Des activités politiques, religieuses et culturelles étendues sur quatre jours ont été organisées à Kinshasa pour marquer la commémoration du 13ème anniversaire, le 17 mai, de la victoire de la révolution des nationalistes sous la conduite du leader et Héros national Mzee Laurent-Désiré Kabila.
17 mai 2010, voici 13 ans jour pour jour que les Congolais vivaient l’événement historique de la victoire de la marche révolutionnaire déclenchée à l’Est du pays en 1996 dans le mouvement conduit par Mzee Laurent-Désiré Kabila sous l’appellation de l’Alliance des forces de libération (Afdl) et qui fit basculer ce jour-là la dictature de Mobutu. C’est un anniversaire qui ne pouvait pas se passer dans le silence ou seulement dans la méditation, tellement il représente un jalon important de l’histoire nationale.
Il est vrai qu’une certaine tendance dans l’opinion cherchait à réduire l’événement de la victoire des révolutionnaires nationalistes sur le système Mobutu à un fait politique ne méritant pas de retenir l’attention nationale, parce que les changements politiques sont nombreux dans l’histoire des peuples. Mais pour la RDC, les compagnons du Libérateur Mzee Laurent-Désiré Kabila ne peuvent l’entendre de cette oreille, même si la démocratie appelle au respect de la diversité d’opinions.
C’est dans ce contexte que, trois jours avant que ne se célèbre l’anniversaire du 17 Mai, il se sera constitué, dans les rangs des affichés compagnons de lutte de Mzee Laurent Désiré Kabila, un comité d’organisation des activités commémoratives de la fête de libération du peuple congolais et la restauration de sa dignité. Ce comité placé sous la direction du ministre des Relations avec le Parlement, M. Richard Muyej Mangeze Mans, ancien président de la fédération provinciale du Katanga de la formation politique PPRD (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie), a été composé d’une douzaine des Kabilistes notoires se donnant pour tâche de veiller à l’exécution du programme arrêté des activités de l’anniversaire en lice.
Le comité d’organisation en question a effectivement fixé un programme d’activités étendues sur les journées de samedi 15 mai, dimanche 16 mai, lundi 17 mai et mercredi 19 mai. Pendant quatre jours donc, la capitale Kinshasa allait vibrer sous de palpitantes activités faisant revivre la révolution kabiliste par les compagnons de Mzee Laurent Désiré Kabila, les responsables et autres membres du parti PPRD initié par le continuateur attitré du Libérateur, ainsi que ceux des organisations et structures alliées.
Le jour culminant de l’anniversaire devait naturellement être celui du 17 mai tombé le lundi. Les organisateurs ont prévu un solennel culte d’action des grâces au Temple protestant du Centenaire, une cérémonie de dépôt des gerbes des fleurs au Mausolée Mzee Laurent-Désiré Kabila devant le Palais de la Nation servant de bureau de travail du Président de la République, une visite de l’exposition des photos et images sur la vie du Héros du 17 Mai, ensuite une réception à un déjeuner-contact sur invitation dans le Salon Okapi de l’Hôtel Venus. Au cours de cette réception un groupe d’enfants nés le jour même du 17 mai 1997 allaient exécuter un chant révolutionnaire que feu président LD Kabila aimait beaucoup et qu’il avait dénommé « Hymne des opprimés ». C’est aussi à cette occasion que le Secrétaire général du PPRD allait prononcer le discours attendu de l’anniversaire.
Eloges de la mémoire de Mzee LD Kabila au Temple du Centenaire
Le lundi 17 mai, cette journée anniversaire a débuté par un solennel culte d’actions de grâces au Temple protestant du Centenaire pris d’assaut par des autorités officielles et une foule nombreuse des militants et adhérents des associations et structures kabilistes et affiliés. Le parti PALU de M. Antoine Gizenga a déployé ses nombreux partisans ayant accompagné le Premier ministre Adolphe Muzito qui conduit actuellement ce parti dans la coalition de l’Alliance de la majorité présidentielle AMP.
Dans le gotha des personnalités officielles assistant au culte religieux il y avait au premier plan le patriarche et sénateur Yerodia Abdulaye Ndombasi ayant à ses côtés le frère cadet du président de la République, Zoé Kabila. Il y avait aussi le Secrétaire général du PPRD et président de l’Assemblée nationale, M. Evariste Boshab, assis au premier rang ensemble avec le couple Muzito. Venaient dans la suite les figures de proue du mouvement kabiliste, tels en l’occurrence les Faustin Luangy, Antoine Ghenda, Mutomb Tshibal, Babi Mbayi, Dr. Sondji, les Gbenye, et tutti quanti, sans oublier une panoplie de députés, sénateurs, ministres, dirigeants d’entreprises publiques et privées, etc.
