L’hospitalité accordée aux réfugiés RD-congolais ayant fui le Sud-Ubangi pour s’établis dans la Likouala au Congo-Brazzaville est de plus en plus précaire du fait que le pays hôte accuse ces sinistrés de compter des hommes en armes pouvant déstabiliser ce département
Les parlementaires du Congo Brazzaville ont réitéré, le week-end dernier, l’appel au rapatriement des réfugiés de l’Equateur établis dans le département de la Likouaka (Nord-Est) du Congo Brazzaville. Ces parlementaires reprochent aux réfugies de la RDC de dévaster les champs des populations autochtones, constituant ainsi un facteur d’insécurité. « La situation est grave », a déclaré le week-end dernier à Brazzaville André Obani Zitu, président du Sénat congolais. Lors de la clôture de la session administrative de cette institution, il a appelé les gouvernements de la RDC, du Congo Brazzaville et la communauté internationale à préparer rapidement le retour des quelque 120.000 réfugiés congolais.
Un appel similaire a été lancé le même jour à l’Assemblée nationale du Congo Brazzaville. La ministre congolaise de l’Action humanitaire a informé que de nombreux réfugiés portaient des armes. Bien souvent, d’après elle, le territoire et les eaux du Congo Brazzaville sont utilisés comme théâtre d’affrontements entre les FARDC et les insurgés se réclamant du Mouvement de libération indépendante des alliés. Les officiers de l’armée, de la police et de la gendarmerie participant à cette réunion à l’Assemblée nationale du Congo Brazzaville ont demandé le renforcement des mesures de sécurité dans cette région.
Alexis Thambwe Muamba rassure
Réagissant à l’appel des parlementaires du Congo Brazzaville, le ministre des Affaires étrangères de la RDC a indiqué, dimanche, que les réfugiés de l’Equateur peuvent retourner chez eux sans problème. Selon lui, la demande des autorités de Brazzaville est légitime. Les démarches sont entreprises pour le rapatriement de ces réfugiés, a affirmé le chef de la diplomatie congolaise. Alexis Thambwe Mwamba explique: « Nous sommes en discussion. Le dossier est géré au niveau de notre ministère de l’Intérieur. Nous sommes en train de prendre des dispositions nécessaires avec l’Intérieur, la Défense, les Affaires sociales et les Affaires étrangères pour voir comment nous pouvons organiser le retour des populations congolaises ».
Le ministre Alexis Tambwe Muamba estime qu’il s’agit d’une question de persuasion des Congolais de la RDC qui sont à l’autre rive du fleuve Congo, pour qu’ils rentrent chez eux à Dongo et les cités environnantes, en toute sécurité. « Le fait d’aller se réfugier dans un pays voisin n’est pas la solution pour eux », souligne Alexis Tambwe Muamba. Pour rappel, ces Congolais se sont réfugiés au Congo Brazzaville en décembre 2009 à la suite des conflits armés dans la cité de Dongo, dans la province de l’Equateur.
Pour le retour des réfugiés de la RDC, Brazzaville souhaite des couloirs humanitaires
Le gouvernement congolais souhaite l’ouverture en République démocratique du Congo (RDC) de « couloirs humanitaires » pour favoriser le retour de 120.000 réfugiés de ce pays installé dans l’extrême nord du Congo, a indiqué un membre de l’Exécutif. « Nous pensons qu’il faut créer des couloirs humanitaires, des zones de sécurité en RDC pour que ces refugiés rentrent en toute confiance et en toute sécurité chez eux », a déclaré le ministre de la Communication, Bienvenu Okiemy.
Ce qui « entrave le retour des refugiés, c’est le manque de confiance. Lorsqu’il y a eu conflit, ils se sont déplacés parce qu’il y a défaut de confiance » , a ajouté M.Okiemy. Leur retour nécessite « un accord préalable entre le Congo et la RDC et l’appui de la communauté internationale », a-t-il affirmé.
Depuis fin octobre au moins 115.000 ressortissants de RDC -selon des humanitaires - ont fui des affrontements interethniques dans la province de l’Equateur (nord-ouest de la RDC) pour la Likouata (extrême nord du Congo). Les deux régions ont pour frontière naturelle le fleuve Oubangui. Des combats ayant secoué récemment la ville de Mbandaka, capitale de l’Equateur, ont conduit à l’arrivée d’au moins 3.000 nouveaux refugiés dans la Likouala, selon les autorités congolaises, estimant leur nombre global à 120.000. La Likouala connaît des problèmes de sécurité parce que certains refugiés détiendraient des armes, selon l’armée et le gouvernement congolais.
« Nous pensons qu’il faut trouver une solution humanitaire à ce problème », a dit Bienvenu Okiemy. « Jusque-là, c’est le Congo qui subit le coût financier et économique de ces réfugiés. Il appartient désormais à la communauté internationale de partager ce fardeau financier », a-t-il conclu. Outre les problèmes d’ordre sécuritaire, les interventions humanitaires sont confrontées à la baisse des eaux du fleuve Oubangui, qui limite les mouvements de grandes embarcations alors que 90% des sites refugiés ne sont accessibles que par voie fluviale, selon les humanitaires.
Le Palmarès
(DN/TH/GW/Yes)