La validation par l’assemblée nationale de Maniema du mandat de Didi Manara, suppléant de Barnabé Kikaya, en qualité du député national a laissé vacant le poste du gouverneur.
Kindu, la capitale de la province du Maniema, est en ébullition. La province n’a plus de gouverneur depuis jeudi 15 avril 2010. Conséquence de la validation du mandat du député national Didi Manara, gouverneur de Maniema et suppléant du député national Barnabé Kikaya, nommé ambassadeur à Londres.
Pressé par la société civile et un groupe des députés provinciaux -13 sur 24- blasés par ses méthodes de gestion, Didi Manara a trouvé une porte de sortie honorable. Le gouverneur se promenait avec sa lettre de démission sous le manteau et n’attendait plus que la décision de la plénière de l’Assemblée nationale pour pouvoir la déposer, a-t-on appris. Accusé de mégestion et d’immobilisme, Manara avait besoin de ses immunités pour se sauver.
Les choses s’accélèrent d’elles-mêmes. La plénière de l’Assemblée nationale a validé, jeudi 15 avril 2010, le mandat de Didi Manara Linga, actuel gouverneur de Maniema, en qualité de député national. Conséquence immédiate : le poste de gouverneur que Manara occupait jusque-là devient vacant, le mandat de député étant incompatible avec tout autre mandat officiel et électif.
Autre conséquence : tout le gouvernement provincial tombe. La CEI va devoir organiser une nouvelle élection dans les prochains jours. Sauf désignation d’un candidat unique de la Majorité, on risque d’assister à des bousculades des candidats. Mais la validation du mandat de Manara est plus perçue comme la fin d’un duel.
La crise s’était installée entre l’Assemblée provinciale et Manara. A la base : la mégestion du gouverneur et son incapacité à booster les 5 chantiers de la République. La fronde lancée par la Société civile de Kasongo a été relayée par 13 députés provinciaux sur les 24 qui composent l’Assemblée provinciale et la diaspora de Manierna à Kinshasa. Les contestataires avaient adressé une pétition au chef de l’Etat demandant la déchéance de Manara.
Ils se plaignaient du mode de gestion du gouverneur place à la tête d’une province qui avait élu Kabila a plus de 97% mais où les 5 chantiers peinaient à décoller malgré la rétrocession de 1 million de dollars américains alloués à la province à la fin de chaque mois. « C’est quasiment une insulte à l’endroit de la province qui avait dignement élu le chef de l’Etat. Et c’est travailler contre sa réélection », ont dénoncé unanimement Kibwe Amisi Toto et Me Jovith Ngondo, respectivement porte-parole des frondeurs et avocat des 13 députés acquis au changement. Joints par AfricaNews.
Ces deux acteurs applaudissent de deux mains la décision des députés nationaux qui a l’avantage de mettre un terme à l’application de la lourde procédure constitutionnelle relative à la déchéance d’un gouverneur de province.
La Dynamique du changement, une structure qui bouge actuellement le Maniema, plaide pour que l’autorité morale de l’AMP opère un choix judicieux dans la sélection du nouveau candidat gouverneur de province.
« Nous justifions noire requête dans ce sens que la personne il designer devra être capable de faire -démarrer affectivement 5 chantiers de la République au moment où le Maniema accuse un retard par rapport à d’autres provinces, alors que nous abordons le dernier virage pour les élections de 2011 », réclament membres de la Dynamique du changement.
Tino Mabada/AfricaNews
(HM/Milor/Yes)