Le Dialogue intercongolais est entré dans la derničre ligne droite. Dans six jours exactement, les rideaux seront tirés sur les assises de Sun City, en Afrique du Sud, censées déboucher sur un accord politique ŕ męme d'amener le peuple congolais ŕ la paix, la réunification du pays, la réconciliation et doter le pays d'un cadre juridique relativement au nouvel ordre politique prescrit ŕ l'Accord de Lusaka signé le 10 juillet 1999.

A moins d'une semaine de la fin des travaux, les délégués ŕ Sun City tournent autour du pot en ce qui concerne les questions cruciales qui déterminent le sort de la nation. Le nouvel ordre politique, ŕ travers lequel le Congo devait se doter des institutions nouvelles, voire de nouveaux animateurs, ne réunit toujours pas un consensus, les protagonistes n'ayant pas le męme entendement de ce concept. De męme, la question de la nouvelle armée continue ŕ diviser. Les uns (les gouvernementaux) pensant que les forces rebelles doivent intégrer les Fac, et les autres estimant que la nouvelle armée n'a rien ŕ faire avec l'armée de Kinshasa appelée ŕ se fondre comme les forces du Rcd et du Mlc dans une structure tout ŕ fait nouvelle.

Devant les positions fermes des protagonistes, les pressions extérieures devenaient ainsi la voie de recours pour les amener ŕ mettre de l'eau dans leur vin. C'est ŕ ce titre, sans doute, que se sont inscrites la venue du président Thabo Mbeki ŕ Sun City et la tenue du sommet des chefs d'Etat, tout comme le récent sommet dans la capitale zambienne des chefs d'Etat et témoins signataires de l'Accord de Lusaka.

Pour mémoire, ce sommet auquel ont pris part notamment, les présidents Levy Mwanawasa de la Zambie, Paul Kagame du Rwanda, Sam Nujoma de la Namibie, Robert Mugabe du Zimbabwe, Thabo Mbeki d'Afrique du Sud et Joseph Kabila de la Rdc, sans compter le chef de la Monuc Amos Ngongi, le facilitateur Ketumile Masire, le leader du Rcd Adolphe Onusumba, a, tout en se félicitant que le cessez-le-feu était largement respecté ŕ part quelques violations, appelé toutes les parties ŕ respecter les obligations de l'Accord de Lusaka. Accueillant avec satisfaction la fin des hostilités et le retrait des troupes rebelles de la ville de Moliro et de celles du gouvernement de Yayama, il a souligné, tout en ne fixant pas un calendrier, la nécessite d'accélérer le processus de retrait des troupes étrangčres et de déployer davantage les éléments de la force de la Monuc.

Quant aux assises de Sun City, le président zambien et ses hôtes en ont appelé aux parties congolaises de trouver aussi vite que possible un accord politique afin de restaurer l'unité et la stabilité du pays. A l'ouverture de la réunion, Levy Mwanawasa s'était fait fort de lancer aux représentants congolais que la principale responsabilité pour assurer le succčs du Dialogue intercongolais leur incombait, et qu'ŕ ce titre, ils doivent garder ŕ l'esprit que le peuple congolais attend impatiemment un succčs des négociations en cours, sans oublier que pour lui, la situation en Rdc avait atteint un point critique.

Simple coďncidence, hasard de calendrier ou effet de pressions extérieures ? L'on n'en dira pas assez. Mais est-il que la venue de Joseph Kabila et de Jean-Pierre Bemba est annoncée pour ce week-end en Afrique du Sud. Męme si celle du Dr Onusumba n'est pas encore confirmée, il est de plus en plus fait état d'une concertation ce męme week-end au pays de Mandela entre les 3 principaux protagonistes de la crise congolaise. C'est la ville de Cape Town qui est plus avancée pour abriter cette rencontre; ville oů le président Kagame avait conféré derničrement avec le ministre congolais ŕ la présidence, M. Augustin Katumba Mwanke.

Que pourra produire cette réunion si jamais elle avait lieu ? Aucune supputation n'est permise, de toutes les façons, son issue va influer dans un sens comme dans un autre sur le cours des événements. Et les milieux diplomatiques occidentaux qui ne cessent de fréquenter Sun City laissent entendre que les Congolais ne doivent pas quitter l'Afrique du Sud sans parvenir ŕ un accord, soit-il minimum. A l'instar donc de la conférence nationale, le Dialogue intercongolais risque de connaître un atterrissage en catastrophe avec éventuellement une éventualité de crash, pour ne pas dire déboucher sur un compromis de paix durable.