Selon certaines analyses, à Kinshasa, les jeunes gens et jeunes filles confondent l’amour et la sexualité, dans le but d’approfondir leur curiosité, poussent ces derniers à des multiples risques de la vie sociale en voulant trop savoir les jeunes filles tombent toujours enceinte.
Toutes jeunes filles à l’âge de la puberté tombent enceintes dans la ville de Kinshasa contre leur gré. Des personnes sensibles à cette situation ont enregistré plusieurs cas de figure dans les communes de Kinshasa, Barumbu et Lingwala où de jeunes filles de 15 à 17 ans ont été rendues mères a ragé de 14 ans. Qu’a cela ne tienne, des cas similaires sont également courants dans toutes les communes de la capitale, surtout celles à forte densité de la population.
Selon des analystes, tomber enceinte avant vingt ans, c’est contre nature, au plan physiologique, affectif, social et culturel. Parce que l’adolescente est immature, passive et incapable de dire non, elle confond excitation et tendresse. Concevoir un enfant et l’attendre requiert un travail psychologique très important et une mobilisation émotionnelle forte.
Quant aux modifications biologiques et psychiques, elles se traduisent sur le plan conscient par le désir d’avoir cet enfant. Or, pour toutes celles qui tombent enceintes avant l’age de vingt ans et dans une relation hors mariage, la grossesse se passe autrement. Ce sont plutôt le déni, l’évitement, la honte, la culpabilité, l’anxiété et la dépression qui s’emparent de la « gamine ». Ce sont ces idées essentielles que des analystes essayent de concevoir pour sonner l’alerte. Il est vrai que, en d’autres temps et pour les non avertis, la grossesse au moment de l’adolescence était normale. Et, ces derniers temps, elle est presque toujours synonyme de célibat.
Car, avec les temps qui courent, la tendance est à prolonger l’adolescence et à retarder le mariage. Emancipation, coût excessif de la vie et indépendance obligent, l’on se marie de plus en plus tard. Depuis les années quatre-vingt, ces grossesses connaissent une ascension au point de devenir non pas un problème de société, mais un problème dans la société, quand bien même que les décideurs du secteur n’en font pas leur préoccupation.
A Kinshasa, la situation ressemble plus à ce qui se passe en Occident. Ce qui suppose une sexualité plus précoce, qui expose ces adolescents à de multiples risques. Il importe d’indiquer que ces jeunes filles « prennent pour de l’amour ce qui relève de la convoitise sexuelle de l’homme ».
Immatures, passives et dans l’incapacité de dire non, elles confondent excitation sexuelle avec tendresse. Surtout que, de manière particulière pour la ville de Kinshasa, du fait d’une pauvreté aigue et très ressentie par ces jeunes enfants enceintes, elles souffrent dans la majorité des cas d’échec affectif et scolaire, et d’enfance chaotique. Elles constituent forcément une proie facile et certains font l’objet même d’abus sexuels divers, y compris l’inceste et le viol.
Dans les différents cas de grossesse non désirée, la consultation se fait de manière tardive, durant le deuxième trimestre. Etant adolescentes et mineures dans le quart des situations, elles sont des domestiques a demeures et des ouvrières non qualifiées. Généralement, l’image du père est altérée. Pendant le vécu de la grossesse, le rêve s’évapore et s’installe alors l’obsession de retrouver un ventre plat et d’en finir avec ce cauchemar.
Mais, dans les cas où la famille apprend la catastrophe », illico presto des essais d’interruption volontaire de grossesse (IVG), poursuite en justice du géniteur, dissimulation ou rejet. Et là, les jeunes filles en question sont totalement soumises aux décisions familiales.
A priori, la maternité chez une adolescente n’est pas en soi porteuse de plus grands risques que celle d’une femme adulte. Néanmoins, l’enfant est exposé à une plus grande morbidité physique, plus de fragilité, plus de mortalité infantile et plus important risque de naissance prématurée. Ces enfants sont susceptibles de manifester par la suite un attachement anxieux et des difficultés de séparation.
Une fois l’enfant né, pourquoi pas les déculpabiliser par rapport à l’adoption. Mais c’est toujours insuffisant. Car il s’impose aujourd’hui de mieux cibler cette gent sensible et vulnérable où qu’elle soit. Du moment que les moeurs ont évolué, il est incontournable de faciliter l’accès aux moyens contraceptifs et surtout d’expliquer leur usage. Car le recours aux IVG ne peut aucunement constituer une contraception: Ils n’en sont pas une d’autant que les risques et les répercussions qui peuvent s’en suivre restent à éviter pour des corps encore en phase de croissance ».
Le Palmarès
(Milor/GM/PKF)