Le ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel (EPSP) est interpellé sur des manœuvres observées de tentative de corruption des inspecteurs aux examens d’Etat dans la sous-division de la Tshangu par certaines écoles intéressées
A quand l’opération « Tolérance zéro » dans le secteur de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel ? Pourquoi, les autorités gouvernementales se taisent-elles devant des situations qui dépassent tout entendement au sein des établissements scolaires de la ville de Kinshasa ? Autant de questions que ne cessent de se poser des parents pratiquement estomaqués d’entendre leurs enfants qui présentent les épreuves d’examen d’Etat.
Ces frais, expliquent les jeunes rencontrés à la place Pascal, dans la commune de Masina, permettent aux chefs d’établissements dont les élèves finalistes présentent les épreuves pratiques de payer les « frais de transport » des inspecteurs et des examinateurs de l’oral de français. Et ce, malgré que le ministère de l’EPSP ait pris des dispositions visant à prendre en charge les inspecteurs et autres agents intervenant dans les opérations de passation de toutes ces épreuves pratiques qui constituent la première étape de l’examen d’Etat, édition 2010.
Vendredi dans les communes de Masina et Kimbanseke, l’ambiance était morose dans les périphéries des centres d’examen d’Etat. La plupart des enfants devant passer leur oral de français ont été simplement recalés pour revenir le jour suivant. Et pour cause, nombreux d’entre eux n’ont pas payé la totalité de frais exigés par l’école.
Il s’agit en fait des frais de participation fixés à 12.000 FC par l’Hôtel de ville de Kinshasa, et les frais de suivi qui varient selon les écoles. « Il y a des préfets qui ont exigé 25.000 FC, ou 30.000 FC, les frais de participation compris », ont affirmé les élèves finalistes trouvés entrain de boire au niveau du marché de la Liberté.
Pour contraindre les élèves à payer ces frais tels qu’imposés à l’école, les préfets des études ont trouvé des stratégies. « Ils collaborent avec les inspecteurs à qui ils ont demandé de ne considérer que les listes qu’ils leur donnaient pour examiner les élèves. Sur ces listes, les chefs d’établissements ne mettent que les noms des finalistes en ordre, c’est-à-dire ceux qui ont payé les frais de participation et de suivi.
Devant cette méthode, les élèves qui n’ont payé que les 12.000 FC fixés par l’Etat sont considérés comme non en règle de paiement. Voila comment les inspecteurs s’impliquent dans la rançon des finalistes se trouvant dans les centres qu’ils dirigent », ont explique les mêmes élèves qui revenaient de leur centre d’Exétat situé à quelques mètres de la maison communale de Masina.
Les parents qui suivaient cette conversation se sont sentis estomaqués de voir que la corruption continue de battre son plein dans le secteur de l’enseignement. « Une fois ces frais payés, les examinateurs peuvent donner facilement aux finalistes des points sans tenir compte de leurs efforts ou de leurs mérites.
Voilà comment les préfets des études et les inspecteurs contribuent à la baisse du niveau de l’enseignement déploré depuis un certain temps », ont regretté les mêmes parents frustrés d’entendre ces récits d’élèves finalistes. Pour eux, le ministre de l’EPSP doit s’impliquer pour sanctionner les inspecteurs qui se compromettent dans de tels actes.
Dorian Kisimba/Forum des As
(DN/TH/HM/Yes)