Après un temps d’accalmie, la polémique vient de rebondir sur le vieux dossier de pollution des eaux de la ville de Lubumbashi, a annoncé le quotidien Le Potentiel, citant la Radio Okapi. A la barre, Chemicals of Africa (Chemaf), entreprise minière de la branche Shalina opérant dans la périphérie de la ville de Lubumbashi et propriétaire de la mine Kalukulu (Mine de l’Etoile) - un héritage acquis de la Gecamines en 2003. Chemaf partage également avec la Gecamines les concessions de Mutoshi et de Kananga, exploitées en semi-industrielle et manuelle.

C’est donc le rebondissement d’une affaire qui avait, dans le temps, mise en cause également la Société minière du Katanga (Somika).

Pour ces nouvelles révélations, c’est dans le camp de Tshamilemba appartenant à la Société nationale des chemins de fer du Congo que se sont signalées de traces de pollution. « Une substance blanchâtre perceptible sur les murs des maisons du camp Tshamilemba de la Société nationale de chemins de fer du Congo (SNCC) pousse les habitants de ce camp à affirmer que leur environnement est pollué par l’entreprise minière Chemaf. Samedi dernier, la population est montée au créneau pour faire cette dénonciation ».

Pour cette population, note-t-elle, « il n’y a aucun doute: l’eau qu’elle consomme et l’air ambiant sont pollués par les activités de la société Chemaf ». Une accusation qui risque de ternir davantage l’image de cette entreprise qui avait eu déjà du mal à prouver son innocence il y a quelques années.

Les habitants de Tshamilemba avancent d’autres preuves pour étayer leurs allégations. D’après eux, la couleur de l’eau des puits du lieu est altérée, des arbres et des herbes sèchent et la fumée que dégagent chaque soir les cheminées de cette entreprise minière polluent l’air.

Sur les traces de Somika

Comme en 2007, Chemaf rejette en bloc toutes les accusations portées contre lui, estimant que les habitants de Tshamilemba seraient manipulés pour d’autres objectifs. « Le vrai problème est ailleurs », a indiqué l’Ir Djo Katembo de Chemaf. Selon lui, la pomme de discorde résiderait dans le souhait exprimé par ces habitants de voir Chemaf investir dans les œuvres sociales. D’où, tout ce chantage, pense-t-il.

Pour ce responsable, les rejets des usines de Chemaf sont minutieusement analysés par des services compétents de l’Office congolais de contrôle (OCC). La substance blanchâtre évoquée par les habitants du camp Tshiamilemba, souligne-t-il, « n’est que le sulfate de sodium, un produit qui n’est pas nocif ».

Aussi, conclut-il que « Chemaf ne pollue pas l’environnement », évoquant, de ce fait, la verdure à l’intérieur et autour du camp. Ce que devait confirmer des sources indépendantes pour faire éclore la vérité dans cette nouvelle polémique.
C’est notamment vers la direction de l’environnement du ministère des Mines que se tournent les regards.

Car, les faits évoqués par les habitants de ce coin attestent bel et bien des traces de pollution. Reste à prouver si ces indices sont nuisibles à la santé.
La pollution des eaux de Lubumbashi par le fait de l’activité minière a, dans le temps, soulevé beaucoup d’encre et de salive, l’affaire ayant été malheureusement étouffé dans l’œuf sans la vérité n’éclate au grand jour.

Avec ce nouveau rebondissement, l’on se rend compte de la légèreté avec laquelle cette affaire avait été gérée au niveau des services compétents de l’Etat, dont ceux de l’OCC, du ministère de l’Environnement et du ministère des Mines. Autant s’y pencher maintenant, en toute impartialité, pour lever toute forme d’équivoque.

Un conflit pareil avait également opposé la Regideso et à l’entreprise minière Somika concernant, selon la Regideso, la pollution de l’eau potable par la Somika au niveau de la nappe aquifère de Kimilolo où elle se trouve installée. La Regideso estimait que tous les déchets de traitements de minerais par Somika atteignaient la nappe aquifère de Kimilolo et polluaient l’eau potable distribuée à Lubumbashi.

Les études menées par des laboratoires spécialisés s’étaient avérées contradictoires car certaines soutenaient la thèse de la Regideso alors que d’autres estimaient, comme Somika, qu’il n’y avait pas pollution.

Le Potentiel


(CL/Yes)