Propulsé à la tête de la DGI, Dieudonné Lokadi place son mandat sous le signe de la maximisation des recettes. Pendant ce temps, Jean Elongo conserve son fauteuil à la DGRAD, et Deo Rugwiza à l’ex-Ofida.
Un vent nouveau souffle dans les régies financières. A la Direction générale des Impôts (DGI), à la Direction générale des recettes administratives, domaniales et de participation (DGRAD), tout comme à la Direction générale des Douanes et accises (DGDA), des têtes sont tombées au terme de nouvelles mises en place opérées en début de semaine par le chef de l’Etat. Si les plus chançards n’ont pas été bousculés, leurs collaborateurs d’antan ont chuté de leur piédestal.
Fini l’intérim à la DGI. Le nouveau Directeur général des Impôts. Dieudonné Lokadi Moga a pris officiellement ses fonctions hier mardi dans l’après-midi. Pour ses proches, l’euphorie était au comble lors de la traditionnelle cérémonie de remise et reprise. A l’affiche, le nouveau patron de l’administration fiscale a tenu à rassurer l’opinion: « Le temps est venu pour pouvoir relever les défis. Nous devons tous travailler pour la maximisation des recettes, ainsi que pour l’amélioration des services et du climat des affaires.
Se voulant optimiste et rassurant, ce désormais ancien directeur de cabinet adjoint du ministre des Finances place son mandat sous le signe de la maximisation des recettes. Et pour atteindre cet objectif, il tient à travailler avec le concours de tous les agents de la DGI pour mieux renflouer le trésor public. Il invite donc le personnel à apporter chacun sa pierre à l’édification de l’administration fiscale. Cet objectif noble ne pourra toutefois pas être atteint sil n’y a pas un minimum de discipline, de respect de l’éthique et de la déontologie fiscale, et Si le respect des autres n’est pas de mise, a souligné Dieudonné Lokadi.
En cette période où le ministre des Finances. Matata Ponyo, sous l’impulsion du Premier ministre, a jugé mieux de déclencher le Pacte de doublement des recettes, non pas en instaurant de nouvelles taxes, mais en redoublant d’efforts dans le recouvrement des taxes pour élargir l’assiette fiscale, le nouveau maître de la DGI juge le moment propice pour s’insurger contre le comportement malsain qui règne dans sa régie. « Il n’est donc pas normal que, sur 6000 agents de la DGI, il n’y ait qu’un petit nombre seulement qui travaille », s’est indigné le nouveau Directeur général des Impôts. « Vous devez trouver des ressources nécessaires à mettre à la disposition du gouvernement », a aussitôt relayé le directeur de cabinet du ministre des Finances, tout en encourageant le n°1 de la DGI pour son mandat.
Saisissant la balle au bond, Dieudonné Lokadi a promis à ses agents qu’il va résoudre les différents problèmes en vue. Le nouveau patron de la DCI n’a pas manqué de remercier le chef de l’Etat Joseph Kabila pour la confiance qu’il a placée en lui en vue de maximiser les recettes, conformément au vœu du Gouvernement.
Pour sa part, le Directeur général a.i, Vincent Kabwe, nommé Directeur général adjoint chargé de réformes, s’est déclaré disposé à apporter son soutien à la nouvelle équipe de la DCI, chapeautée par Dieudonné Lokadi qu’il considère comme son frère. « Nous avons un idéal commun qui nous a toujours rapproché celui de placer l’administration fiscale au même diapason que les autres administrations fiscales du monde », a-t-il souligné.
Tsunami aussi à la Dgrad et à la Dgda
Comme à la DGI, à la DGRAD, les employés ont assisté à une autre cérémonie de remise et reprise. Si le titulaire Jean Elongo Ongona est maintenu à la tête de cette régie financière, ses deux adjoints ont cédé leurs fauteuils à Kasereka Pilipili et Freddy Emoni Nzila.
Même mouvement de dirigeants à la DGDA (ex-OFIDA) où le titulaire Déo Rugwiza est maintenu, tandis que son adjoint, Samuel Simene wa Simene, est remplacé par Mwepu, un autre enfant de la maison.
L’on croit savoir que ce réaménagement s’inscrit dans le souci du Chef de l’Etat et du Premier ministre de renforcer les capacités gestationnelles des régies nationales à réaliser le pan du doublement des recettes. Ce réaménagement intervient, en effet, au moment où les trois premiers mois de mise en exécutif du pacte de doublement des recettes ont donné des résultats globalement mitigés. En dehors de la DGRAD, en effet, les autres services d’assiette auraient brillé par certaines lourdeurs.
Yves Kalikat et Mathy Musau/Forum des As
(CL/Ern./GW/Yes)