La province du Nord-Kivu, à l’est de la RDC n’a pas encore sé­ché ses larmes depuis un temps. Cette fois, il ne s’agit pas des per­sonnes tombées par balles, mais une catastrophe naturelle qui a surpris les habitants de la localité de Kibiniga, dans la nuit de samedi à dimanche 16 mai 2010, causant des pertes en vies humaines et d’innombrables dégâts matériels.

Le bilan provisoire de ce sinistre fait état de dix morts, trente-six disparus, deux cent trente-six maisons d’habitation englouties, sans compter des champs de cultures et des trou­peaux de bétails. C’est le gouverneur intérimaire du Nord-Kivu, Feller Lutayichirwa Mulwahale qui l’a déclaré, de retour de la zone sinistrée, le dimanche dernier, au cours d’un point de presse tenue dans sa résidence, a-t-on appris de l’Agence congolaise de presse (ACP).

Selon les premiers élé­ments fournis par le service de la protection civile, les eaux du lac résiduel perché sur le mont Kanisimbi auraient cédé à la pres­sion de la forte pluie qui s’est abat­tue sur cette partie de la province, entraînant ainsi une coulée de boue d’environ deux mètres de haut.

L’ACP qui nous livre cette in­formation rapporte que sur place, le service de la protection civile et les secouristes de la Croix-Rouge qui sont à pied d’œuvre, à la re­cherche d’éventuels survivants, ont sauvé deux femmes grièvement blessées, immédiatement acheminées à l’hôpital général de Goma pour des soins appropriés.

Le gouverneur intérimaire du Nord-Kivu en appelle à la soli­darité nationale et internationale afin de prévenir le risque de pro­pagation des épidémies et surtout de secourir les sans abris.

Situé à environ 37 km du chef-lieu de la province sur le tronçon routier Goma Butembo dans la localité de Kibiniga, groupement de Kibunda en territoire de Nyira­gongo, le mont Karisimbi est un volcan éteint dont les eaux per­chées sont souvent à la base des avalanches qui provoquent de gra­ves inondations aux conséquen­ces écologiques et humaines im­portantes. Rappelons que la dernière coulée du même genre re­monte à 1952.

Giselle Mobando-Ikeku/L’Observateur


(Tkm/GM/PKF)