Comme il est de coutume depuis 2001, le monde célèbre cette année la Semaine mondiale d’action contre les armes légères. Du 10 au 16 mai 2010, plusieurs activités sont réalisées à travers 70 pays de la planète en vue de sensibiliser, de mener campagne pour une meilleure législation sur les armes. Il s’agit aussi d’inciter à la plus forte réglementation du commerce mondial des armes dans le monde. La célébration de cette année est particulière dans la mesure où elle va permettre de lancer la première campagne internationale pour exiger des politiques de protection des femmes contre la violence armée dans la maison, soit de « Désarmer la violence domestique ».


Durant cette énième célébration de la Semaine mondiale d’action contre la violence armée, les activistes attendent du gouvernement congolais et de ceux du monde, à désarmer les agresseurs durant la Semaine mondiale d’action contre la violence armée. Contrairement à la croyance généralisée dans le monde, il s’avère que c’est dans leur propre foyer que les femmes font souvent face au plus grand risque de la violence armée.

La femme trois fois victime dans son foyer

Pour mesurer l’ampleur du problème dans le monde, les membres du RAIAL/IANSA ont réalisé des recherches dans leurs communautés. Les résultats montrent une tendance inquiétante dans laquelle les armes sont systématiquement utilisées pour menacer, intimider et faciliter la violence contre les femmes dans leur propre foyer. Les femmes sont trois fois plus susceptibles de mourir violemment s’il y a un fusil dans la maison. Dans la plupart des cas, l’auteur est soit un conjoint ou un partenaire, souvent avec un antécédent ou un casier judiciaire de la violence domestique.

Pour cette raison, les activistes de FMJC/ONGDH joignent leurs voix à celles de leurs collègues de plus de 30 pays qui travaillent sur le dossier afin de pousser les gouvernements à formuler et à appliquer des politiques adéquates et durables visant à protéger les femmes contre la violence armée dans leurs maisons.

En République démocratique du Congo, Femmes des médias pour la justice au Congo s’engage à mener une série de plaidoyers médiatiques par l’organisation à partir de la capitale du pays, des émissions radiotélévisées et la publication des communiqués de presse sur la violence armée. FMJC/ONGDH s’engage également à poursuivre et à finaliser l’enquête lancée depuis les 16 jours d’activismes derniers sur le cas des femmes ayant subi des violences armées au sein du foyer, dans les provinces de l’Est du pays et la ville de Kinshasa. L’association procédera, en outre, à la distribution auprès des organisations locales du matériel de la campagne « Désarmer la violence domestique » produit par IANSA et traduit en swahili et lingala par les soins de FMJC.

Elle va en fin organiser une journée d’échange sur l’implication des professionnels des médias dans le processus des ALPC (Armes légères et petit calibre). Femmes des Médias pour la Justice au Congo est un membre du Réseau d’action international contre les armes légères (RAIAL/IANSA), qui milite afin que toute personne ayant des antécédents de violence conjugale n’ait pas accès à une arme à feu et que sa licence d’obtention d’arme à feu soit annulée.
 
Comprendre l’ampleur du problème est la première étape, c’est assurer de meilleures politiques pour protéger les femmes dans leurs maisons. Nous demandons aux autres organisations de la Société civile et/ou aux militants indépendants de lutte contre la violence armée de nous rejoindre dans cette lutte afin de recueillir des informations auprès de leurs communautés, et d’aider à circonscrire le problème. C’est alors que naîtra une synergie pour développer une solution globale au problème de la violence domestique armée et veiller à ce que les femmes soient en sécurité au sein de foyer.

«Cette semaine est une occasion pour le gouvernement d’annoncer son soutien à des politiques fortes et efficaces pour désarmer la violence domestique et s’engager à protéger les femmes au sein de leur foyer. Il n’y a pas de temps à perdre », a déclaré Kenneth ENIM de Femmes des médias pour la justice au Congo.

Le Potentiel


(GTM/TH/Yes)