Le ministère de l’Environnement, Conservation de la nature et Tourisme, avec l’accompagnement du Pnud, a lancé dernièrement à Mbandaka (province de l’Equateur) la campagne intitulée : « Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation forestière (REDD) ».
La RDC est partie prenante des efforts déployés au niveau international dans le cadre de la préservation de la biodiversité forestière en vue de réduire à terme des émissions de gaz à effet de serre, responsable du changement climatique. Le gouvernement vient de recevoir, à ce propos, l’appui du Programme de Nations unies pour le développement.
Le continent africain est particulièrement exposé au réchauffement climatique. Ce phénomène pourrait compromettre les conditions de vie des populations et accélérer la déforestation. Selon les scientifiques, le phénomène touchera les agriculteurs africains, du Sahel aux hautes terres du Lesotho.
Le réchauffement climatique pourrait aussi provoquer l’apparition de nouvelles épidémies propagées par les moustiques dans des pays comme le Kenya et l’Ouganda. Autres conséquences : l’intensification des tempêtes et des inondations, qui pourrait entraîner à son tour la destruction des infrastructures de base et des habitations dans de nombreuses régions côtières, comme à Madagascar et au Mozambique.
Lors de la conférence sur les changements climatiques tenue à Copenhague au Danemark en décembre 2009, le directeur du bureau Afrique du PNUD avait publié une déclaration sur la lutte contre la pauvreté et les effets des changements climatiques en Afrique.
L’histoire de REDD
Cette lutte doit permettre la réduction de la pauvreté et la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement. Les initiatives internationales sont également à encourager pour diviser par deux le taux de pauvreté et de faim et faire reculer les maladies les plus répandues d’ici 2015.
REDD - la Réduction des émissions issues de la déforestation et de la dégradation - est une proposition de mécanisme d’atténuation du changement climatique qui permettrait de réduire les émissions de gaz à effet de serre en payant les pays en voie de développement pour qu’ils cessent d’abattre leurs forêts. La destruction de la forêt tropicale est à l’origine de 12 à 7% des émissions de gaz à effet de serre provenant des activités humaines, une proportion plus élevée que celle provenant des voitures, des poids lourds, de la marine, des avions et des trains du monde entier.
Le concept de REDD a gagné le support d’un grand éventail d’intérêts, y compris les défenseurs de ressources naturelles, les grandes entreprises, les scientifiques, les gouvernements, les agences pour le développement et certains groupes écologiques et de défense des droits indigènes.
Cependant, des soucis subsistent quant à savoir comment REDD sera mis en place et si les bénéfices seront partagés de façon juste entre les intervenants.
Le concept de REDD n’est pas une idée nouvelle.
La compensation pour la conservation de la forêt tropicale a été proposée par les scientifiques de l’environnement dans les années 80 et 90, mais ce n’est qu’à partir de la seconde moitié des années 90 que l’idée a gagné du terrain au niveau international, lorsqu’elle fut discutée à divers évènements de la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), y compris à la COP3 de Kyoto en 1997.
Néanmoins, des soucis techniques et l’opposition de certains groupes écologiques (menés par le WWF) ont eu pour résultat que la protection des forêts a été exclue du Protocole de Kyoto en 2001.
Le Potentiel
(CL/TH)