Après plusieurs promesses, Winan Mignon vient finalement de décider de mettre sur le marché « La Zaïkologie », son album qui exploite les rythmes de Zaïko, patrimoine national et l’une de plus grandes formations de la Rdc pour pérenniser les styles de ce groupe, très appréciés mais menacés de disparition.
« La Zaïkologie », le 4ème album de Winan Mignon est dans les bacs à Paris en France depuis quelques jours. Dans cette ville, il est distribué par Cyriaque Bassoka Productions qui est joignable par téléphone au 00 33 6 80 52 31 66 ou encore par E-mail à l’adresse ci -après : cyriaquebassoka@hotmail.com.
«Peu à peu, nous allons étendre sa distribution mondialement », annonce le professeur « zaïkologue » qui est lui aussi est dans la capitale française et peut être contacté par téléphone au 00 33 6 71 96 02 10 ou en écrivant à son adresse E-mail qui est mignonwinan@yahoo.fr.
Avec cet album Winan Mignon veut frapper un grand coup promotionnel en assurant sa distribution de manière efficace et efficiente. A Kinshasa par exemple, il va mettre en place un grand dispositif pour atteindre le plus grand nombre de consommateurs. Des contacts sont en cours avec les médias et aussi les maisons de disque de la place pour assurer une visibilité à cet album.
Ainsi appelle-t-il au soutien des amoureux de l’art d’Orphée congolais d’où qu’ils soient. Car, reconnaît-il humblement, c’est très important. « Vous êtes au cœur de la réussite des artistes et l'oxygène qui fait vivre notre riche musique congolaise dont est issue la « Zaïkologie ». Composons ensemble sur la diffusion de notre belle culture musicale. D’ores et déjà, recevez mon infini remerciement », ajoute-t-il, avant de souhaiter : « Que ces chansons puissent vous faire passer d'agréables moments de détente ».
Il s’agit du quatrième opus de cet artiste congolais qui respire du Zaïko.
En effet, comme nous le disions dans l’une de nos livraisons, Winan Mignon est plus Zaïkoman que les musiciens et fanatiques de cet orchestre qui jadis le plus populaire de la Rdc mais qui, faut-il le reconnaître, a perdu beaucoup d’espace sur l’échiquier musical congolais, surtout face à la montée avec les jeunes dits de la 4ème génération.
D’où sa démarche dans les albums qu’il ne cesse de réaliser. En écoutant par exemple « La Zaïkologie », on se rendra compte qu’il restitue avant tout les sons et les rythmes bref, le cachet de l’orchestre Zaïko Langa Langa, renvoyant les mélomanes à la belle époque de ce dernier ensemble.
En tout cas l’album de Winan fait penser à Zaïko qui semble perdre ses marques. Les mélomanes congolais qui ont eu le bonheur d’auditionner la maquette de cette œuvre à Kinshasa où il a séjourné il y a exactement 2 ans et 3 mois après 30 ans d’absence ininterrompue au pays peuvent le témoigner.
Il en est de même des invités de l’émission des anciennes variétés Bana Léo de Digital Tv qui ont eu à déguster les notes de « La Zaïkologie » ont eu une idée sur l’œuvre de Winan Mignon qui rappelle aussi les Los Nickelos, Yeye national que les nouvelles générations de musiciens et de mélomanes semblent oublier ou ne connaissent pratiquement pas alors que leurs rythmes ont fortement inspiré Zaïko que l’on qualifie aujourd’hui de patrimoine national, et ont beaucoup influencé les nouveaux orchestres jeunes congolais, notamment.
Une mission noble pour ce fonctionnaire du Conseil supérieur français de l’audiovisuel. Voilà pourquoi il faudrait avoir dans sa discothèque cet album dans lequel il n’interprète pas Zaïko, Los Nickelos, Yeye national… mais dans lequel il chante ses propres compositions en replongeant les nostalgiques dans les années 1969 et 1970.
Belle initiative qui mérite le soutien de tous même des pouvoirs publics, précisément le ministère de la Culture et des arts qui a dans ses prérogatives la gestion du secteur de la culture.
C’est tout le sens qu’il faudra donner à la réaction d’un mélomane qui il y a exactement 2 ans a appelé cet artiste à partir du Canada pour l’encourager, lorsque le projet de cet album était encore embryonnaire, après avoir lu une interview que Winan Mignon avait accordé à Digitalcongo.net.
