Le mariage devient un casse tête dans la société congolaise d’aujourd’hui, les jeunes gens ne savent plus à quel saint se vouer pour demander la main d’une jeune fille, car il y a des difficultés à toutes les étapes.
La célébration du mariage civil coûte cher pour les futurs mariés de Kinshasa. Dans certaines communes de la place, les autorités de l’Etat civil exigent aux couples des choses qui engagent d’énormes dépenses. Ce qui explique pourquoi certains couples n’arrivent pas à officialiser leur union à l’Etat civil en se limitant au mariage coutumier pour s’opposer à une surenchère, c’est-à-dire une source d’enrichissement de l’officier de l’Etat civil au moment où les jeunes gens souffrent d’une difficulté liée au paiement de la dote qui, de plus en plus, se dénature dans un pays où tous les coups sont permis lorsqu’on veut avoir de l’argent. Et cela laisse l’impression que certains parents « vendent » leurs filles.
En effet, c’est dans le mariage civil que les époux officialisent leur union. Même si le mariage civil n’est pas défini en droit congolais, le mot mariage lui-même est défini comme un contrat, une convention ou un consentement entre deux personnes ou deux parties, c’est-à-dire l’homme et la femme. Il est donc du droit de tout congolais qui désire se marier de le faire sans obstacle.
Malheureusement, les intentions mercantiles des certains officiers de l’Etat civil ne facilitent pas la tâche. Il suffit de faire un tour dans un Bureau communal pour constater qu’une grande somme d’argent est demandée ainsi qu’une longue liste de choses à remettre à la commune avant la célébration officielle du mariage civile.
Les couples sont obligés de déverser une somme d’argent allant de 50 à 150 $ USD, un casier de bière, un casier de sucrée ; une bouteille de whisky ou vin au comptant en espèce ; un bon nombre de verres ; une chaise en plastique ; les frais de la salle ; frais de filmage, des papiers mouchoir et l’acte de mariage qu’il faut aussi acheter à 15 ou 25 $ USD.
Ces dépenses n’enchantent pas toujours les mariés dont certains ne cachent pas leur mécontentement à la sortie du bureau de l’officier de l’Etat civil pour se présenter ailleurs au lieu de sa commune de résidence.
Départ nos enquêtes, nous nous sommes rendu compte que beaucoup de couples préfèrent célébrer leur mariage civil devant l’officier de l’Etat civil de Limete à cause d’une très simple raison. La commune de Limete a allégé les coûts de cette cérémonie selon plusieurs couples rencontrés sur place.
Dédé Kayembe que nous avons approché affirme que « quand j’ai su que malgré la dote versée à ma belle famille, je devrais officialiser mon union, je suis parti à la maison communale de ma résidence. On m’a demandé beaucoup d’argent avec une longue liste de choses à déposer avant la cérémonie. Un ami m’a informé que la commune de Limete facilite la tache aux mariés qui viennent officialiser leur union en modérant le coût. J’y suis descendu, accompagner de ma femme pour en savoir plus. Et c’était vrai... On n’exigeait pas grand-chose si ce n’est que 50 USD pour les dossiers demandés et la liste était abordable ».
Cette liste comporte une chaise en plastique, une bouteille de vin, une somme de reconnaissance de la dot à 2000 Fc, la photographie à 2000 Fc ainsi qu’une somme de 10$ USD pour l’acte de mariage.
Le mariage civil est un passage obligé avant le mariage religieux. L’Etat congolais doit suivre ce qui se passe dans ses différentes communes sur les coûts fixés et les biens exigés, et prendre des mesures qui vont permettre aux nouveaux mariés d’officialiser leurs unions dans le but de leurs permettre de vivre leur vie dans la quiétude et la sécurité.
L’harmonisation des coûts et dépenses liés au mariage civil et la sensibilisation de la population pour qu’elle comprenne l’importance de l’officialisation de leur mariage et des droits que cela implique, s’avèrent indispensable.
Le mariage civil célébré à la commune par le bourgmestre rend l’union légitime et légale, c’est-à-dire qu’une fois le mariage est célébré, le couple est protégé par la loi dans toutes les circonstances.
Le régime matrimonial, statut réglant les intérêts pécuniaires des époux est choisi à cette occasion. Ce choix permet aux deux mariés de se préserver contre l’arbitraire de familles africaines en cas de divorce ou de la mort de l’un des partenaires conjugaux. Ce régime définit la répartition des biens entre époux, l’héritage des enfants et la part de la famille élargie.
Nsimba Mwanza/La Référence Plus
(GM/PKF)