Du 18 au mars 2010, s’est tenue à Sainte Foylès-Lyon en France la onzième édition de la Biennale «  Caravane des Cinémas d’Afrique.

Co-organisé par l’association « Son Image et rencontres Fidésiennes »(SIRF) et par le Centre culturel communal Fidésien (CCCF), ce festival, dont l’une des missions essentielles est la diffusion et la promotion de la création cinématographique méconnue du continent Afrique, est un véritable voyage culturel à travers lequel les festivaliers ont été conviés non seulement à admirer la richesse, la beauté et la chaleur du continent africain, mais aussi a prendre conscience, à travers les films diffuses, de la misère et des maux qui rongent ce continent.


Un festival marqué par le chiffre 11

Contraire mentaux éditions précédentes, la onzième Caravane des Cinémas d’Afrique a été organisé autour du chiffre 11. Sous la direction de François Rocher, Monique Pasquier et Mélodie Jaillet, la responsable  « Jeune Public », les organisateurs ont voulu donner une autre couleur à ce festival.

En effet, pendant les 11 jours africains, 11 films et documentaires, provenant de 11 pays africains, dont la RDC, ont été diffuses au célèbre Cinéma Jeanne Mourget ainsi que dans 11 autres cinémas associés du Groupement régional d’actions cinématographiques (GRAC), en présence de 11 invites au curriculum vitae très impressionnant.

Pour la RDC, les organisateurs ont fait appel a notre compatriote le Dr José Mambwini, professeur de lettres a Paris et créateur de GKV Network, la première chaîne de télévision éducative gui émettra bientôt de Mbanza-Ngungu dans Fe Bas-Congo.

Un instituteur au Congo ou l’état des lieux de l’enseignement congolais
   
La participation de la RDC a cette 11ème Biennale a été matérialisée par le documentaire  «Un instituteur au Congo ». Produit par Zandu Films, Tableau noir Ecran Blanc et artistel Productions dans le cadre de FESTIMAJ que dirigent Anne-Claude Lumet et Gilles Lemounaud, diffuse le 21 mars au Cinéma Jeanne Mourget devant un public hétéroclite et surtout très curieux de découvrir les réalités de l’éducation et de l’enseignement congolais », ce documentaire de Bleudou Kangui nous transporte dans une banlieue de Kinshasa où un instituteur, lassé de laisser le peu d’argent qu’il gagnait pour se rendre à l’école, a décidé, il y a plusieurs années, de créer une école dans sa parcelle pour pouvoir donner un enseignement décent à ses huit enfants, à ceux de son quartier et aux enfants de la rue.

Il emploie 10 professeurs et 3 administrateurs qui se répartissent à parts égales les contributions mensuelles des parents qui le peuvent.

« Manifestez votre solidarité en faveur de la jeunesse congolaise » Appelé par la belle Mélodie Jaillet à intervenir en tant qu’invité de marque de cette journée du 21 mars, en vue de donner un éclairage sur la situation sociale des enseignants congolais et surtout sur l’état des lieux de l’enseignement en République démocratique du Congo, le Dr José Mambwini, qui a été ovationné par le public très touché par ce documentaire, a eu des mots justes pour cerner la problématique de l’enseignement congolais.

« Le documentaire que nous venons de suivre dans le cadre d’Africa Gones est un concentré de belles leçons de démocratie, de courage et de dévouement, dans un pays où l’éducation n’est pas prise en considération », s’est-il introduit.

Après avoir brossé l’historique de l’enseignement congolais depuis l’accession de la RDC à l’indépendance jusqu’à ce jour, José Mambwini a ajouté : « Ce que vous venez de voir à travers ce documentaire est le quotidien vrai et réel des enseignants et des élèves congolais du primaire et du secondaire.

Ce documentaire nous donne deux leçons. Premièrement, concernant les enseignants, vous devrez savoir que, sous-payés, vivant dans la précarité la plus indescriptible, l’enseignant congolais ne s’est jamais dérogé de la mission que la société lui a confiée, à savoir : éduquer, instruire et former les jeunes en vue de les transformer en citoyens responsables. Ne soyez pas étonnés, vous qui êtes présents dans cette salle, que, malgré ses conditions sociales assez déplorables, l’enseignant congolais puisse continuer à enseigner consciencieusement.

Et pour cause ? Pour lui, l’enseignement est un sacerdoce. Deuxièmement, corn me vous venez de le voir, étudiant dans des infrastructures d’un autre âge, la jeunesse congolaise scolarisée s’accroche à l’école qui est pour elle la seule garantie possible pour son avenir et celui de son pays.

Après avoir répondu à toutes les préoccupations du public s’apitoyant sur le sort des jeunes élèves congolais sans salles de classe adéquates, s’asseyant a même le sol sinon sur des morceaux de bois, José Mambwini a mis à profit la tribune que la 11ème Biennale Caravane des Cinémas d’Afrique lui a offerte pour lancer cet appel pathétique « A vous tous qui êtes dans cette salle, et ceux à qui vous raconterez l’histoire de ce pauvre instituteur, ce documentaire doit vous interpeller.

Chaque fois que vous regardez dans vos miroirs, vous devez savoir que la jeunesse congolaise scolarisée a besoin intensément besoin de votre aide qui lui permettra d’améliorer ses conditions d’études, de réhabiliter ses salles de classe, de se procurer des manuels scolaires, etc. J’en appelle à votre conscience d’hommes libres vivant dans un continent développé, à votre humanisme afin que, à travers des associations ou ONG, vous puissiez manifester votre solidarité en faveur d’une jeunesse qui s’accroche aux études. Je voudrais que vous vous imprégniez du discours de ce pauvre instituteur et d’agir vite ».

Emues par cette rhétorique, certaines personnes n’ont pas hésité a demander a José Mambwini, devenu l’avocat des écoliers congolais, d’identifier quelques écoles rurales ou de quartiers pauvres susceptibles de bénéficier de leur aide et assistance matérielles.

C’est le film « Teza » de Haile Gerima qui a été prime. Auparavant, il avait été prime respectivement Etalon d’or, Prix Paulin Sournanou Vieyra de la Critique Africaine, Prix des Nations Unies pour la lutte contre la pauvreté au Fespaco 2009 et Italie Sélection officielle a Mostra de Venise 2008. Un drame de Hailé Geram.

Avec Jason Lee, Justin Long, Jesse McCartney. Au début des années 70, Anberber est parti de son village de Minzero pour aller étudier en Allemagne. Il n’est plus du tout le même lorsqu’il revient chez lui en Ethiopie, au début de l’année 1990, pour, dit-il, y mourir Que lui est-il arrivé pendant toutes ces années ? Beaucoup d’épreuves et d’aventures, liées aux changements radicaux du régime et a sa situation d’étudiant étranger. Au travers du destin hors normes de Anberber, Teza raconte l’histoire de l’Ethiopie contemporaine, dans ses rêves et dans ses désillusions, dans ses drames et dans ses espoirs.

Kiéber Kungu/L’Observateur


(Milor/BT/PKF)