Sa démarche n’est cependant pas en contradiction avec Nyoka Longo le patron de ce groupe dont il imite parfaitement la voix et avec qui d’ailleurs il a de très bonnes relations. Il l’appelle très respectueusement “grand frère ” et ne cesse de dire lui-même que c’est lui( Nyoka Longo) et Bimi Ombale (dont il imite aussi la voix) qui lui ont donné le goût de faire de la musique.
Cet album compte 7 chansons : Mamé mamé, Kebé, Naomie, Ma Maguy, Mémo, Marie Catho et Martin Sinnock. Il a connu la participation de Beniko Popolipo à la guitare solo et à l’accompagnement, Montigia à la basse, Djudjuchet à la batterie. Winan Mignon en a lui-même assuré toutes les voix.
« La Zaïkologie » selon Winan Mignon
Winan Mignon considère « La Zaïkologie » comme l’art de faire de la musique dans le style Zaïko Langa - Langa pour que ce style demeure ad vitam aeternam. Pérenniser l’orchestre Zaïko Langa - Langa est le courant de pensées que véhicule cette idéologie culturelle, explique-t-il. “ Je suis Zaïkoman si on peut le dire comme ça. On ne peut pas parler de “ Zaïkomania ”. Tout fanatique, tout descendant de Zaïko est un Zaïkoman”, considère-t-il.
Anicet Mobe : « Fort des héritages féconds et de ses talents, Winan Mignon nous offre un magnifique album »
Anicet Mobe, Chercheur en Sciences sociales à Paris parlant de l’œuvre de Winan Mignon, note : La charmeuse et mélancolique voix de la musique congolaise.
Bercer d’émotions les amoureux . . . Enchanter et séduire les femmes . . . Charmer les mélomanes et les critiques d’art . . . Ces quelques mots résument les divers impacts ressentis à l’écoute des chansons de Winan Mignon. Bien qu’ayant refusé le vedettariat et ayant choisi de se tenir éloigné des projecteurs de l’actualité trépidante, Winan Mignon peaufine, au fil du temps, ses multiples talents de chanteur, de compositeur, d’auteur et d’arrangeur des œuvres finement ciselées.
Concrètement, poursuit-il, l’itinéraire artistique de Winan Mignon débute en 1981 à Bruxelles avec « Feeling » son premier album, admirablement réussi grâce, notamment, à l’encadrement de ses amis et aînés musiciens du Tout Choc Zaïko Langa - Langa.
L'année 1984 souligne Anicet Mobe, sera marquée d'une pierre blanche avec son 33 tours comprenant deux titres : « Merci maman maréchale » et « Elombé nkoyi mobali » enregistrés avec le concours des musiciens du Tout puissant Ok Jazz du grand Maître Franco Luambo Makiadi. Viendra en 1987 son album « Ina motema » sous la houlette du virtuose de la guitare Maître Beniko Popolipo, talentueux soliste de très nombreux orchestres mythiques congolais. Très récemment, en avril 2009, il s’est brillamment distingué par un éminent featuring dans « Darfour », une chanson extraite de l’album « Ouvrir son cœur » du célèbre chanteur français Francis Lalanne.
A présent, nul ne peut douter de l’éclectisme musical de Winan Mignon qui, dans son fond, a plusieurs autres styles de musique. Son avenir musical nous réserve plein d’autres surprises.
Richement inspirée de celle des « Belgicains » dont il fait partie, sa musique est fertilisée par des rencontres fabuleuses... Isidore Zizi Nzanga, Antoine Tony Dee Bokito, Maxime Mongali alias Idi Mane, Teddy Kinsala, André Bimi Ombale et Jossart Nyoka Longo.
A l’écoute de « La Zaïkologie », son quatrième album, les mélomanes comprendront les raisons de l'immense plaisir exquis, toujours renouvelé, qu'ils éprouvent en s’abreuvant au torrent musical que charrient ses chansons inspirées de mélodies de Los Nickelos, Yeye national, Afro Negro, Africana de Bruxelles et de Zaïko Langa-Langa.
Anicet Mobe estime que fort de ces héritages féconds et de ses talents - créateur, Winan Mignon nous offre un magnifique album avec des chansons variées et intemporelles qui, n’en doutons pas, contribueront à endiguer la désertification culturelle qui menace notre univers musical.
Boni Tsala/MMC
(BT/PKF)