Le parti de l’opposition radicale UDPS paraît dérouté dans son réveil tardif de conquête désespérée du pouvoir dans la perspectives des élections générales de 2011 ; en atteste le forcing qu’applique son leader E. Tshisekedi depuis sa longue retraite en Europe sans plus savoir ménager les fidèles de son entourage au pays
Le sphinx de Limete, qui prépare son retour au pays, reste le seul présidentiable du parti UDPS aux élections de 2011, malgré son état de santé, a confié une source très au fait dans les milieux udépésiens précisant que même sur une chaise roulante, Tshisekedi est capable de conduire le pays à bon port
L’Union pour la démocratie et le progrès social -UDPS-, le parti d’un des derniers des Mohicans RD-congolais, Etienne Tshisekedi wa Mutumba, serait devenu depuis le départ du maréchal Mobutu du pouvoir dans l’ex-Zaïre, la cour du Roi Pétaud. Son fonctionnement est caractérisé par un désordre indescriptible avec ses deux tendances qui s’affrontent, l’un incarnée par le secrétaire général, Alexis Mutanda, et l’autre par François Xavier Belchika. Celui-ci avait organisé l’année dernière un congrès source de controverse.
Depuis, des voix se sont levées pour plaider en faveur de la restauration de l’unité au sein du parti, Tshisekedi ayant décidé d’organiser le vrai congrès, le premier du genre que le parti connaîtra depuis son existence il y a 28 ans. Ces assises se veulent un moment de réconciliation et de réunification.
C’est dans cette optique que Rémy Masamba ma Kiese avait été responsabilisé par le président national pour conduire les travaux préparatoires du congrès. Pendant 60 jours, la commission Masamba a procédé à la révisitation de différents textes régissant l’UDPS. Au deuxième jour du mois de juin 2010, l’ex-secrétaire général du parti a dévoilé les résultats du travail abattu par sa commission. Statuts, règlement du parti, charte de la solidarité « avec le peuple et les forces sociales ainsi que de renouveau en RD-Congo » en plus du règlement intérieur du congrès passé au peigne fin en vue de la refondation de l’UDPS, toutes des considérations présentés par la suite aux cadres de l’UDPS.
Tshisekedi au pouvoir, même sur une chaise roulante !
C’est à ce moment précis qu’un jeune turc de l’UDPS, Jacques Matanda Mamboyo Kudia Kubanza, choisit pour porter un coup de force pour, selon lui, sauver l’UDPS de la noyade. Matanda s’est, depuis les Etats-Unis, où il a élu domicile depuis plusieurs années, autoproclamé président national de l’UDPS. Pour les fidèles de Tshisekedi, c’est un coup d’épée dans l’eau. « Le sphinx de Limeté, qui prépare son retour au pays, reste le seul présidentiable de l’UDPS aux éléctions de 2011, malgré son état de santé, a confié une source très au fait dans les milieux udépésiens. Pour ses fidèles, même sur une chaise roulante, Tshisekedi est capable de conduire le pays à bon port.
Tshikas pourra-t-il rebondir et diriger la RD-Congo sur une chaise roulante ? Ses partisans demeurent convaincus que même fatigué, Etienne Tshisekedi wa Mulumba pourra réaliser son rêve de se porter aux commandes du pays le plus peuplé de l’Afrique centrale.
Les Français De Gaulle, Georges Pompidou. François Mitterrand et Jacques Chirac, victimes d’accident vasculaire, le Syrien Hafez El-Assad, l’Américain Ronald Reagan déjà atteint par la maladie d’Alzheimer et opéré, de nombreux dirigeants de l’ex-URSS et russes, hormis Mikhaïl Gorbatchev, les Chinois Mao Zedong et Deng Xiaoping, le Portugais Antonio Salazar avec ses deux ans de coma, le Yougoslave Tito, quatre mois de supplice, les Youri Andropov et K. Tchernenko en Union soviétique, Houari Boumediene en Algérie, le Philippin Ferdinand Marcos... ont fait des émules. Le « lider maximo » de l’UDPS, quant à lui, veut être de ceux-là qui, même au crépuscule de leur vie, conduisent sans désemparer les affaires de son pays.
Difficile alternance !
Un chef d’Etat malade n’est pas donc un malade ordinaire. Pierre Accoce reprend, dans son brulot publié le 23 juillet 1998 dans le prestigieux journal Le Monde les avis de certains politiciens français dont Gaston Defferre en 1973, Valéry Giscard d’Estaing et Michel Debré en 1996 selon lesquels « un chef d’Etat déclinant n’est pas un malade comme les autres. A cause de ses responsabilités, sa maladie ne peut être seulement une affaire privée, elle engage aussi le destin de la Nation ». Mais, nul n’ignore que la maladie d’un chef de l’Etat est souvent classée secret d’Etat au même titre que le fameux secret-défense. Le cas de Tshisekedi diffère. Le leader de l’UDPS, contrairement à tous ces dirigeants politiques à travers le monde, n’a pas encore conquis le pouvoir.
