Le pillage des ressources naturelles de la Rdc continue à susciter des débats. Le dernier en date est celui des organisations de la Société civile, qui exigent que la lumière soit faite.
A ce sujet, elles ont organisé une journée de réflexion le samedi 29 mai 2010. Les autorités judiciaires sont alors appelées à se saisir du dossier.
Des organisations de la Société civile de la Rdc, notamment la Conférence nationale épiscopale du Congo (Cenco), la Nouvelle dynamique syndicale (NDS), Ligue congolaise contre la corruption (Licoco), 11.11.11 ont procédé, le samedi 29 mai 2010, un passage en revue de différents rapports publiés sur les pillage des ressources naturelles en République démocratique du Congo. C’était à l’occasion d’une journée de réflexion organisée en marge des festivités du 50ème anniversaire de l’accession de la RDC à la souveraineté nationale et internationale.
Pour les organisateurs, l’occasion était propice pour que l’opinion tant nationale qu’internationale soit éclairée sur la manière dont les richesses congolaises sont exploitées et gérées. Sur ce, les autorités tant politiques que judiciaires ont été appelées à tout mettre en œuvre, pour que la lumière soit faite au regard des dommages subis par la République démocratique du Congo.
Différents intervenants ont insisté sur le caractère contraignant de la loi. Du rapport de biens mal acquis élaboré par la Conférence nationale souveraine (CNS) au rapport de l’ITIE pour l’exercice 2007, en passant par le rapport des experts des Nations unies sur le pillage des ressources de la RDC ainsi que le rapport sur l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE) pour l’exercice 2007, les orateurs ne cessaient de réclamer réparation. A en croire les organisateurs de cette matinée, il était important, à quelques jours de la commémoration du 50ème anniversaire de l’indépendance de la RDC, de rappeler à l’opinion que les richesses de la RDC constituent un patrimoine national.
Et que personne ne peut s’arroger le droit de les brader. Par conséquent, toute personne impliquée dans la mauvaise gestion de ces ressources doit subir la rigueur de la loi. « Toutes les personnes ou presque, impliquées dans les pillages des ressources naturelles de la RDC sont encore en vie. Nous ne pouvons pas comprendre que la justice demeure silencieuse à ce sujet », a fustigé le coordonnateur de la Nouvelle dynamique syndicale, Jean Pierre Muteba.
Evoquant le rapport de l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE) de 2007, le coordonnateur de la NDS s’est dit étonné de constater que le gouvernement ne prend aucune mesure ne soit prise, au regard des écarts constatés entre les chiffres déclarés par les entreprises et ceux avancés par les services de fisc de l’Etat.
Il faut noter que le rapport de l’ITIE-2007 a été publié officiellement en mars 2010, après son adoption par le conseil des ministres du 12 février 2010. Entre les données fournies par les entreprises privées du secteur des mines et des hydrocarbures et les chiffres déclarés par les services de l’Etat, il se dégage des écarts parfois considérables. A titre d’exemple, il se dégage un écart de 12 millions Usd entre la déclaration du MIOC et celle de la DGRAD.
L’entreprise a fourni le chiffre de 114. 897.000 Usd, alors que les régies financières, elles, reconnaissaient avoir perçu 102.124.000 Usd. Pour les rédacteurs du rapport, cet écart est dû principalement à l’insuffisance de déclaration de la taxe de participation de 10 millions Usd ainsi que de la taxe statistique de 2 millions.
Quant à TEIKOKU, les régies financières reconnaissaient avoir perçu, en 2007, 80.420.000 Usd. Alors que l’entreprise déclare avoir payé 71.453.000 Usd. Les 9 millions d’écart entre la déclaration de cette entreprise et celle de la DGRAD, serait dû à l’insuffisance de déclaration de la taxe sur la marge distribuable de 3 millions Usd. Pour rappel, la RDC a adhéré à l’ITIE en 2005. Il a été reconnu comme pays-candidat par le conseil d’administration de l’ITIE le 22 février 2008.
Le Potentiel
(CL/PKF)