Il n’y a pas eu de violents combats à Secli-Wedji, le rapport de l’Asadho sur les événements de Mbandaka à l’Equateur n’est qu’une imposture et celui de International Crisis Group vient alimenter la polémique autour des relations entre la RDC et la Monuc. Le ministre de la Communication et des Médias Lambert Mende Omalanga qui s’exprime ainsi a planché sur ces faits d’actualité au cours d’un point de presse tenue jeudi à son cabinet.

Le ministre Mende a précisé que le gouvernement central a eu des contacts avec le gouverneur de l’Equateur, Jean-Claude Baende, qui a vérifié sur place les allégations selon lesquelles, «les rebelles de « Zobo ya Lombo» se seraient retirés vers le sud de Mbandaka et que des combats violents se déroulent dans les régions de Nganda-Bumba et de Secli-Wedji ». Le chef de l’administration provinciale de l’Equateur a confirmé qu’il n’y a pas d’affrontements.

Le gouverneur Baende a annoncé par ailleurs qu’un culte œcuménique était célébré jeudi à Mbandaka en mémoire des personnes mortes lors des événements sanglants du week-end pascal.
De son côté, l’état-major général des FARDC que le ministre Mende a aussi contacté a confirmé l’information selon laquelle la province de l’Equateur est sous contrôle des forces gouvernementales et que les patrouilles fluviales sillonnent le Congo pour sécuriser la population.

Fausses informations

Le second point abordé par le ministre de la Communication et des Médias a porté sur le constat accablant du gouvernement à propos du rapport n°03/2010 d’avril 2010 de l’Asadho sur les événements de Mbandaka. Selon le ministre Mende, la quasi-totalité des informations ou des faits présentés sont soit erronées, soit inexacts.

Ni les autorités politico-administratives, c’est-à-dire le gouverneur Jean-Claude Baende et l’ensemble de son gouvernement, le maire de Mbandaka et ses édiles, ni le général Ekutsu et son état-major de la 3ème région militaire, ni le général Gédéon et ses collaborateurs de la police, ni les magistrats de la Cour militaire et des juridictions civiles de Mbandaka ne se souviennent avoir rencontré une personne de l’Asadho.

En ce qui concerne les exécutions sommaires et morts accidentelles que l’Asadho a chiffré à 49 personnes, le ministre Mende a dit qu’ « en dehors des camps militaires, il n’a été observé que 4 deuils organisés en mémoire de personnes civiles mortes des suites des affrontements du 4 avril ».
Dans le chapitre consacré aux violations des droits de l’homme qui, selon le porte-parole du gouvernement, est truffé de contre-vérité et approximations, le Conseil de guerre de Mbandaka a reçu, instruit et/ou jugé des plaintes ou dénonciations contre 10 militaires des FARDC pour les incriminations liées aux événements du 4 avril.

Par ailleurs, l’Asadho se dit préoccupée par le sort de 53 personnes arrêtées lors des affrontements du 4 au 5 avril, personnes qui restent détenues à la base de l’Etat-major de la 3ème Région militaire, sans en indiquer les identités, qualités et motifs d’arrestation.

Le ministre Mende s’est insurgé contre l’Asadho en affirmant qu’on ne peut pas dire qu’il y n’a pas eu d’erreurs commises dans la gestion de l’attaque terroriste sur Mbandaka. « Quant aux dérapages avérés, il est inutile de rappeler que la justice militaire s’en occupe, comme le reconnaît l’Asadho qui signale que les avocats des prévenus ont témoigné que les procès se sont déroulés dans le respect des droits de la défense » a reconnu le ministre Mende renchérissant qu’« il appert que le rapport de l’Asadho a été rédigé sur base de messages envoyés de loin et repris sans la précaution d’en vérifier l’authenticité, la crédibilité du correspondant et ses intentions » .

Une polémique délibérée

Abordant le rapport de International Crisis Group intitulé « L’enlisement du projet » qui vient alimenter la polémique autour des relations entre l’Etat congolais et la Monuc dans laquelle se sont engagés nombre d’acteurs nationaux et internationaux, le porte-parole du gouvernement a noté que les auteurs de ce document ont fait abstraction » de ce que la RDC sort de près de 10 ans d’affrontements armées et met sous le boisseau les effets positifs des interventions institutionnelles sur le volume des exactions vécues par les populations vivant en zones de conflit.

Lambert Mende a conclu en ces termes : « Loin d’aider les Congolais à consolider les acquis tangibles de la paix et du retour progressif vers un Etat de droit, l’artillerie lourde et sans nuances de International Crisis Group contre tout ce qui bouge dans le leadership du pays ne fait que s’embourber dans un fatalisme de mauvais aloi. Ne dit-on pas que tout ce qui est excessif devient dérisoire et, de ce fait, inefficient ? Il est pour le moins inacceptable que 50 ans après l’élimination de Patrice Lumumba, les gouvernants congolais qui s’écarteraient tant soit peu des recommandations de certains de leurs amis restent toujours promis à un lynchage en règle ».

Louis-Paul Eyenga Sana/Le Potentiel


(DN/Milor/Yes)