Avec la LRA et les groupes armés locaux, on parle de plus en plus, aussi des Mbororo comme agents d’insécurité récur­rente qui sévit dans la province Orientale. Ce peuple éleveur, venu, notamment du Soudan, pour s’installer en République démo­cratique du Congo, à la faveur de la porosité de nos frontières, ex­celle dans le braconnage, les at­taques contre les populations lo­cales, les pillages et autres tue­ries.

L’on se pose la question sur leur origine, leur nombre et leur emplacement exact dans ce pays d’accueil. En effet, les Peuls, appelés Fulani par les an­glophones, se dénomment eux-­mêmes fulbe (sing: pullo) ; ils représentent l’un de plus impor­tants groupes ethniques d’Afrique occidentale sahélo soudaniennes.

Le nombre de locuteurs peuls varie selon les estimations, entre six et huit millions, disséminés en îlots d’importances très variables. Présents dans tous les Etats de l’Afrique de l’Ouest ainsi qu’au Tchad, en République Centre Afri­caine et au Soudan, ils n’en cons­tituent cependant jamais le peu­plement majoritaire, bien que le nord du Nigeria, la Guinée, le Sénégal, le nord du Cameroun et le Niger en comptent d’importan­tes communautés. Cette « archi­pel peul » est divisé en un grand nombre de groupes, dont les prin­cipaux sont ceux du Fouta Djallon (les Foulbé Fouta), et ceux du Fouta Toro (vallée du fleuve Sé­négal, les Alpoularhen).

Eléments d’histoire

L’origine des Peuls reste assez controversée, mais l’hypothèse la plus plausible serait l’ori­gine saharienne, celle des Hami­tes de la société du boeuf. Il sem­ble que l’ « ethnie » se soit consti­tuée au cours du haut Moyen Age, dans la vallée du Sénégal et les régions adjacentes de l’Est et du nord-est puis, se serait éten­due vers le sud et vers l’est. Ces migrations ont permis aux Peuls d’occuper des le XVIIe siècle l’espace actuel, mais sans imposer toutefois leur prééminence politi­que.

C’est seulement avec les « guerres saintes » que les Peul conquirent le pouvoir politique au nom de l’islam et constituèrent de puissants empires au Fouta Diallon, au Macina, au Nigeria (Sokoto) et en Adamaoua.
A partir de la fin du XIXe siècle, avec la colonisation française et an­glaise, ces Etats furent vaincus et soumis mais continuèrent à influencer la région à des degrés divers pendant la période colo­niale et parfois au-delà.

Activités et Ressources

Les Peuls forment généra­lement une minorité au milieu d’autres populations africaines. Ils sont ainsi d’une grande diversité, les uns sont pasteurs nomades, dont l’économie est fondée sur l’élevage qui leur fournit des pro­duits laitiers mais pas de viande, car ils ne tuent pas et ne vendent pas leurs animaux. Les autres sont mélangés aux populations locales, sédentarisés dans des villages, fortement islamisés.

Informations sur la langue et la culture

Le fulfulde, la langue peule, a subi de nombreux métissages qui ont donné naissance à une grande diversité de dialectes. Des travaux en cours tentent de stan­dardiser la langue. Le fulfulde est l’une des langues les plus écrites en Afrique, en caractères arabes elle a joué un rôle important dans l’islamisation du continent. Ce­pendant en 1966, l’alphabet latin a été retenu officiellement pour écrire le fulfulde. Le fulfulde, à la fois langue et manière de vivre et de penser, cache une réelle ho­mogénéité culturelle. On y trouve une valeur fondamentale, le pulaaku, qui enseigne le discer­nement (hakillo), la résignation (munyal) et la réserve (semteende).

Les Peuls ont aussi conservé un sens esthéti­que très développé qui s’exprime à travers l’élégance corporelle, la création de parures, l’art du dis­cours et de la musique ou dans des traditions comme le Gerewol, un concours de beauté où les jeu­nes Bororo, maquillés, se pava­nent devant les jeunes filles.

Bien que majoritairement islamisés et reconnus comme les acteurs de l’islamisation de toute la région de l’Ouest africain, certains Peuls, comme les Peuls Bororo du Ni­ger, sont animistes.

Organisation sociale et politique

Les structures sociales pré­sentent des variantes dans les diverses communautés. L’endoga­mie, essentielle chez les noma­des pour conserver le plus de bé­tail, subit chez les sédentaires des entorses apportées par l’is­lam ou la nécessité de s’adapter aux cultures voisines.

Les conflits récents

Les conflits entre éleveurs et agriculteurs se multiplient. L’ins­tallation de colons sur leurs pâtu­rages communaux et l’intensifica­tion de leurs activités agricoles et pastorales génèrent de nombreux conflits territoriaux. De plus, les politiques officielles marginalisent leur mode de vie pastoral. Ambi­tieux, ils tentent de pénétrer la RDC, prise comme fragile dans la sécurisation de frontière en zones de post-conflit comme la province orientale.

Toute fois une conférence sera organisée au mois d’août prochain pour clari­fier tes choses et permettre la gestion pacifique de conflit dans cette partie de la RD Congo. Le Ministre de l’intérieur, prof Lumanu s’y penche avec assiduité pour une régularisation de la situation.

Les problèmes et les revendi­cations

Les Peuls se sédentarisent, s’urbanisent de plus en plus, et la mémoire peule comme la lan­gue disparaissent dangereuse­ment. De plus, le déficit du fourrage dû à la sécheresse décime les troupeaux et la malnutrition fait des ravages dans ces popu­lations dispersées, souvent éloi­gnées des centres de secours. Au Cameroun, MBOSCUDA, une organisation socio culturelle Bororo, demande au gouverne­ment camerounais : - d’établir un cadre stra­tégique, institutionnel et lé­gislatif pour parvenir à un équilibre entre les terres pastorales et agricoles

- de créer des réserves de pâturage
- de mettre en oeuvre un processus de résolution pa­cifique des conflits

Ceux qui précèdent, peut aider les autorités con­golaises à tracer de manière durable la voie à suivre dans la résorption de dérapage cause par ce peuple Bororo dans la province orientale.

Uhuru


(CL/Milor/Yes)