Buvant le calice de la désillusion et du désarroi jusqu’à la lie, l’ancien de Wenge MMM, des Marquis de Maison Mère et du Quartier Latin, a regagné le pays avec un groupe amputé de plus de trois quarts de ses membres qui l’ont fui à Paris.
Après son concert du 15 mai dernier au Zénith de Paris annoncé à grand renfort de publicité mais, qui a finalement été un cuisant échec, le chanteur Ferre Gola a regagné Kinshasa, mardi dernier, la queue entre les pattes.
Buvant le calice de la désillusion et du désarroi jusqu’à la lie, l’ancien de Wenge MMM, des Marquis de Maison Mère et du Quartier Latin International, a regagné le pays avec un groupe amputé de plus de trois quarts de ses membres qui l’ont fui à Paris.
On note au passage la défection du guitariste Giscard Basse, du claviériste Michel, du chanteur 2ème voix Patou, du chanteur Jus d’Orange, de l’animateur Ngouanzou et d’un danseur originaire du Congo-Brazzaville.
Les quatre danseuses qui s’étaient elles aussi envolées dans la capitale française, n’ont pas eu de chance. Elles ont été rattrapées par la police avant d’être refoulées vers Kinshasa.
De sources proches des fugitifs, ii ressort que leur patron ne les avait pas bien rétribués. Le paiement, du reste, ne s’est effectué qu’à bord de l’avion qui ramenait certains de leurs collègues au pays.
Le Zénith et puis, plus rien
Il est de tradition pour les orchestres congolais se produisant dans les salles mythiques en Europe qu’une tournée des capitales européennes s’ensuive. - Il n’en a pas été le cas avec Ferre Gola.
Explication les organisateurs du concert de « Chair de Poule » au Zénith de Paris ne sont pas rentrés dans leurs frais. Pas question, dans ces conditions, d’exécuter la suite du programme avec la tournée dans les capitales européennes.
Toute honte bue, Ferre Gola n’a eu d’autre choix que de rentrer au pays. Pour raser les murs à Kinshasa et s’enfermer au studio Ndiaye.
Prétexte, l’enregistrement d’une œuvre dédiée au Cinquantenaire de la Rdc. Un aveu d’échec et des ravages moraux subis par Shetani à la suite de sa déconvenue sur la scène du Zénith de Paris.
Traitresse inexpérience
Face à la déculottée essuyée par Ferre Gola au Zénith de Paris, il y a lieu de relever l’inexpérience et la naïveté de ce chanteur qui, en fait d’organisateurs de sa méga-production, a eu à faire à de véritables « aventuriers ». A noter qu’à la soirée prétendument réservée à Ferre, le chanteur a buté sur un groupe tunisien qui a occupé la salle jusqu’à 3 heures du matin.
Et n’eut été la « gentillesse » de ces Maghrébins, le concert de « Chair de Poule » n’aurait pu avoir lieu. Comme par pitié, les Tunisiens ont donc laissé une portion congrue du temps à Shetani, qui n’a pu se produire que pendant deux heures au total. Signalons qu’en plein désarroi, Ferre n’avait arrêté d’appeler ses producteurs tout au long de la soirée espérant pouvoir débuter son concert vers minuit.
Une prestation improvisée
C’est un Ferre Gola au moral sous le talon qui est finalement monte sur la scène du Zénith quelques minutes après 3 heures du matin. Dans ce chaos psychologique, le chanteur s’est improvise danseur, sacrifiant ses belles rumbas qui l’ont consacré comme un chanteur de charme. En vain. Il n’en a pu sauver sa soirée, laquelle s’est déroulée dans une salle à moitié vide. Une vraie débâcle.
Comparaison n’est pas raison...
De l’avis de tous les observateurs avertis, le tort de Ferre Gala est assurément de vouloir être et faire comme Fally Ipupa. En réalité, Dicap « La Merveille » a sur « Shetani » l’avantage d’avoir la tête plus froide, d’être arrimé à un chronogramme et, surtout, d’être très bien encadré.
Pour preuve, Fally a réalisé une véritable percée en Amérique et en Europe dans le domaine du show-biz.
Grace à son manager et à son producteur il est aujourd’hui accepté dans une grande maison de disque en Europe. Après avoir été reçu aux Grammy Awards à Los Angeles cette année, Fally Ipupa devrait récidiver l’année prochaine. Et l’écart avec « Jésus des Nuances » qui, manifestement dans ces sphères-là, n’a pas encore ses dents de lait, de se creuser.
Les autres torts de Ferre sont assurément, en plus de travailler avec des amateurs dans son bureau, d’être orgueilleux, de vouloir gravir trop vite les échelons. Son narcissisme fait croire au jeune chanteur qu’il est Mozart même revenu à la vie.
Or, avant lui, les Werrason et autres JB Mpiana ont compris l’intérêt qu’ils ont d’être respectueux des aînés et des journalistes. Parce qu’il ne l’a pas compris, Shetani a sûrement encore bien des désillusions qui l’attendent dans sa carrière.
Car, même le Ciel se charge de confondre ceux qui, comme « Jésus des Nuances », ont les yeux plus gros que le ventre. Zénith de Paris a été un Waterloo pour l’auteur de « Qui est derrière toi ? », d’autres Waterloo pourront suivre. Pour conjurer le mauvais sort, Hervé Gola, qui est plein de talent et d’avenir - il faut le reconnaître- , doit se de partir de son narcissisme et comprendre que tout vient à point à qui sait attendre.
K.N/Visa
(TH/BT/PKF)