Sans avoir attendu que la délégation du Conseil de sécurité de l’Onu arrive à Kinshasa pour discuter ave le gouvernement congolais du chronogramme du désengagement, la Monuc engage le retrait de son contingent par le poste de Dingila dans la Province Orientale
Sans avoir attendu que la délégation du Conseil de sécurité de l’Onu puisse arriver à Kinshasa pour discuter avec le gouvernement congolais du chronogramme du désengagement, la mission onusienne vient de montrer par le retrait de Dingila qu’elle n’a pas envie de s’éterniser en Rdc. Mais, a-t-elle réellement rempli la mission pour laquelle elle a été créée ?
Au moment où l’on attend l’arrivée à Kinshasa d’une délégation du Conseil de sécurité de l’Onu pour discuter avec les autorités congolaises du plan de désengagement de la Monuc qui vient de totaliser plus de 10 ans en Rdc, la Monuc vient de prendre le devant en décidant du désengagement du contingent sénégalais du poste de Dingila, à 500 kilomètres au nord de Kisangani, dans le district du Bas-Uélé. Le commandant de la force onusienne, le lieutenant-général Babacar Gay, a annoncé cette nouvelle mercredi dernier soutenant que le contingent sénégalais devait quitter définitivement Dingila, dans le cadre du désengagement progressif de la Monuc en Rdc.
Le lieutenant-général Babacar Gay a livré cette information à la suite de sa visite de travail à Isiro et à Dingila où il s’est fait accompagner du général major Jean-Claude Kifwa, commandant de la neuvième région militaire Fardc.
Le général major Jean-Claude Kifwa a souligné que l’évaluation des conditions techniques de la relève doit se faire au plus vite et avant le départ du dernier casque bleu. « La population ne doit pas avoir peur mais doit faire confiance à son armée, » ont souligné les deux généraux. Cependant, ce départ alarme la population de Dingila qui craint la présence des rebelles ougandais de l’Armée de Résistance du Seigneur (Lra).
Dans un mémorandum remis à Babacar Gay, la société civile de ce coin du pays réclame le maintien et le déploiement de la Monuc à Ango, Dakwa et Banda dans le territoire d’Ango. A leur suite, certains partis politiques et regroupements de la société civile ont sollicité également le maintien de la Monuc au regard des exactions dont les populations congolaises sont victimes dans certains coins du pays, de la part des bandits de tous ordres dissimulés sous les couleurs rebelles ou de l’armée nationale.
Mais, cette situation n’a pas empêché le gouvernement congolais d’exiger l’évaluation du parcours de la Monuc, plus de 10 ans après sa venue en Rdc par rapport à leurs missions, et ainsi voir ce qui reste à faire pendant combien de temps.
C’est le chronogramme dont réclame le gouvernement qui ne nécessite même pas de polémique. Car, la Monuc, c’est une mission et une mission a toujours des objectifs à atteindre dans un délai précis. L’ancienne mission onusienne, Onuc, arrivée en Rdc en 1960, avait rempli sa mission face aux sécessions katangaise et sud-kasaïenne et s’était retirée dans les trois ans.
Cela doit être de même avec la Monuc qui a perdu assez de temps à compter les morts, victimes des guerres imposées aux populations, plutôt que de s’engager aux côtés de l’armée hétérogène nationale pour mettre fin aux exactions des populations.
Il a fallu que la population puisse exprimer son ras-le bol et exiger à maintes reprises, son départ pour voir la Monuc venir, après plusieurs années de présence au pays, dans certains cas en appui logistique aux Fardc. Cette mission a manqué de jouer le rôle du genre Eufor (Mission militaire européenne) qui, en peu de temps, avait réussi de stabiliser la situation militaire sur plusieurs fronts militaires en Rdc.
La mission européenne avait réussi parce qu’elle savait qu’elle avait inscrit sa mission dans le temps bien précis. Ce qui n’est pas le cas avec la Monuc qui n’a jamais donné l’impression de pouvoir se définir un délai après lequel elle va dire : « mission accomplie ».
La République
(DN/Milor/BT/Yes)