Enfin, c’est confirmé. Le Rassemblement des artistes musiciens congolais (Ramuc) vient de naître. Simplement dans le but de suppléer à l’inertie notoire de l’Umuco (Union des musiciens congolais) qualifiée aujourd’hui d’un conglomérat de vieux copains en quête d’auréoles.

C’est depuis les années 70 que l’Umuco avait vu le jour. En vue de mieux assoir son audience, plusieurs grosses têtes défilèrent à sa présidence.


On vit successivement Franco Luambo, Gérard Madiata, Ilo Pablo (représentant de l’Umuco auprès de la Haute autorité des médias durant la transition) Kiamuangana Verckys et récemment Rochereau assumer différents mandats d’une manière cavalière.

Imbu d’une très forte personnalité, c’est Franco, dès l’aube de ses activités, qui en assurera l’animation en se comportant en véritable potentat. Toujours prêt prendre au gré d’humeurs, des décisions à son bon vouloir.

Un exemple probant : en 1975 par son autorité, l’Umuza(Union des musiciens zaïrois), suspendit pour une durée de six mois le Trio Madjesi en pleine ascension pendant qu’il préparait son imminent passage à l’Olympia de Paris.

Motif : comportement incivique à l’étranger ; bradage du zaïre-monnaie ; sollicitation improbative de parrainage à l’Olympia auprès du Maréchal Bokassa pendant leur séjour à Bangui où le trio Madjesi toucha un cachet de six mille dollars jamais déclarés auprès des institutions après son retour au pays.

Pour rappel, à l’époque, dans le but de renflouer en devises étrangères la Banque Centrale tous les orchestres -après production- devaient déclarer leurs avoirs financiers auprès de dette institution bancaire pour conversion en monnaie locale après avoir retenu les dépenses du voyage.

Bien que jugé de trop arbitraire mais de normal, cette mesure à dessein de nuire laquelle suspendait le Trio Madjesi, en plus sommé à s’acquitter des émoluments mensuels de ses musiciens, contraint Mario, Sina­tra et Djeskain de mettre la clé sous le paillasson.

Voilà l’une des causes décrédibilisant davantage cette union à l’endroit des jeunes qui se voyaient brimer de temps en temps par ces vieux constamment en concurrence avec les musiciens du pays dépendaient de cette corporation spécialisée, seule habilité à rendre compte des activités musicales auprès du ministère de la culture et des arts.

Raison pour laquelle même les autorisations de sortie du pays des musiciens étaient du ressort - depuis ce temps - de l’Umuza, chargée à protéger et à défendre les intérêts de tous les musiciens congolais.

Aujourd’hui, après la disparition de ses principaux dinosaures dont certains sont condamnés par une incapacité physique à l’exemple de Rochereau et Bakunde Ilo Pablo, l’Umuco est devenue l’ombre d’elle-même.

Ayant complètement perdu son autorité d’antan sur l’ensemble de ses membres dans son comité directeur de neuf membres jadis, n’en reste que deux sociétaires dont Jeannot Bobenga et René Moreno Mosengo, ancien chanteur-compositeur de Dia­mant Bleu et des As.

Toutefois parmi les présidents qui trônèrent avec brio à l’Umuco, il y a lieu de citer Franco et Gérard Madiata.

Tandis que le directoire de Verckys Kiamuangana aurait été le plus contesté auprès des jeunes de la nouvelle génération.

Devenue depuis belle lurette une affaire entre copains, à son départ en Europe pour cause de maladie, ce dernier s’était arrogé le droit de céder son fauteuil présidentiel à Rochereau, musicien de son obédience, à l’insu de ses collaborateurs Bombenga et Monsengo.

Malheureusement, Rochereau, le nouveau président intérimaire tomba malade quelques mois après.

L’Umuco sera à la dérive comme un bateau ivre et sans capitaine. Actuellement son siège établi à l’immeuble Vévé Center est animé par un commis qui se permet, semble-­t-il, d’accorder des cartes de membres et des autorisations de sortie aux non musiciens.

Face à cette léthargie et anarchie manifeste, même l’assemblée générale n’a plus eu lieu depuis plus de dix ans. Au vu de ce qui se passe quelques jeunes intellectuels menés par le chanteur Charly Kumwimba Saleh se sont décidés de prendre en mains leurs destinées avec l’assistance des quelques anciens dont Matthieu Kouka de l’African Ambiance, Bosmen saxophoniste de Vox Africa, Bikunda guitariste de Wendo.

Selon Charly Kumwimba, Paul Ngoy Jaffroz (percussionniste), Mbilia Bel, Vonga Ayé, Jean Goubal (Guitariste - chanteur), l’actuel Rassemblement des artistes musiciens congolais (Ramuc) s’assigne de faire renaître l’ambiance familiale entre tous musiciens du pays, en défendant leurs intérêts en tous points des vues et en leur accordant un soutien moral et matériel en cas d’hospitalisation ou de décès. Ensuite, ces derniers regrettent que les vingt ans d’anniversaire  la mort de Luambo Franco et quelques mémorables anniversaires notamment de grand Kallé, Nico, Longomba, Lucie Eyenga, Abeti Empompo, Bokelo... soient passés négligemment sous silence.

Aussi, la récente mort du Brazzavillois Jean-Serge Essous, premier chef d’orchestre de l’OK Jazz est tristement évoquée car, en dehors des délégués du ministère de la culture et des arts à ses obsèques, l’Umuco ne fut représentée dignement pendant que l’Union des musiciens congolais d’en face (UMC), mieux structurée, nous assiste en cas de malheur.

On croit savoir que le Ramuc qui a déjà mis en chantier son statut se réunit en assemblée générale ce jeudi 15 avril 2010 à 10 heures au Centre culturel du Zoo pour l’élection de son comité directeur. Tous les musiciens y sont cordialement invités.

Johnny Lukombo/La Référence Plus


(Tkm/BT/PKF)