Les attaques perpétrées par les rebelles de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) de Joseph Kony ont augmenté de fréquence et de brutalité et sont devenues extrêmement inquiétantes pour les populations civiles, particulièrement dans la zone transfrontalière de la République démocratique du Congo, du Soudan et de la République centrafricaine.

C’est ce qui ressort d’un communiqué de presse émanant d’une porte-parole du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à Genève, rapporte mardi l’APA. En RCA, indique la source, entre le 20 mars et le 6 mai 2010, au moins une dizaine d’attaques ont été menées par les hommes de la LRA au Nord du pays dans six villages de la province de Mbomou.

Les miliciens ont tué 26 personnes, brûlé de nombreuses maisons et provoqué la fuite de plus de 10.000 personnes.

En ce qui concerne la République démocratique du Congo, entre le 22 et le 26 février derniers, la LRA a fait une incursion dans l’Est dans le district du Bas-Uélé (Province Orientale), causant la mort d’une centaine d’hommes, de femmes et d’enfants. Au Soudan, après avoir multiplié des attaques en août 2009 au Sud du pays, le dernier raid du groupe armé a été répertorié le 6 avril dernier et a pu être repoussé par les forces de la police soudanaise.
 
Les violences ont fait un mort et de nombreux blessés parmi les populations réfugiées dans cette zone. Les hommes de la LRA visent les villages isolés et sans protection. Le HCR affirme que d’autres atrocités perpétrées sont sûrement encore inconnues.

Depuis décembre 2008, l’épicentre des activités du groupe se trouve dans deux districts de l’Est de la RDC, le Haut-Uélé et le Bas-Uélé où 1.800 personnes ont été tuées, 2.500 kidnappées et 280.000 autres déplacées. Ces violences ont provoqué la fuite de 20.000 Congolais réfugiés au Soudan et en RCA, estime le HCR qui poursuit aussi que le Soudan compte également 2.500 déplacés et la RCA environ 87.800. Par ailleurs, en visite au début du mois de mai en RD Congo, le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires des Nations unies et coordonnateur des secours d’urgence, John Holmes, avait vivement condamné les violences commises par les rebelles de la LRA dans le Nord-Est du pays.
 
« L’Armée de résistance du Seigneur ne cesse de commettre des atrocités abominables à l’encontre des habitants du district qui sont maintenant déplacés sans espoir de rentrer chez eux dans un futur proche », avait déclaré M. Holmes lors d’une visite dans le district du Haut-Uélé, à la frontière avec le Soudan et la RCA. « Ceci est inacceptable. Nous avons besoin de trouver une solution à ce qui est devenu une crise régionale », avait-il ajouté. On rappelle que la LRA a été créée en 1986 en Ouganda, puis elle a établi son camp de base au Soudan à partir de 1993. Elle intervient depuis 2005 en RDC et depuis 2009 en RCA.

Stéphane Etinga/Le Potentiel


(DD/PY/Ern./Yes)