Les analystes de l’évolution de la situation politique en RD-Congo ont du mal à parier sur l’éventualité pour Tshisekedi d’accéder à la haute fonction de l’Etat au regard de la cartographie actuelle. La première difficulté qui se présente à l’UDPS réside dans la reconquête de sa base disséminée à l’intérieur du pays. Jusque 1997, avant la fuite de Mobutu, l’UDPS constituait une véritable alternative au pouvoir dictatorial en place.
Depuis cette année-là de la chute de Mobutu, la direction du parti, multipliant des erreurs stratégiques, a fini par dilapider tout son crédit. Son manque de flexibilité collé à la peau depuis l’époque Mobutu l’a condamnée en marge du jeu politique.
A peine le régime AFDL au pouvoir s’était installé, des contradictions ont vu le jour entre le nouveau régime et l’opposition traditionnelle incarnée par l’UDPS, au point de pousser Laurent Désiré Kabila à reléguer Tshisekedi dans son village natal de Mupompa, à Kabeya Kamwanga, province du Kasaï Oriental.
Les mêmes causes produisant les mêmes effets. Tshisekedi a-t-il eu raison de monter au créneau contre la montée en puissance de l’aile rwandophone dans l’entourage de Kabila ? Certains analystes tendent à lui donner raison après l’assassinat de l’ancien président.
Qu’à cela ne tienne, Tshisekedi est loin de jouer le rôle qu’on attendait de lui. D’aucuns ironisent que sa mission se limite à affaiblir les pouvoirs successifs par la contestation, le leader de l’UDPS ne disposant pas d’aptitudes pour diriger un pays.
On l’attendait encore à Sun City, Tshisekedi a brillé par sa contestation de toute la démarche et l’architecture institutionnelle mise en place à l’issue du Dialogue inter congolais, avant d’appeler ses militants à laisser les institutions issues des pourparlers de paix conduire le processus électoral à bon port. Il est encore le premier à le boycotter par la multiplication de ses désormais chroniques subterfuges.
Tshisekedi tombera visiblement malade sans plus pouvoir maquiller sa malaise au point d’être contraint d’aller se faire soigner d’abord en Afrique du Sud puis en Belgique où il fut évacué pour des soins appropriés. Sa convalescence a pris plus de deux ans pendant que le désordre au sein du parti est devenu le lot quotidien de ceux qui préparent déjà la succession.
Les moyens feront défaut
Lorsque ses fidèles annoncent son retour, les avertis rient sous cape, car des sources indiquent que le président national de l’UDPS n’a plus toutes ses facultés. Plusieurs décisions lui attribuées sont des montages des officines en mal de positionnement au sein de l’UDPS. Certains iraient jusqu’à imiter sa voix pour avoir l’adhésion des inconditionnels. Son épouse Marthe Kasalu Tshisekedi filtrerait toutes les visites. Elle se serait donné le devoir de connaitre la raison de l’audience avant de donner le feu vert.
Ainsi des visites pour les mobiles politiques ne sont guère autorisées par celle qui a accompagné l’indéniable grand homme politique congolais pendant près de trente ans dans son combat pour l’établissement d’un Etat de droit en RD-Congo. Mais le plus sérieux problème de l’UDPS est celui du crucial déficit de moyens.
Il est un secret de polichinelle que lorsque l’initiative du congrès est lancée pour la première fois, l’UDPS a eu du mal à réunir l’argent nécessaire pour conduire les assises. A la différence du PALU de Gizenga dont les militants continuent à cotiser même après l’accession du parti au pouvoir, l’UDPS semble essoufflée.
Face au PPRD, PALU, autres alliés de la Majorité, et le MLC qui en plus a beaucoup pioché dans les réserves de I’UDPS, le parti de Tshisekedi aura de la peine à battre campagne parce que ne disposant pas de moyens financiers conséquents.
Si l’UDPS a contribué a l’établissement d’un Etat des droits grâce à sa longue lutte de près de 30 ans, elle aura du mal à faire aboutir son combat par l’accession au pouvoir à l’issue du processus électoral projeté en 2011.
Son réveil est tardif et difficile à assumer à cause de la dispersion des efforts observée dans le chef des animateurs des ailes rivales qui ne semblent pas prêtes à s’entendre. Difficile ainsi, il faut en convenir, de voir Tshisekedi rebondir et diriger la RD-Congo même sur une chaise roulante.
Alain Nkoy Nsasies/AfricaNews
(DN/Milor/Yes)