Lui reprocherait-on de n’avoir plus été vu depuis plusieurs années sur les planches des salles mythiques françaises ? « Pour l’Olympia, le Zénith de Paris et autres Bercy, je ne suis plus en compétition », a déclaré JB Mpiana dans une interview diffusée le week-end par une chaîne de télévision de la place.

Le leader du groupe Wenge Bcbg qui s’est déjà produit dans ces music halls, estime qu’il n’a plus rien à prouver. « Je ne me remettrai en compétition que quand il sera mis en vedette de nouvelles salles mythiques », promet JB.

A propos des musiciens congolais qui défilent aujourd’hui sur la scène du Zénith de Paris notamment, Bin Adam a eu ces mots : « Ils veulent y jouer simplement par défi.

En réalité, on ne va pas dans ces salles pour livrer des concerts routiniers comme nous le faisons au pays. Il faut un spectacle bien élaboré pour aller jouer là-­bas. Et puis, quelqu’un comme le Grand Maître Franco n’a pas eu à se produire au Zénith de Paris mais, cela n’enlève rien à sa dimension, à sa stature ».

Le Souverain 1er rappelle qu’il est resté cinq ans durant au pays avec son groupe, sans faire des productions en Europe. Cela, note-t-il, n’a pas érodé sa position sur l’échiquier musical congolais.

Concernant la polémique, qui caractérise la vie musicale en Rd Congo, Papa Chéri a réagi en ces termes : « La polémique. je ne suis plus dedans. La place doit être laissée au travail, rien qu’au travail : A l’époque, je répliquais quand je me sentais attaqué ». Mais, cela est passé de saison pour le leader des Anges Adorables, qui explique : « A 42 ans aujourd’hui je ne peux plus me comporter comme il y a 10 ans ».

Quid de l’album « Soyons sérieux » annoncé voici plus d’un an et qui continue de se faire attendre par le public ? Tout en confirmant pour bientôt la sortie de l’opus et évoquant au passage le travail de qualité réalisé.

JB Mpiana a fait observer qu’un artiste ne sort pas de disque sous la pression du public. Il n’y a qu’en RDC où l’on observe ce genre de choses, relève Mukulu, avant de s’interroger : « A-t-on jamais vu James Brown ou Michaël Jackson sortir de disques parce que les fans les y poussaient ou encore parce qu’un autre artiste américain l’avait fait ? ».

Pour Bin Adam, un artiste doit travailler en se conformant à son propre chronogramme. Il ne devrait pas se laisser influencer par le programme d’autres artistes. Les fans, pour leur part, doivent faire de même en gardant confiance en leur vedette.

 Sulutani a dans la foulée crié haro sur les « fans de peu de foi », ceux que, dans le jargon des Anges Adorables, il appelle à « les éparpillés ».

Belle rhétorique, assurément. Il reste qu’il est pernicieux pour un artiste de se mettre en tête qu’il n’a plus rien à prouver, de mettre ainsi une limite à ses performances. Le musicien, comme chacun dans son domaine d’activité, devrait faire sienne cette exhortation olympique, à savoir « toujours plus haut, toujours plus fort ».

Et chacun sait que l’Olympia, le Zénith de Paris et le Palais Omnisport Bercy ne sont pas les seuls hauts lieux de la musique.

On pourrait citer encore le New Morning, cadre de très faible capacité d’accueil mais, qui ne reste pas moins prestigieux sur le terrain du show-biz international. Et que dire du Carnegie Hall aux Usa, où aucun autre musicien congolais n’a mis les pieds depuis la vénérable Tigresse Abeti Masikini ?

En vérité, aucun artiste congolais ne doit estimer n’avoir plus lien à prouver. Des cimes toujours plus hauts s’offrent aux uns et aux autres et les défis sont encore plus exaltants les uns que les autres. A moins de vouloir faire le renard face aux raisins...

Kale Ntondo/Visa


(Tkm/AAM/PKF)