Condamnée par le ministère public et la partie civile pour le meurtre de son mari le professeur Mboma Muyolo, Madame Caroline Sinzidi attend toujours la prononciation du verdict qui tarde à tomber.
L’arrêt de la Cour militaire sur le procès ministère public et partie civile contre Caroline Sinzidi et consorts tarde à tomber. Poursuivie pour l’assassinat de son mari, le professeur Mboma Muyolo, la veuve Caroline Sinzidi Luwansangu a été arrêtée le 28 novembre 2003 et condamnée à 15 ans de servitude pénale principale par le tribunal militaire de garnison de Ngaliema en date du 5 janvier 2006. Non contente de ce verdict, elle avait dû relever appel.
Inscrite au degré d’appel sous le R.P.A. 071, l’affaire vient d’être instruite par la Cour militaire de Kinshasa/Gombe. Commencés le 19 janvier 2009, les débats ont d’abord été clos, et l’affaire prise en délibérée au mois de décembre de la même année.
Par après, il y a eu réouverture des débats le 9 février 2010 pour relecture des procès-verbaux et feuilles d’audience de première instance. Cela a duré trois semaines, et l’affaire a été prise en délibéré le 16 mars 2010. Après avoir déclaré que plus rien n’étant au rôle, les débats étaient clos, inscrit le juge président avait promis que la Cour allait prononcer son arrêt dans les deux semaines. Mais depuis lors, un calme plat.
Il faut noter que dans son réquisitoire, le ministère public a dû retenir la prévention d’assassinat contre l’ophtalmologue Caroline Sinzidi, c’est-à-dire la veuve du professeur Mboma Muyolo. Il a donc réclamé 6 ans de prison ferme contre cette femme accusée d’avoir fait tuer son mari.
Mais du côté de la défense, les avocats de Caroline Sinzidi ont soutenu que leur cliente n’était pas coupable. A ce sujet, Me Jacqueline Yoka Mieli a déclaré que le dossier était non seulement vide, mais qu’en plus l’enquête était bâclée. Selon elle, aucun élément de culpabilité n’existe à l’égard de la prévenue qui, depuis la mort de son mari, a tout perdu.
Indignée par l’acharnement de la partie civile, elle a relevé qu’à l’époque des faits, la piste Cohydro avait été abandonnée pour accabler une pauvre veuve. Dans sa plaidoirie, elle a trouvé anormal que Dr Caroline Sinzidi ait été poursuivie sur base des déclarations d’une vieille femme diabétique du nom de Mme Nzenze. Une femme qui, selon Me Jacqueline Yoka, n’a fait que mentir tant devant le Parquet que devant les juridictions. Et cela, malgré qu’elle avait été, elle aussi, poursuivie et que le ministère public avait requis 20 ans de prison contre elle. Elle fut acquittée, et pire encore, elle a refusé de venir en appel, alors qu’elle avait été régulièrement citée à venir témoigner, a poursuivi la défense.
Donatien Ngandu Mupompa/Le Potentiel
(GTM/Milor/Yes)