Cette fois sera-ce la bonne pour le vieux projet de construction du port en eaux profondes de Banana qui se profile à l’horizon avec la détermination des partenaires sud-coréens prêts à mettre la mains à la patte pour la très porteuse réalisation de ce programme !
En République démocratique du Congo, les projets tant d’infrastructures que d’autres prennent beaucoup de temps avant leur réalisation effective. Il y en a qui ont été annoncés durant l’époque coloniale, il y a plus de 50 ans donc, mais dont les études ont piétiné et piétinent jusqu’à ce jour.
Vers les années 70, c’est la Zofi (Zone franche d’Inga) qui a focalisé l’attention des investisseurs et des autorités congolo-zaïroises. Dans le sillage de l’érection de la série des barrages hydroélectriques d’Inga, à une quarantaine de kilomètres en amont de la ville de Matadi, plusieurs industries grandes consommatrices du courant ainsi que des infrastructures routières et ferroviaires et portuaires furent alors programmées.
De Kinshasa à l’océan Atlantique, on avait identifié plusieurs ressources du sol et du sous-sol comme le sable blanc de Luila (verrerie), le gaz, le bauxite, le sable asphaltique, etc. Du point de vue d’infrastructures, l’attention fut portée sur la construction du pont de Matadi (Ex-Maréchal Mobutu), le chemin de fer Matadi-Banana et le port en eaux profondes de Banana.
Au sujet de ces trois projets, le premier a été réalisé par quelques sociétés japonaises. Tandis que les deux autres attendent leur matérialisation jusqu’à ce jour. En novembre 1982, le consortium monté pour exploiter le bauxite du territoire de Lukula, district du Bas-Fleuve (province du Bas-Congo) a montré un réel intérêt à ces deux projets. La production de l’aluminium, mieux son exportation exige de gros bateaux de haute mer, des minéraliers.
Malheureusement, Alu-Zaïre a été étouffé dans l’œuf. Une affaire des commissions non versées a tué et l’usine (des milliers d’emplois, des millions de tonnes de produits…) et tous le service chargé de veiller, d’une part, à la mise en œuvre des trois projets cités ci-haut et, d’autre part, d’assurer leur bon fonctionnement a été une véritable éternité.
Ce service n’est autre que l’organisation pour l’équipement de Banana-Kinshasa, en sigle Oebk. De l’entretien que nous avons eu avec l’ingénieur Dieudonné Ntumba Molo, expert chargé des projets ports et chemins de fer à l’Oebk, nous avons eu la nette impression que ce service tient maintenant le bon bout. De Matadi, sa direction générale, à Kinshasa, sa représentation, on est convaincu que le port en eaux profondes sera réalisé par la coopération sud-coréenne.
Selon l’expert-maison, le tout récent passage des Coréens dans la capitale de la République démocratique du Congo a été très bénéfique pour ce projet. Les deux parties en présence sont parvenues à se mettre d’accord sur la variante, parmi tant d’autres, à choisir pour la réalisation de ce gigantesque ouvrage de maçonnerie.
Il s’agit de celle ayant cinq (5) quais d’accostage. Il est prévu l’espace nécessaire pour une éventuelle extension, à l’avenir, dans le cadre du niveau de développement économique du pays, notamment avec la relance de la production nationale. Sur ce point, le pays compte sur ses nombreuses ressources minières déjà expertisées mais non exploitées. C’est le cas du million de tonnes de minerais de fer de Banalia, dans la province Orientale et de ceux de la province du Bas-Congo, mentionnés ci-dessus.
A ces marchandises, il faut aussi ajouter celles en provenance de l’Asie du Sud-est, dans le cadre de la jonction Indien-Océan Atlantique. Une ligne partant de la Corée du Sud et de la Chine avec des cargaisons de 100.000 tonnes et plus joindra le port de Banana. Au point de rendre inutile l’idée d’accoster à Pointe-Noire, pour ceux qui y pensent encore. Le port en eaux profondes présage donc l’avenir radieux de la Rdc post-cinquantenaire.
Les discussions continuent mais elles s’acheminent vers leur fin. L’enveloppe nécessaire pour les travaux s’élève à environ 515 millions de dollars américains. L’horizon du projet de Banana est plein d’espoir.
Eden Nsi Bamfumu/La République
(DN/Milor/GW/Yes)