Le procureur général de la République n’a pas éventré le boa hier. Il a paru réservé au cours de sa conférence de presse sur tout ce qui entoure le meurtre de Floribert Chebeya. Il n’a pas pu dire davantage sur ce meurtre en raison de réserve à laquelle sont généralement astreints les magistrats pendant que l’instruction se poursuit.

Il s’est limité à confirmer l’arrestation et l’interpellation de certains officiers de la police nationale congolaise avant de refuser de favoriser ce qu’il qualifie de « commérage déraisonnable » ou de « colportage inouï ».

Il s’est résolu de répondre à certaines questions de l’opinion : qui a tué Floribert Chebeya ? Qui sont les officiers de la police qui ont fait l’objet d’interpellation et d’arrestation ? Sous réserve du secret d’enquête en cours, le PGR s’est dit déterminé à découvrir les auteurs de cet acte ignoble à l’issue de son enquête. Mais il n’a pas voulu révéler d’autres détails qui risquent de compromettre son instruction : « L’Inspecteur général de la police nationale congolaise a été suspendu de ses fonctions à titre préventif, c’est sur le plan administratif tout simplement, il n’est pas en résidence surveillée. Etre en infraction, c’est-à-dire quoi ? Il a été suspendu parce que c’est lui le chef de la police qui doit assurer la sécurité ».

A la question de savoir si certains officiers de la police sont passés aux aveux, le PGR répond : « ils seraient passer aux aveux où ? Cela n’engage que des radios qui diffusent ça. Dans le cadre de ces enquêtes judiciaires, il n’est pas exclu que vous appreniez que tel officier de la police nationale a été interpellé. Nous sommes au stade de récolte des données. Nous sommes en train de réunir tous les éléments susceptibles de nous permettre d’identifier les auteurs de cet acte criminel. »

Selon le PGR Numbi, l’enquête menée par le PGR et celle de la police restent la même. Les inspecteurs de la police judiciaire constituent le bras, l’œil et l’oreille du parquet dans ce qui est arrivé à Chebeya, a-t-il expliqué. Les explications du PGR par rapport à l’assassinat de Chebeya constituaient l’un de trois questions majeures étaient au centre de son adresse. Il a eu à cet effet à évoquer avec la presse : la motion de censure contre le Premier ministre, l’arrestation du député Martin Mukonkole et la mort de Floribert Chebeya.

De la motion contre Muzito

En ce qui concerne la motion de censure contre le Premier ministre, le PGR a commencé par rappeler qu’il était impérieux de prendre en compte le principe de séparation du pouvoir tel que consacré par la Constitution.

Le public est parfois sidéré lorsqu’il découvre par la voie de presse une lettre de Procureur Général de la République, lettre adressée à l’honorable président de l’Assemblée nationale lui demandant la transmission de l’original d’un quelconque document faux, alors qu’en même temps est fustigé le silence de ce même Procureur Général de la République.

En fait pour Kabange Numbi, il n’est pas question de dévoiler les enquêtes avant la saisine des juridictions de jugement. Néanmoins, il a déclaré que la question orale et la motion de censure contre le Premier Ministre ont généré à son office trois dossiers judiciaires. Comme il l’a affirmé, aucun magistrat du Parquet ne se passerait d’ouvrir une information face à des révélations aussi accablantes qu’angoissantes... révélations faites par le député national auteur de la question orale.

Ne pas ouvrir une information dans un pareil cas, a-t-il indiqué, l’exposait certainement à une prise à partie pour déni de justice. Concernant le cas du Député national Martin Mukonkole, et de ses co-prévenus, il a soutenu qu’ils sont poursuivis depuis le mardi 25 mai dernier devant la Cour Suprême de Justice. Selon le Procureur général de la République, les faits reprochés à la bande Mukonkole se résument en association des malfaiteurs vol à l’aide de violence, recel d’objet, faux et usage de faux...

Il a, en outre, précisé que le cas Mukonkole devait être bien apprécié, car, si la Cour Suprême de Justice, dans son avant dire droit de surséance a ordonné que le précité soit placé en résidence surveillée, il n’était pas indiqué que cette résidence surveillée se confonde à son domicile.

Voilà pourquoi, a-t-il expliqué, il n’a eu des choix que de le placer au CPRK. Depuis hier, comme l’a déclaré le PGR à la presse, une résidence a été mise à sa disposition. Et le prévenu Mukonkole y a été placé dès le matin.

Le Palmarès


(DN/PKF/Yes)