Un géant coup de balai est annoncé pour le Cinquantenaire de notre pays. Il va particulièrement viser les entreprises publiques, l’Armée, la Police nationale ainsi que les services de renseignement. Le Chef de l’Etat tient à voir ces différents secteurs vitaux de la nation faire peau neuve. Ce n’est pas que tout le monde va indifféremment débarrasser le plancher. Loin s’en faut. On signale ainsi quelques permutations pour les plus méritants. Mais dans l’ensemble, beaucoup se verront remercier. Non pour avoir nécessairement démérité de ma patrie, mais bien parce que le Garant de la Nation veut lancer un Congo bâti sur de nouvelles bases et avec tous les talents qui sont longtemps demeurés en léthargie.

Avec la perspective d’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE, le numéro un congolais veut inscrire le Cinquantenaire dans la perspective de la redynamisation de tous les secteurs de la vie nationale. Il faut un nouveau portefeuille pour faire face au défi du doublement des recettes et de l’expansion du volume de l’enveloppe budgétaire nationale. C’est dans ce contexte qu’il convient d’inscrire la transformation de toutes les entreprises publiques obtenues par arrêté du Premier ministre. Depuis, il est question de procéder à une nouvelle mise en place au sein de ces entreprises. Entendu que les Comités de gestion ou les Conseils d’administration actuels ne font qu’expédier les affaires courantes.

Grande est donc la panique au sein du portefeuille congolais. Le Cinquantenaire oblige d’imposer un nouveau souffle dans le secteur. Selon plusieurs indiscrétions, la plupart des mandataires actuels n’auraient pas assez de chance pour résister au coup de balai qui s’annonce. Au départ, l’on avait assisté à une véritable cacophonie au sein des entreprises du portefeuille. A la faveur des transformations alors en vigueur, une longue série de règlements de comptes fut observée.

Des mandataires investis par décret présidentiel se sont vus un matin déchargés de leurs fonctions sans manière ni procédure. Même les indemnités de fin de service ne furent pas envisagées. Leurs postes étant supprimés dans la nouvelle configuration, les rescapés se sont empressés de les envoyer au cimetière de l’histoire. Il a fallu que le président de la République intervienne, pour que tout soit rentré dans l’ordre. En effet, sur instruction du Chef de l’Etat, le Directeur de Cabinet de l’époque avait suspendu tout mouvement de suppression de poste, jusqu’à la nouvelle mise en place. Il déclarait à l’occasion tous les mandataires publics du pays démissionnaires.

Les yeux et les oreilles

Sur un autre registre, l’Armée, la Police et les Services sont aussi appelés à faire preuve d’un nouveau dynamisme.

Le Cinquantenaire congolais est un enjeu à ce point énorme que tous les secteurs de la vie nationale doivent impérativement changer de visage. Après s’être signalés de manière fort appréciable dans l’imposition de la paix et de la stabilité, l’Armée nationale doit désormais tendre vers un nouvel impératif: bâtir sans délai une capacité indiscutable de dissuasion.

Pour ce faire, les Fardc ont grandement besoin de fins stratèges à même de planifier cette mutation salutaire. Si ceux qui ont eu la lourde charge de conduire les Fardc dans leur première mission ont globalement réussi, il est temps de céder la place à d’autres compétences capables de faire actionner à seconde mission de la grande muette.

Il en va de même pour la Police nationale dans sa noble mission consistant à sécuriser les personnes et leurs biens. Au niveau de ce corps, le décor de la grande mutation est déjà planté.

L’actuel inspecteur général vient de procéder à des mises en place et à des affectations qui seront entérinées le 30 juin prochain. Au même moment, la Commission nationale des grades s’active à doter la Pnc d’une nouvelle fournée de cadres et hauts cadres. C’est à l’occasion du cinquantenaire que les nouveaux grades seront décrétés par le Chef de l’Etat.

A l’Anr et à la Demiap, les choses promettent aussi de bouger sensiblement. Conscient de l’énormité de la taille qui attend le pays après le 30 juin, le Président Kabila n’a pas voulu négliger un seul secteur vital. On laisse entendre que même le  gouvernement, au regard des derniers soubresauts enregistrés à l’Amp, risque de subir une cure de jouvence.

La grande bataille du Congo commence après le 30 juin. Ou le pays va mobiliser toutes les ressources pour bondir définitivement de l’avant, où il va sombrer à jamais dans la complaisance et l’impunité. C’est pour cette raison qu’il lui faut des ministres plus dynamiques une armée, une police et des services plus engagés ainsi qu’un portefeuille régénéré.

Le Palmarès


(DN/TH/GW/Yes)