L’assistance a baigné à ce culte dans un recueillement de grande ferveur conditionnée par les émouvants chants religieux exécutés admirablement par la chorale de la cathédrale du Centenaire dont les chantres de ce chœur étaient emmitouflés dans un éblouissant accoutrement d’uniforme qui en rajoutait à l’éclatant de son attrait. Mgr Marini qui a présidé le culte avec deux co-officiants a ouvert la prière en indiquant dès le départ la circonstance du culte d’actions de grâce à rendre à l’Eternel, à savoir : la commémoration du grand événement de la libération du pays de la longue et avilissante dictature de Mobutu 32 ans durant.
« On est rassemblé pour nous souvenir d’une date, celle du renversement de la dictature de Mobutu ! », clamera l’autorité religieuse protestante en soulignant l’importance de l’étape que la RDC avait franchie dans cette libération qui ouvrait enfin la voie à la réhabilitation de la dignité des Congolaises et Congolais. Hommage devait donc être rendu à celui par qui le Seigneur a accompli cette libération, ce qui constituait la raison du culte du jour.
Pour mieux marquer la valeur et l’importance de l’acte accompli ce jour historique-là du 17 mai 1997, alors que son héros a même perdu sa vie sacrifiée à la cause qu’il défendait, l’homélie du jour a été basée sur la lecture tirée des Saintes Ecritures, dans les Actes des Apôtres. L’épisode ressortie est la mort de la vertueuse femme Dorcas, donnant l’occasion de faire l’éloge des mérites de cette femme par celles avec lesquelles elle avait vécu. Il sera ainsi magnifié la vie exemplaire de Dorcas pour les mérites de bonnes œuvres accomplies sur cette terre.
Le rapport établie de cette vie de Dorkas avec celle de Mzee Laurent-Désiré Kabila est patent, le libérateur ayant lui aussi marqué ses contemporains par ses œuvres comme la vertueuse femme citée dans les Saintes Ecritures. Mais le libérateur Mzee laurent-Désiré Kabila a eu à subir la guerre que lui menèrent ses ennemis, ceux qui courent au pouvoir pour gagner de l’argent à leur compte personnel, sans se soucier des intérêts du peuple. Pour mériter l’éloge après sa mort, il faut avoir mené de bonnes œuvres. Mobutu, par exemple, que son peuple aimait bien, n’a jamais aimé ce peuple.
La leçon que l’officiant a dégagée de ces évocations s’adressait principalement aux politiciens, à ceux qui prétendent gouverner leurs semblables. Tant qu’ils ne pensent ni n’agissent pas pour le peuple comme Mzee Laurent-Désiré Kabila l’a fait jusqu’au sacrifice suprême, ils sont à côté de leur mission. Le développement du pays doit toujours motiver l’action politique. Et de citer le cas de la Chine qui, avant qu’elle ne soit libérée par Mao en 1949, croupissait dans la misère et la famine au point qu’à cette époque on récoltait des aides pour son peuple. Aujourd’hui la Chine est parvenue à renverser la situation, grâce au timonier qu’elle eut dans la personne de ce leader et homme de la Révolution de 1949. Actuellement la Chine s’est développée jusqu’à parvenir à son tour à aider les pays qui l’avaient secourue.
Conclusion : il faut laisser des traces de ses bonnes œuvres après soi, en craignant le jugement de l’histoire, à l’exemple à suivre de Mzee Laurent-Désiré Kabila, afin d’assurer l’essor de la RDC.
Toute l’assistance était médusée par cette homélie et a exprimé sa ferveur par de frénétiques applaudissements pour le message non seulement religieux mais politique transmis.
L’envoûtant culte religieux s’est terminé par un autre emportement spirituel à l’audition du sublime Oratorio le Messie d’Haendel exécuté impeccablement par la chorale protestante ayant presté tout au long de l’office. Véritablement comme l’a signifié l’officiant principal, le moment est venu de rendre l’hommage mérité au Libérateur Laurent-Désiré Kabila qui a marqué sa vie par de bonnes œuvres dont l’heure a sonné d’en suivre l’exemple.
Après le culte au Temple du Centenaire, il ya eu la cérémonie de dépôt des gerbes des fleurs au Mausolée Mzee Laurent-Désiré Kabila au cours de toute une procession en défilé des autorités et autres personnalités de divers courants sociaux. Une véritable représentation nationale a rendu cet hommage à l’homme du 17 Mai.
