Dès lors, tous les passagers de même que les compagnies aériennes peuvent se frotter les mains, leurs inquiétudes sur les risques de crash à cause de trous sur la piste d’atterrissage de la Luano appartiennent désormais au passé.
Les échos en provenance de la capitale du cuivre rapportent que les Chinois de l’entreprise CREC mettent les bouchées doubles en travaillant de jour comme de nuit afin d’éloigner le plus rapidement possible le spectre d’une catastrophe imminente à Lubumbashi. En annonçant dernièrement, de retour de Kinshasa, qu’il allait fermer l’aéroport international de Lubumbashi tant que la RVA ne daignait pas se préoccuper de la réhabilitation de la piste d’atterrissage en état de délabrement très avancé, le gouverneur du Katanga avait été traité de démagogue dans certains milieux politique voire au sein de la direction générale de la RVA.
L’ADG de cette entreprise publique avait même poussé l’outrecuidance jusqu’à dire de Moïse Katumbi Chapwe qu’il se mêlait de ce qui ne le regardait pas et que sa menace de fermer était des paroles en l’air. Il avait eu tort d’ignorer que chaque gouverneur de province est le représentant du chef de l’Etat dans son entité. Et qu’à ce titre, la Constitution lui accorde des initiatives régaliennes.
Dans le cas d’espèce, le gouverneur du Katanga a la charge d’assurer la protection de toutes les personnes Congolais ou étrangers) qui embarquent ou débarquent depuis l’aéroport international de Lubumbashi. Il en est de même des biens de ces dernières.
Or, la dégradation de cet aéroport a commencé depuis un certain temps et il fallait bien la juguler sans tarder. Cette situation, on le sait, réduisait les marges de manœuvres des pilotes à l’atterrissage et au décollage, mettant ainsi en danger la vie des passagers.
Beaucoup de compagnies aériennes, tant nationales qu’étrangères, opérant sur l’aéroport de la Luano s’étaient plaintes de l’état piteux de la piste d’atterrissage. Quelques unes ont vu leurs engins frôler le crash au décollage comme à l’atterrissage.
C’est archiconnu, les images ont fait le tour du pays et toute la presse en a fait écho. Il est superfétatoire de rappeler ici le flux du trafic sur cet aéroport important depuis l’installation des institutions démocratiquement élues. Le volume des vols par mois est passé, selon des sources fiables, d’environ 68 avant 2006 à 1200 après les élections. De quoi dégrader ses infrastructures qui s’en sont ressenties.
Et puis est venue la taxe dite IDEF qui permet, depuis son lancement, à la RVA d’engranger des millions USD. Dans une sortie publique, l’ADG de la RVA avait révélé que le compte IDEF était crédité de plus de 19 millions USD, quand bien même il y aurait à redire sur la ventilation de ce compte. Il sied de rappeler que chaque passager paie 10 (dix) USD pour les vols domestiques et 50 (cinquante) USD pour les vols internationaux.
Que les autorités de la RVA ne se pressent pas de regarder du côté de cet aéroport, un des plus gros contributeurs en termes de recettes, avait surpris plus d’un observateur.
Or, il nous revient que l’instauration de cette taxe aurait pour objectif principal la réhabilitation sinon la construction des aéroports et aérogares. Les estimations chiffrées relatives à la réhabilitation de l’aéroport de la Luano ne dépassaient pas les 12 millions USD.
A l’analyse, même si la RVA ne pouvait pas défalquer la totalité de l’état des besoins, elle pouvait néanmoins lâcher ne serait-ce que la moitié, juste pour parer au plus pressé et sauver ce patrimoine national, font savoir les experts du secteur de l’aéronautique.
Selon ces derniers, la résistance affichée par de la RVA, sinon son indifférence à la réhabilitation de l’aéroport de la Luano était difficile à cerner. Tant cela frisait autre chose que la bonne foi. Un proverbe africain ne dit-il pas que l’on ne tord pas le cou à la poule aux œufs d’or ? Il a fallu du temps et des pressions pour que la direction de la RVA manifeste enfin de l’intérêt à cet appel.
Mais surtout, il a fallu l’implication personnelle du chef de l’Etat pour casser le mur de la désinvolture, renseignent certaines sources.
C’est ainsi que l’appel a été entendu au niveau du Gouvernement central qui aurait déboursé, par le biais du ministère des Finances, quelque trois millions USD pour appuyer la RVA dans le financement des travaux de réhabilitation de la piste de la Luano.
Le choix de l’entreprise chinoise CREC tombe à point nommé car cette dernière a déjà fait ses preuves dans la construction des routes et autres infrastructures aussi bien au Katanga que dans d’autres provinces de la RDC.
Le rythme de travail de nos amis chinois est connu. Ils travaillent de jour comme de nuit afin d’accomplir leur part du contrat. Il semble qu’ils sont respectueux du timing dans l’exécution de tous leurs contrats.
Le Potentiel
(CL/PKF)