteinte des différentes opérations de contrôle, sinon comment expliquer que les poissons soient entassés à même le sol sur des flaques
d’eau noirâtres, nauséabondes. Certains revendeurs posent même leurs cageots sur les caniveaux. Et le comble, c’est que les acheteurs se bousculent pour acheter les aliments à des prix prohibitifs, sans que cela ne fasse l’objet de mesure de la ville.
Aussi, le recours aux produits congelés devient la règle. Et c’est à ce niveau que le risque s’agrandit. Une viande congelée mais mise en vitrine non réfrigérée, des cartons de poissons congelés ouverts chaque 30 secondes (quand ce n’est pas une coupure de courant qui rompt dangereusement la chaîne de froid) sont un spectacle devenu banal dans les marchés. Même le tas de viande hachée sur lequel trône des mouches n’offusque pas l’Hôtel de ville. II n’y a pas que l’hygiène qui pose problème pour les ménages, les prix aussi. Certes, la flambée des premiers jours a laissé place à une stabilité des prix, mais à un niveau élevé, hors de portée des bourses.
Le Palmarès
(DDm/GM/PKF)