Edifiant débat sur le destin de la Libération kabiliste !
Auparavant le samedi 15 mai le cadre du salon Agathe de l’Hôtel Venus il fut organisé toujours dans le cadre des activités de l’anniversaire du 17 mai la conférence ouverte au public l’occasion de laquelle les Kabilistes ont retracé et témoigné sur la vie du Héros national. Ils ont réfléchi sur ce qui reste de la révolution pardon initiée par lui. Le vétéran compagnon de Mzee Laurent-Désiré Kabila, le vénérable Yerodia Abdoulaye Ndombasi y a été élevé au rang de patriarche de la révolution par ses camarades kabilistes. L’occasion fut aussi d’interpeller ceux qui s’appellent les compagnons de Mzee sur ce qu’ils ont fait des idéaux défendus par le Héros national et de sa vision pour la RDC.
Deux interventions ont marqué la rencontre. D’abord la première, celle de M. Raphaël Ghenda, posera la question de ce qu’il reste à retenir de la révolution de Laurent-Désiré Kabila. L’orateur démontrera qu’à partir de cette révolution, le pays a repris son nom d’origine, son drapeau et son hymne national. En somme, a-t-il indiqué, le pays a repris son identité de l’indépendance. Selon Raphaël Ghenda, la révolution de Kabila a eu la particularité de se dérouler dans la paix, sans bain de sang, contrairement à d’autres révolutions à travers le monde. C’est le signe qu’elle était saluée par toute la population congolaise.
De son côté, Babi Mbayi s’est appesanti sur la vision de la démocratie par Laurent-Désiré Kabila, en établissant un parallélisme entre la démocratie du 24 avril 1990 et celle du 17 mai 1997. Il démontrera aussi que la démocratie proclamée le 24 avril ne l’a été que de nom, tandis que celle de Laurent-Désiré Kabila a été la vraie libération, la véritable indépendance du peuple.
La cérémonie s’est poursuivie avec des témoignages des ministres du gouvernement Kabila, notamment Dr. Sonji et Mutomb Tshibal, sur la manière dont ils avaient eu à travailler avec lui. C’est au cours de cette conférence de presse que le coordonnateur des activités commémoratives de l’anniversaire du 17 mai, le ministre des relations avec le Parlement Richard Muyej, a cerné la question de savoir pourquoi les compagnons de Mzee sont mis à l’écart en bloc dans le processus politique. Pour lui, il s’agit d’une matière à réflexion qu’il sied d’approfondir. Déjà la réaction de l’assistance traduisait qu’il se posait un réel problème chez les Kabilistes. Richard Muyej a usé de toute sa sagesse et expertise à gérer les situations délicates pour éviter d’aggraver le fossé de séparation dans les rangs des Kabilistes…
Un autre intervenant en la personne de M. Kolomoni viendra l’appuyer en soulignant qu’il s’agit d’un problème à traiter avec circonspection au sein de la famille et non en public. «Nous ne sommes pas venus ici pour nous égratigner », a-t-il déclaré. De son côté, le compagnon kabiliste et ancien ambassadeur Edy Angulu a été d’avis contraire en signifiant qu’il n’appartient pas aux Kabilistes de trouver les causes de leur problème, mais que ce qu’il leur importait était de parvenir à identifier le danger qui les guette, notamment le retour des mobutistes, parce que, soulignera-t-il, après toute révolution, il y a toujours tentative de restauration de l’ordre ancien. Pour les kabilistes donc, il est difficile d’accepter le retour des mobutistes.
Enfin il y eut Dr Sondji pour poser la question des erreurs de la révolution du 17 Mai qu’il urgeait d’éviter actuellement. A cette préoccupation, Dr Sondji a répondu que la principale difficulté qu’il leur revenait d’éviter était la révolution pardon. « Ou bien les gens partagent les mêmes points de vue avec vous et vous marchez ensemble, ou bien ils ne les partagent pas et vous les écartez », a-t-il déclaré. Pour lui, les mobutistes sont en train de brouiller la vision du chef de l’Etat, d’autant que le mélange d’idéologies est source de confusion.
Une importante nuance du ministre Muyej sur cette question a éclairé le débat. Selon le point de vue du coordonnateur des activités de l’anniversaire, la démocratie a ses lois qu’il faut respecter. « En n’ayant pas gagné seul les élections, nous sommes tenus à respecter les opinions des autres dans un esprit d’harmonie et de cohésion nationale », a conclu le ministre Richard Muyej Mangeze Mans.
D.Nz./MMC
(CL/PKF)